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Actualités of Wednesday, 14 July 2021

Source: www.camerounweb.com

Urbanisme : les immeubles qui s’écroulent au Cameroun ne disposent pas de permis de bâtir

Les propriétaires de ces immeubles construisent dans la clandestinité Les propriétaires de ces immeubles construisent dans la clandestinité

Les propriétaires de ces immeubles construisent dans la clandestinité.

Les agents chargés de s’assurer que les normes sont respectées en matière de construction ne se donnent pas la peine de descendre sur le terrain.

Plusieurs immeubles se sont écroulés à Yaoundé et Douala.

Au mois de mars 2020, un immeuble s’est affaissé au lieudit Shell Nsimeyong à Yaoundé, faisant 1 mort et de gros dégâts matériels. Ensuite un deuxième difficile s’est écroulé à Miboman toujours à Yaoundé quelques mois plus tard. Le 30 juin dernier, un immeuble R+7 s’est effondré au quartier Bonapriso à Douala. Le bilan de ce sinistre faisait état d’un mort, de nombreux blessés et un disparu. Les dégâts matériels restent toujours non chiffrés. Quelques indices des enquêtes ouvertes par les forces de maintien de l'ordre et les services de l’urbanisme compètent à la suite de ces incidents révèlent que les travaux de construction étaient faits par des mains inexpertes et plus grave encore, les bâtiments en construction ne disposaient pas d'un permis de construire. Les propriétaires de ces immeubles ont indiqué n’avoir jamais demandé de permis de bâtir pour la réalisation de ces édifices.

Le laisser aller et corruption.

Selon Cathy Tamba, urbaniste, on ne devrait donc pas s’étonner de la récurrence avec laquelle ces bâtiments, fruit d’une longue file d’entorses aux lois s’affaissent dans nos grandes capitales. Les agents chargés de s’assurer que les normes sont respectées en matière de construction ne se donnent pas la peine de descendre sur le terrain ou tout simplement bradent leur expertise contre des pots de vin. Au nom des intérêts personnels et au mépris de la vie de leurs concitoyens de ces individus de moralité quelque peu douteuse, sont à l’origine de la mort de nombreux innocents ensevelis sous des gravats de béton. Des drames qui auraient pu être évités si les dérives observées étaient sanctionnées. Selon une source à la mairie de la ville de Yaoundé, le permis de construire est un document qui proscrit le désordre urbain et prône les constructions selon les règles de l'art et enfin permet à la municipalité et aux forces de maintien de l'ordre de maîtriser l’occupation du sol dans une zone déterminée. Urbaniste, Eric Azo’o précise qu’il y a des permis de construire qui ne sont délivrés que par le maire de la ville de Yaoundé. Force est de constater que la plupart des maisons qui s'écroulent souffrent des maux tels l'absence d’un permis de construire, la construction dans les zones interdites comme les marécages, la mauvaise qualité de matériaux pour la construction escomptée, la présentation d'une demande de permis de construire d'un immeuble R+1 mais en réalité qui est un immeuble R+4, l'absence d’études géotechniques et très rarement la tolérance de certains services techniques dans le suivi des travaux présentés.

Déjà en 2012, lors d’une concertation entre le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana et la filière ber à béton, le ministre avait indexé ces opérateurs en disant «vous vous êtes rendus experts en tricherie sur les normes». De tels constats de duperie révélés régulièrement ne changent rien à la situation. C’est une fois les débris de béton amassés à même le sol que des experts pointent du doigt la barre de fer utilisée qui ne respecte pas la longueur normale de 12m telle que préconisée par la norme de 2007.

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