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General News of Friday, 12 February 2021

Source: Le Jour

Universités d’Etat: enquête sur le recrutement spécial des docteurs

La publication des résultats est attendue au moment où les règles sont changées pour écarter certains candidats.

Récapitulant hier, 11 février 2021, les actions du chef de l’Etat en faveur de la jeunesse estudiantine camerounaise, le ministre d’Etat chargé de l’enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo a cité le recrutement spécial de 2000 « sans emplois » titulaires du doctorat ou du Phd dans la période 2019-2021. La notion de « sans emploi » contenue dans les propos de Fame Ndongo est restrictive quant aux profils des titulaires de doctorat ou Phd recherchés. Sans le dire de facon explicite, le ministre d’Etat en charge de l’enseignement supérieur prend un virage majeur, c’est une évolution dans les critères de sélection qui exclut les fonctionnaires titulaires de doctorat ou du PhD du recrutement spécial dans les universités d’Etat.

En fait, Jacques Fame Ndongo se plie ici à une instruction du premier ministre chef du gouvernement, répercutée par le secrétaire général des services du PM, Seraphin Magloire Fouda en date du 3 février dernier, dans une correspondance adressée au Minsup, consultée par le Jour, qui ne laisse planer aucun doute sur les nouvelles règles de sélection introduites alors que le recrutement est rentré dans sa seconde phase : « le premier ministre chef du gouvernement me charge de vous réitérer ses hautes instructions que je vous ai répercutées lors de la réunion restreinte du 28 janvier 2021, vous prescrivant de retenir exclusivement les travailleurs appartenant aux domaines médical, bio médical ou pharmaceutique ».
Ce recrutement voit donc ses critères subrepticement modifiés entre la première phase qui a sélectionné environ 250 fonctionnaires sur un total d’environ 1200 recrutés et la seconde qui restreint la pioche des fonctionnaires éligibles à ceux appartenant aux domaines médicaux, biomédical et pharmaceutique. La base juridique de cette évolution fait débat étant donné que le communiqué de presse du SG de la présidence de la république, qui le 13 novembre 2018 rendait public ce recrutement précisait qu’il est ouvert « aux diplômes résidants au Cameroun comme à ceux de la diaspora ».

Ratisser large

Les précisions viendront lors d’une conférence de presse du Minsup quelques jours plus tard qui insistera sur le caractère particulier du recrutement : « (…) la directive du chef de l’Etat concède à ce recrutement spécial des modalités toutes particulière du recrutement est réservée aux candidats titulaires du Doctorat ou du PhD ; l’application d’une mesure dérogatoire portant l’âge limite de recrutement à 45 ans ; l’ouverture de recrutement aux camerounais de la diaspora ; l’ouverture du recrutement aux camerounais de la diaspora ; l’ouverture du recrutement aux fonctionnaires titulaires du Doctorat ou du Phd provenant d’autres corps, mais sérieux d’enseigner dans les universités d’Etat : la priorisation des établissements nouvellement créés, ainsi que des filières dites « orphelines ».
Et Jacques Fame Ndongo déclinera à la même occasion la philosophie générale et l’idée maitresse de ce recrutement spécial : « Il s’agit de mesures tout à fait bienveillantes et dérogatoires qui permettent de ratisser large et d’accorder le maximum de chances à nos enfants. J’invite par conséquent ceux-ci à faire confiance aux autorités en charge de ce processus et aux différentes commissions mises en place. Celles-ci veilleront à faire prévaloir les principes d’objectivité, d’équité et de transparence pour que notre système d’enseignement supérieur s’enrichisse d’un personnel compétent et engagé.
Qu’est devenue l’idée initiale de « ratisser large » ? Pourquoi exclure les fonctionnaires titulaires de doctorat de ce recrutement ? Et surtout quelle est la base juridique qui l’autorise ? Comment comprendre, s’inquiète un fonctionnaire, qu’au-delà des différentes auditions que nous avons passées dans les universités, qu’au-delà du fait que nous avons participé de bout en bout au processus de recrutement et qu’au moment où nous attendons la publication des résultats, les règles du processus soient changées pour une épuration sans fondement légal ni juridique de certains candidats employés de l’Etat, notamment ceux des secteurs de l’éducation. En définitive, doit-on changer les règles du jeu alors que le match se joue encore ? pense-t-il.

Le ministre d’Etat en charge de l’enseignement supérieur a précisé dans sa déclaration hier que les résultats de la deuxième phase de ce recrutement spécial seront publiés bientôt.

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