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Politique of Saturday, 13 March 2021

Source: camer

Vie de parti: les obstacles s'entassent pour Joshua Oshi au SDF

Outre l’échec à la présidentielle 2018 pour lequel certains continuent d’espérer sa démission, le natif de Kumba (sud-Ouest) s’est fait beaucoup d’ennemis dans le camp de ceux qui estiment que le successeur de Fru Ndi doit être issu du Nord-ouest.

Joshua Osih se la joue modéré. Et pourtant, derrière son air désintéressé, le premier vice-président du Social Democratic Front (SDF) semble loin - très loin même – d’avoir renoncé à diriger le parti de la « Balance ». Cette volonté manifeste qui lui avait déjà permis d’être choisi pour représenter le parti à l’élection présidentielle du 7 octobre 2018. Une fois désigné, Joshua Osih a fait tomber le masque.

Alors qu’une partie de l’opinion publique espérait une coalition des candidats de l’opposition. « J’aimerais ici, dissiper tout doute, que les gens peuvent égrainer au passage pour l’élection (du 7 octobre 2018, Ndlr.). En 1992, John Fru Ndi a gagné l’élection présidentielle, devant les traitres de l’opposition. Il ne faut pas que l’on vienne vous tromper en vous faisant croire que pour gagner l’élection présidentielle, il faut un candidat unique de l’opposition », avait-il déclaré, affirmant sa prééminence sur les autres leaders des partis de l’opposition, en meeting le 30 avril 2018 à Mbouda (région de l’Ouest). Des propos qui ont vite fait naître des « soupçons de connivence » entre lui et Yaoundé. Mais mal lui en a pris en tout cas. Le député du SDF a terminé quatrième à l’élection. Avec un score de 3,35 % de suffrages, Joshua Osih a fait perdre au SDF son leadership (désormais 3e parti de l’opposition) au profit du MRC de Maurice Kamto, deuxième (14,23 %) derrière Paul Biya et le Rdpc.



Osih, loin de faire l’unanimité

La débâcle du vice-président du SDF à la course de la magistrature suprême a laissé un arrière-goût amer aux militants. Des voix dissonantes se sont d’ailleurs faites entendre au sein de la diaspora. C’est le cas de la section d’Allemagne qui a ouvertement réclamé la démission du député de son poste de premier vice-président. Jean Robert Wanko et ses camarades basés en Allemagne souhaitent à cet effet voir le NEC « amener l’honorable Joshua Osih à assumer toutes les conséquences politiques et personnelles qui s’imposent en facilitant sa démission à son poste de premier vice-président national du SDF ». La demande demeure d’actualité. Aussi bien au sein de la diaspora qu’au niveau national. « C’est la pire performance que le parti ait enregistré depuis sa création en 1990. Nous pensons que Joshua Osih a démontré qu’il n’a pas les épaules assez solides pour assumer le rôle de leader de notre parti. Ce serait en effet préjudiciable de faire de lui le successeur du chairman », assure un cadre du parti courroucé. Si de nombreux militants et sympathisants du SDF continuent de ruminer cette déconvenue, Joshua Osih, 52 ans, lui, semble être passé à autre chose. Le natif de Kumba dans le Sud-Ouest est resté discret, sobre et peu visible sur l’échiquier politique relativement à la critique des affaires de la République.

Désormais, c’est dans les milieux du football, notamment en sa qualité de membre du Comité exécutif intérimaire de la Fécafoot, qu’il livre certains combats. Une fonction vue d’un mauvais oeil par certains de ses camarades. « Le football n’a jamais été une priorité au SDF, lâche notre source. Pourtant, il semblerait que c’est le cas pour Joshua Osih qui a visiblement délaissé nos combats notamment celui visant à mettre un terme à la crise anglophone. Il en parle certes, mais on aurait aimé voir plus de détermination de sa part. Aujourd’hui, je pense que ce n’est pas à Maurice Kamto d’organiser des marches pacifiques pour que cesse cette guerre, mais plutôt le SDF ». Comme ce dernier, beaucoup au sein du parti craignent un naufrage, en cas de désignation Joshua Osih comme principal héritier de Ni John Fru Ndi. Déjà, il faudra dissiper tous les soupçons qui pèsent contre lui. Et ces barrons du parti qui estiment que le successeur de Ni John Fru Ndi ne doit être issu que du Nord-Ouest.

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