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General News of Thursday, 10 December 2020

Source: lepoint.fr

Un médias français révèle les dessous la 'libération' de Kamto

Le gouvernement a décidé de lever le blocus autour de sa résidence, quelques jours après la tenue des élections régionales contestées par l'opposant.

Maurice Kamto est de nouveau libre de ses mouvements. Mercredi 9 décembre, les policiers qui encerclaient depuis deux mois et demi le domicile du principal opposant au président camerounais Paul Biya, de facto assigné à résidence, ont levé leur dispositif. La nouvelle annoncée par son avocat et son parti intervient après la tenue dimanche des élections régionales contestées par l'opposant depuis plusieurs mois.

Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir, les a sans surprise largement remportées, selon les résultats officiels publiés mardi et mercredi dans les dix régions du pays. Dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, en proie depuis près de quatre ans à un conflit sanglant entre l'armée et des groupes séparatistes, le parti du président Paul Biya, 87 ans, était le seul en lice. Ces résultats ne faisaient aucun doute puisque les conseillers municipaux qui ont élu le plus grand nombre de représentants dans ces nouvelles assemblées régionales sont très majoritairement issus du parti au pouvoir. Signe que rien n'est pour autant réglé, l'opposant s'est montré très méfiant dans ses premiers mots accordés à Canal 2 International : « Lever des dispositifs ça ne change rien à ma vie, ça n'apporte rien. Ils peuvent encore installer leurs policiers et leurs gendarmes. »



Une pression maximale sur le premier opposant
Rival malheureux de Paul Biya, chef de l'État au pouvoir depuis 38 ans et réélu en 2018 dans un scrutin contesté par l'opposition, Maurice Kamto avait été emprisonné sans procès neuf mois durant en 2019 avant d'être relâché grâce à d'intenses pressions internationales. Il était bloqué chez lui à Yaoundé depuis la veille de « marches pacifiques » que son parti et lui avaient organisées le 22 septembre dernier pour réclamer notamment le départ du président Biya.

Il s'estimait « séquestré » à domicile et n'avait jamais reçu aucune notification de son statut ni par la justice ni par la police. « Le dispositif sécuritaire a été levé entièrement cet après-midi », a déclaré mardi à l'Agence France-Presse Emmanuel Simh, troisième vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), le parti de Maurice Kamto.

Me Hippolyte Meli, l'un des avocats de l'opposant le plus virulent au président Biya, qui dirige à 87 ans le Cameroun, a confirmé l'information à l'AFP après s'être rendu dans le quartier de la résidence de son client. « Je crois que M. Kamto est désormais libre de ses mouvements, il n'avait pas été notifié de l'interdiction de sortir, il ne va pas attendre une notification pour se mouvoir », a assuré M. Simh.

Le Cameroun maintient la pression
« La situation du leader du MRC (…) continuera de faire l'objet d'un examen attentif » par la justice, avait annoncé quelques heures plus tôt le gouvernement dans un communiqué, sans plus de précisions sur le sort de l'opposant.

Le 22 septembre, la police avait violemment réprimé dès le début le moindre rassemblement à l'appel du MRC et d'autres partis de l'opposition pour des « marches pacifiques ». De nombreux militants et cadres du MRC avaient été arrêtés puis écroués. Certains ont été relâchés depuis, d'autres sont toujours détenus.

Le gouvernement accuse le MRC et Maurice Kamto d'avoir tenté d'organiser un « mouvement insurrectionnel ». « Les procédures judiciaires engagées contre les meneurs et les organisateurs de ce mouvement se poursuivront », lit-on dans le communiqué du gouvernement mardi.

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