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xxxxxxxxxxx of Wednesday, 11 November 2020

Source: Camerounweb.com/africa.la-croix.com

Vaccin contre le cancer du col de l’utérus : le gouvernement revoit sa copie

La polémique créée par l'inoculation du vaccin contre le col du l'utérus aux jeunes filles du Cameroun a fait reculer le gouvernement. Dans une note adressée aux délégués régionaux, le ministre des enseignements secondaire indique que l'administration du vaccin n'est pas obligatoire. Les jeunes filles qui s'opposent à l'administration de ce vaccin de doivent pas être interdites des classes.


« Faisant suite aux très hautes prescriptions du chef de l'Etat relativement à l'administration du vaccin contre le cancer du col de l'utérus administré aux jeunes filles âgées de 9 à 15 ans,

j'ai l'honneur de vous demander de bien vouloir informer les chefs d'établissements de votre territoire de compétence, que ledit vaccin revêt d'un caractère non obligatoire et de ce fait ne saurait être une condition pour l'admission des jeunes filles dans les établissements scolaires. J'attache un grand prix à la stricte application de cette instruction », indique la note du ministre.

Le diocèse d’Obala interdit l’administration d’un vaccin contre le cancer du col de l’utérus

Dans un texte daté du 19 octobre, le vicaire général du diocèse d’Obala, dans le centre du Cameroun, le père Luc Onambélé s’est opposé à l’administration du Gardasil, un vaccin destiné à prévenir certaines lésions précancéreuses du col de l’utérus et qui, au Cameroun, a été ajouté au Programme élargi de vaccination pour les filles de 9 à 13 ans.


Dans les structures de santé et établissements d’enseignement appartenant au diocèse d’Obala, dans le centre du Cameroun, il est interdit d’administrer le Gardasil. Ce vaccin destiné à prévenir certaines lésions précancéreuses du col de l’utérus a été adjoint, au Cameroun, au Programme élargi de vaccination pour les filles de 9 à 13 ans depuis le 5 octobre.


Dans une note circulaire datant du 19 octobre, le père Luc Onambélé, vicaire général du diocèse d’Obala, par ailleurs docteur en médecine et spécialiste en santé publique, a remis en cause l’efficacité du Gardasil et demandé aux responsables des structures de santé et d’éducation de son diocèse de ne pas l’administrer aux jeunes filles qui sont sous leur responsabilité.

Arguments avancés


Pour justifier ce rejet du Gardasil, le vicaire général d’Obala avance plusieurs raisons. Selon lui,le vaccin disponible contre le VPHou Papillomaviru humain – le virus responsable du cancer du col de l’utérus – «?est uniquement efficace contre les lésions précancérigènes de types 16 et 18 du VPH et non des 15 autres environ?».
Autrement dit, le vaccin utilisé au Cameroun contre le cancer du col de l’utérus serait efficace contre deux types de Papillomavirus (16 et 18) sur les 15 existants. Ce qui fait dire au prêtre-médecin que «?Ce n’est pas un vaccin contre le cancer du col de l’utérus, mais plutôt contre le VPH de type 16 et 18 ou alors contre les lésions précancérigènes?».

Autre argument avancé par le père Onambélé, «?presque toutes les infections par VPH se résolvent seules?». «?Dans très peu de cas, le virus oncogénique persiste?». Le vicaire général d’Obala précise aussi que «?le vaccin ne change pas le développement de l’infection chez les femmes déjà malades?» et que «?c’est pourquoi on l’administre aux filles de 9 à 13 ans?». «?Pourtant, ajoute-t-il, les jeunes filles de cette tranche d’âge ont été moins représentées dans les essais cliniques qui ont été menés jusqu’à présent?».
Un vaccin controversé
La vaccination pour prévenir le cancer du col de l’utérus se fait idéalement avant le début de la vie sexuelle, la contamination survenant, le plus souvent, lors des premières années d’activité sexuelle. Depuis 2018 est commercialisée une nouvelle version du Gardasil (le Gardasil 9) qui protège contre 9 Papillomavirus.
En France, depuis décembre 2019, la Haute Autorité de santé (HAS) a publié une recommandation visant à «?étendre aux jeunes garçons la vaccination contre les papillomavirus humains?». En effet, en plus du cancer du col de l’utérus, les papillomavirus humains sont également responsables des cancers anaux et oro-pharyngés dans les deux sexes.


Cependant depuis 2013, plusieurs plaintes ont été déposées par des jeunes femmes qui estiment avoir contracté des maladies invalidantes quelques semaines ou quelques mois après avoir reçu ce vaccin. Par ailleurs, le dernier rapport de pharmacovigilance sur le Gardasil qui a couvert la période du 21 septembre 2015 au 30 juin 2018 dénombre 332 effets indésirables graves. Parmi ces effets indésirables, 18?% concernent les affections du système nerveux. En outre, 49 cas de maladies auto-immunes ont été identifiés. Au total, depuis 2006, année de commercialisation du Gardasil et jusqu’au 30 juin 2018, 2 809 cas d’effets indésirables ont été notifiés, dont 742 cas graves (26,4?%) en France.

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