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General News of Monday, 11 May 2020

Source: www.camerounweb.com

Université de Buea: Agbor Balla clashe violemment Jacques Fame Ndongo


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Limogé de l'Université de Buea pour avoir abordé la crise anglophone lors de l'un de ses examens, Me Agbor Balla est revenu dans une interview sur cette affaire qui éclabousse le monde universitaire depuis quelques jours. L'enseignant de droit et defenseurs des droits de l'homme dénonce un limogeage injuste et accuse le Minsup, Jacques Fame Ndongo , de mener "une vengeance minable" à son encontre.

Ci-dessous, les explications de Agbor Balla

Depuis quand enseignez-vous à l’université du Buea ? Quelles matières enseignez vous ?

J’enseigne à l’université de Buea depuis 2015, j’enseigne les Droits de l’Homme en niveau 3, j’enseigne le Droit public international, le Droit criminel international, j’encadre les jeunes chercheurs pour la préparation de leurs thèses, j’enseigne la Justice et ses institutions, en niveau 2 et 3 chez les Francophones et chez les anglophones, et enfin, l’histoire politique et institutionnelle du Cameroun.

Vous gagnez déjà bien votre vie comme avocat… Qu’est ce qui vous a motivé à prendre ces enseignements qui vous absorbent beaucoup de votre temps ?

Pour moi, enseigner à l’université, c’est aider, c’est donner quelque chose en retour à ma communauté. J’ai grandi à Buea, et je me sens un devoir de donner quelque chose en retour aux plus jeunes. Mon idée, en tant que défenseur de droits humains, c’est de donner le maximum aux autres afin qu’ils puissent défendre des personnes dont les droits sont violés. Encadrer de jeunes camerounais dans cette faculté de droit, pour moi, c’est faire émerger de jeunes juristes, qui vont participer à la construction de ce pays. C’est bien plus ma passion de partager, qu’autre chose… Si les Simon Munzu, Dion Ngute, Carl Anyangwe et autres ne m’avaient pas enseigné, que serai-je aujourd’hui ?

Au fond, avez-vous quelque chose à vous reprocher dans cette affaire ?

Si vous demandez à mes étudiants, ils vous diront que je suis irréprochable. Je ne leur ai pas posé une question en dehors de leur formation. Je suis en plein dans mon rôle d’enseignant. D’ailleurs je leur donne de petites clés pour la vie, tout simplement : comment rédiger un curruculum vitae, comment s’exprimer au cours d’un entretien d’embauche… Je pense que j’ai fait mon boulot, en toute conformité avec ce que me demande l’université.

Comment ont réagi les collègues de l’université ?

Je ne suis pas membre du Synes, je peux comprendre leur silence… Mais je suis assez grand pour me défendre tout seul, puis qu’on est en plein dans les questions liées aux droits humains, et défendre est mon métier. Cet enseignement, L’histoire politique et institutionnelle du Cameroun était d’ailleurs sensée être dispensée par un autre enseignant, qui s’est avéré indisponible par la suite. Je suis juste arrivé, en sapeur pompier ! je méritais même une médaille, pour ce niveau de dévouement professionnel.

C’est très surprenant, ce qui m’arrive. Je suis supposé enseigner l’histoire politique du Cameroun aux étudiants, et elle passe forcement par la question anglophone… Cela se fait dans toutes les universités du Cameroun, et la question que l’on me reproche d’avoir posé a déjà été posée ailleurs, dans nos universités. N’oubliez Jamais que dans l’une de mes interviewes télévisées, j’ai nommément cité monsieur Fame Ndongo comme étant l’un des instigateurs de la crise en cours dans les régions anglophones du Cameroun.

J’ai dit que M. Fame Ndongo, avec son arrogance, sa négligence, son mépris était l’un ce ceux qui avaient poussé les feux de cette situation. C’est une vengeance minable… Ce que je retiens de cette affaire, en tant que juriste, c’est que je reste sur mes positions qui tiennent dans un mémo que je leur ai envoyé : la loi de 1993 n’a jamais été respectée, même les engagements pris en 2017 n’ont jamais été respectés, vous savez, on me paye 206.000fcfa comme émoluments à l’université… Je n’y suis pas pour gagner ma vie. Je tiens à mes principes et je travaille pour le futur.

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