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General News of Thursday, 29 April 2021

Source: www.camerounweb.com

Un demandeur d’asile congolais enlevé a Yaoundé par les services secrets de Sassou Nguesso

Selon nos sources, l’opération aurait été menée en complicité avec les autorités camerounaises

Où est passé Brucelon Nelson Apanga ? Un haut responsable de l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme nous a confié n’avoir plus eu de nouvelles de ce militant des droits humains depuis la relocalisation au Cameroun de ce dernier par ses soins en 2018. Selon un rapport d’Amnesty International publié récemment, Brucelon Apanga a été enlevé le 18 octobre 2020 par les services secrets congolais de la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST) au quartier Odza, à Yaoundé, puis ramené manu militari au Congo.

Président du Mouvement des élèves et étudiants du Congo (MEEC), Brucelon Nelson Apanga a raconté aux chercheurs de l’ONG internationale que : « Il était environ 8h du matin, j’étais sorti acheter des beignets au quartier Odza, à Yaoundé. Et là j’ai vu deux agents de la DGST congolaise en civil. Ils m’ont appelé par mon prénom. Ils m’ont ensuite présenté une note. Ils m’ont menotté et m’ont embarqué dans une voiture aux vitres teintées, en me bandant les yeux. J’étais en short, ils ont refusé que j’aille récupérer des habits. Nous sommes arrivés à Ouesso vers minuit. Puis nous sommes arrivés à Brazzaville le 19 octobre vers 19h. Ils m’ont enfermé dans une maison. Ils m’ont accusé de vouloir faire un coup d’État en complicité avec Mokoko (un général d’armée et opposant congolais en prison, ndlr) et la diaspora, d’avoir reçu de l’argent pour recruter des mercenaires camerounais… ».

Arrêté en février 2018 avec trois autres étudiants syndicalistes, Bruce Nelson Apanga réclamait au sein du Collectif intersyndical des étudiants de l’université Marien Ngouabi de Brazzaville, le paiement de quatre trimestres de bourse au titre de l’année académique 2016-2017. Détenu à la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) où il a été l’objet de cruels sévices corporels, Brucelon et 3 de ses camarades ont été placés en détention provisoire à la maison d’arrêt de Brazzaville le 2 mars 2018 pour « complicité et tentative de trouble à l’ordre public ». Le 16 mars 2018, l’activiste bénéficie d’une liberté provisoire mais va s’exiler au Cameroun voisin quelques jours plus tard.

Grâce à l’appui du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC) et de l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH), l’activiste congolais va être relocalisé à Yaoundé, capitale du Cameroun. Selon nos confrères du site d’information congolais sacer-infos.com, en janvier 2019, Bruce Nelson Apanga a sollicité en vain auprès de la Croix Rouge et du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) au Cameroun, un asile politique et un placement hors de l’Afrique centrale pour plus de sécurité. Depuis son enlèvement au Cameroun, plus de nouvelles de Brucelon Nelson Apanga qui, sans nul doute, languit dans une chambre à torture de la DGST à Brazzaville.