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General News of Monday, 3 May 2021

Source: www.camerounweb.com

Un journaliste poursuivi depuis cinq ans devant les tribunaux

L’ancien correspondant de l’agence de presse turque « Anadolu agency », du service français de radio Chine Internationale, du site franco-arabe Alwihdainfo.com et correspondant du journal français www.lepoint.fr ; fait l’objet de quatre procédures engagées contre lui pour avoir osé enquêter et publier sur un cas d’abus et de spoliation inacceptable du patrimoine forestier du Cameroun. En ce jour,03 mai, journée internationale de la liberté de la presse, le journaliste Nestor Nga Etoga est attendu à comparaitre pour la 33 ième et 44 ième audience ce mardi, 04 mai et jeudi, 06 mai 2021 à la Cour d’Appel du Littoral à Douala.Reporter Sans Frontière, Media Defence, Freedom House… appellent les autorités camerounaises à laisser les journalistes travailler librement.

Le journaliste d’investigations Nestor Nga Etoga est assigné en justice depuis 2016, devant les tribunaux de Mfou dans la Région du Centre et de Douala dans la capitale économique du pays par l’exploitant forestier de nationalité française,Stéphane MULLER et la Société FABRIQUE CAMEROUNAISE DE PARQUET.

“Au fil du temps, Nestor est devenu le symbole de la lutte âpre des populations de Mfou, un défenseur des droits des populations et de la protection de la foret camerounaise, face à la combinaison des manœuvres de puissants aventuriers et exploitants forestiers, qui accaparent les terres de leurs ancêtres à vils prix, avec la complicité de fonctionnaires hauts placés » ; indique dans une déclaration, le Professeur Jean Claude Shanda Tonme, Président de la Commission Indépendante contre la Corruption et la Discrimination(COMICODI).

Le 30 avril 2021, le journaliste Nestor Nga Etoga a comparu pour la treizième fois au Tribunal de Première instance de Mfou, en l’absence de son plaignant. Les deux affaires pendantes ont été renvoyées au 04 juin 2021 pour jonction éventuelle de procédures.

En février 2016, les ex-délégués du personnel de la société FIPCAM et la communauté riveraine autochtone de Nkol-Nguet par Mfou avaient saisi le Président Paul Biya, suite à un accident de travail mortel au chantier d’exploitation vers Djoum dans le Sud du pays ; à la frontière avec le Congo. Un accident qui, selon les ex-délégués « avait fait plusieurs morts, tous en service à la société Fipcam… »

Certains employés témoignent qu’ils travaillaient dans des conditions de : « pression insupportable alliant l’esclavage et le racisme donc négligence de la vie des noirs ».

Sur la base de ces déclarations soutenues par des centaines de documents, le journaliste avait engagé des investigations. Au cours de ses enquêtes journalistiques,a appris l’Agence Digitale d’Informations Africaines(ADIA), il aurait été proposé à Nestor, un recrutement au sein de la société Fipcam et des publi-reportages à forte somme d’argent pour acheter son silence. Des propositions que ce vétéran de la presse camerounaise, du haut de ses 26 ans d’expérience, aurait élégamment déclinées pour poursuivre ses investigations. Vexé par l’attitude incorruptible du journaliste, Stéphane Muller, alors directeur général de la société Fipcam aurait donc intenté plusieurs citations directes contre le journaliste tant à Mfou qu’à Douala, pour empêcher le journaliste de continuer à mener ses investigations et contraindre Nestor Nga Etoga au silence.
A la Cour d’Appel du Littoral à Douala, le collège des juges va statuer ce jeudi,06 mai 2021 sur le jugement N°599/CORR rendu le 03 Février 2017, par le Tribunal de Première Instance de NDOKOTI-Douala, statuant en matière correctionnelle et déclarant Monsieur NGA ETOGA Nestor, non coupable des faits mis à sa charge.

Avant cela, ce mardi, un autre collège des juges va « relire »une autre décision du Tribunal de Ndokoti qui déclarait le journaliste non coupable des faits de diffamation dans le journal Alwihdainfo.com
L’acharnement judiciaire contre le journaliste Nestor Nga Etoga démontre à suffisance que la liberté de la presse est encore bafouée au Cameroun. Quand il ne s’agit pas de pressions politiques, donc c’est parfois la pression juridique qui est utilisée.

L‘Union des journalistes de la presse libre africaine UJPLA en profite pour demander aux Etats africains de prendre des mesures fortes face aux menaces qui pèsent sur les médias du continent.

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