Vous-êtes ici: AccueilInfos2020 09 19Article 542833

General News of Saturday, 19 September 2020

Source: Actu Cameroun

'Une marche pacifique avec pour mot d’ordre le départ de Paul Biya n’est pas anticonstitutionnelle'

Obam Félix Marcel, président du comité de direction de Dynamique citoyenne.
« Les interdictions de manifester ne peuvent pas empêcher les manifestations d’avoir lieu. A partir de la Constitution et des engagements internationaux, les manifestations font l’objet d’une déclaration. Du point de vue du principe et des prérogatives que nous accorde la Constitution, la liberté d’expression est consacrée. La participation de tous à la vie politique est également consacrée. Or, la manifestation publique est un mode de participation parfaitement démocratique. Il est donc hors de question qu’on interdise systématiquement une manifestation publique par présomption de trouble à l’ordre publique.

Plusieurs mesures peuvent être prises pour préserver l’ordre public sans interdire les manifestations. Aussi, une marche pacifique avec pour mot d’ordre le départ de Paul Biya n’est pas anticonstitutionnelle. Un parti politique a pour vocation d’accéder au pouvoir. Pour ce faire, il faut que celui qui est actuellement au pouvoir parte du point de vue général. Maintenant, si les citoyens ou une partie des citoyens ne veulent plus du président de la République actuel et souhaite l’exprimer par une manifestation publique, constitutionnellement, je ne vois pas le problème.

Je ne vois pas en cela, une insurrection puisque les manifestants n’ont encore rien cassé. Ils n’ont brûlé, ils n’ont agressé personne. Maintenant, si les autorités estiment qu’il y a risque d’insurrection, elles peuvent prendre des dispositions pour que les manifestations ne se transforment pas en pugilat. La loi donne aux autorités deux possibilités. La première, celle qui convient, c’est la négociation avec les organisateurs. Que ces derniers et l’administration s’asseyent et s’entendent sur un itinéraire qui ne perturbera pas les activités quotidiennes des autres citoyens qui ne partagent pas cette position. Mais on ne peut pas dire aux gens de ne pas s’exprimer, de ne pas manifester leur mécontentement sous prétexte qu’on les soupçonne de vouloir troubler l’ordre public. Encore que la notion d’ordre public mérite d’être clairement définie. C’est la loi qui définit les comportements publics. Tout ce qui est conforme à la loi, né peut être contraire à l’ordre public.

Du coup, on peut demander le départ d’un homme qui a été élu démocratiquement. L’opinion des citoyens est dynamique. Les pères fondateurs qui ont pensé la démocratie, ont prévu que, lorsqu’une disposition ou une autorité élue ne répond plus aux aspirations des citoyens, ils sont fondés de refuser de lui obéir. Lorsqu’une loi ne sert plus véritablement les intérêts des citoyens, ces derniers sont fondés de refuser cette loi, d’exiger son changement ou sa modification. Les citoyens sont libres de dire que nous avons élu un tel, maintenant nous changeons d’avis. Le fait d’avoir élu une personne, ne retire pas au citoyen sa conscience et sa possibilité de choix.

Au final, des marches durant lesquelles l’on demande le départ d’un homme, peuvent bien entendu, être pacifiques si les citoyens marchent en disant « nous ne voulons plus du président de la République », si cela est une marche pacifique. Mais s’ils se mettent à bagarrer ou à faire des casses, c’est à ce niveau que se pose le problème. S’ils manifestent dans leur coin en disant « nous voulons ceci, nous ne voulons plus ceci », alors cette manifestation peut rester pacifique tant qu’il n’y a pas de provocation ni d’un côté, ni de l’autre, tant que les autorités ont pris les dispositions. Je crois que c’est le rôle de la force publique ».

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter