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General News of Tuesday, 10 November 2020

Source: lemonde.fr

Un média français présente Douala comme une ville dangereuse

Au moins quatre quartiers ont été attaqués en octobre. Face à ce phénomène qui prend de l’ampleur, la population s’organise.

« J’ai frôlé la mort après une agression au couteau », témoigne Appolin Tchanga, peintre en bâtiment de 43 ans, victime en juin d’une attaque menée par un des gangs qui sévissent depuis plusieurs mois à Douala. « Le soir de cette agression, nous étions assis dans une buvette lorsqu’une soixantaine de personnes ont fait irruption », relate-t-il. Les cicatrices de ses blessures sont toujours visibles.

Machettes, gourdins, couteaux ou tournevis sont utilisés par les gangs lors d’attaques menées de jour comme de nuit dans la capitale économique du Cameroun, où la multiplication de leurs méfaits inquiète. « Ce phénomène prend de l’ampleur », admet un policier, sous couvert d’anonymat. « Si rien n’est fait, ils prendront des quartiers entiers en otage », prévient-il, dénonçant le « laxisme des autorités ».

Au moins quatre quartiers de la ville ont été attaqués en octobre, dont le carrefour Ndokoti. « Lorsque les gangs ont attaqué ici, ils ont tapé les commerçants, arraché les marchandises et les biens des gens », témoigne un vendeur. « C’était la débandade. Je me suis blessé en fuyant », rapporte un autre commerçant, Prince, qui craint que ces attaques « ne se reproduisent ».

« Ils ont cassé des magasins »
Peu après Ndokoti, la célèbre rue de la joie de Deido, un autre quartier populaire de Douala, a été attaquée à deux reprises. La première attaque a été perpétrée par 25 jeunes armés notamment de couteaux, rapporte Nicolas Njoh, secrétaire général de la chefferie de ce canton constitué de plusieurs villages. « Ils ont cassé des magasins et arraché les sacs des femmes », affirme-t-il. Lors de la deuxième attaque, la population s’est organisée. « Dès que le signal a été donné, tous les enfants et les mamans sont sortis. Les membres du gang ont été pourchassés », assure M. Njoh, brandissant la photo d’un conducteur de moto interpellé.

Ce canton était déjà doté d’un comité d’autodéfense pour faire face à la délinquance urbaine ordinaire, mais avec la recrudescence des attaques en bandes, « nous sommes en train de voir comment installer un comité de vigilance dans chaque village pour faire une bonne riposte », explique M. Njoh.

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