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General News of Friday, 27 March 2020

Source: Actu Cameroun

Un cardiologue camerounais met en garde contre la chloroquine

Selon le docteur camerounais Aimé Bonny, professeur de cardiologie à l’université de Douala, l’usage combiné de chloroquine et d’azithromycine, est « potentiellement néfaste pour le cœur ».

Une déclaration faite à Sputnik France qui intervient dans un contexte où le gouvernement français vient d’accéder par décret aux demandes de Didier Raoult, alors que son usage n’est pas encore officiellement recommandé.

La vente et la prescription d’hydroxychloroquine sont désormais possibles partout sur le territoire français, mais en milieu hospitalier.

Éminent cardiologue, spécialiste du traitement des troubles du rythme cardiaque et de la mort subite, le docteur Aimé Bonny déconseille l’association de la chloroquine combinée à l’azithromycine. Il juge un tel mélange néfaste pour le cœur dans la mesure où il y a un risque que les effets secondaires de ces deux molécules emballent le rythme cardiaque chez certains patients à risque.

Attention au dosage et à la longueur du traitement

Concernant la chloroquine, déjà largement utilisée dans le traitement de la malaria et contre certaines affections rhumatismales, il alerte davantage sur le dosage et la longueur du traitement nécessaires pour celui du Covid-19, craignant une automédication préventive « qui risquerait de faire encore plus de mal que le coronavirus », prévient-il.

En rappel, le 16 mars dernier, le médecin marseillais Didier Raoult avait annoncé avoir effectué une étude préliminaire sur 24 patients infectés par le Covid-19 auxquels il avait administré une combinaison de chloroquine et d’azithromycine. « Dix-huit ont été guéris, soit un pourcentage de réussite de 75 % », avait-il clamé fièrement.

En l’absence d’un vaccin pour endiguer la pandémie de coronavirus, officiellement déclarée le 11 mars par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette annonce du patron de l’IHU de Marseille a soulevé beaucoup d’espoir avec de longues files d’attente de personnes présumées porteuses du virus, venues de toute la France pour se faire traiter.

Le Conseil scientifique Covid-19, dont le professeur Raoult a annoncé s’être retiré le 24 mars dernier, a souligné pour sa part que les médecins devaient procéder «au cas par cas». Tandis que le Comité analyse recherche et expertise (CARE), présidé par Françoise Barré Sanoussi –virologue à l’Institut Pasteur et prix Nobel 2008 pour la découverte du virus du Sida– ainsi que l’OMS appellent à la plus grande prudence. En cause: le traitement, tant vanté par le docteur Raoult, qui n’a fait pour l’instant l’objet d’aucune étude respectant toutes les exigences scientifiques prouvant son efficacité.

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