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General News of Monday, 5 October 2020

Source: jeuneafrique.com

Un an jour pour jour, Kamto a été libéré: voici les coulisses de sa libération

Maurice Kamto libéré de prison le 5 octobre 2019 il y'a un an jour pour jour après avoir passé 333 jours.
Les coulisses de la libération
Le président français Emmanuel Macron Interpellé par l'activiste Calibri Calibro de la Brigade anti-sardinards (Bas) au Salon de l'agriculture le samedi 22 février 2020, avait donné des informations sur la libération du Prof. Maurice Kamto. Le chef de l'Etat français avait indiqué avoir joué un rôle clé dans la libération de l'opposant Maurice Kamto. « J'avais dit au président Biya : "Je ne veux pas qu'on se voie à Lyon tant que Maurice Kamto n'est pas libéré." Et il a été libéré parce qu'on a mis la pression », a expliqué Emmanuel Macron. Maurice Kamto et des militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) avaient recouvré la liberté le 5 octobre 2019. Ils avaient passé plus de 9 mois en détention. Et en effet, le chef de l'État camerounais, Paul Biya, avait fait le déplacement pour la sixième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme à Lyon, le 8 octobre 2019.

Les députés français, dans un compte-rendu du 1er juillet 2020 de la commission des affaires étrangères de la mission au Cameroun du 14 au 17 janvier 2020 avaient confirmé les faits. « Maurice Kamto, le leader, semble-t-il, le plus représentatif de l’opposition. La France a plaidé inlassablement pour sa libération et celle-ci est intervenue le 5 octobre 2019, après tout de même presque une année, 333 jours d’enfermement. », a déclaré les députés français.

D'après l'hebdomadaire panafricain Jeune Afrique : fin février 2019, Emmanuel Macron avait téléphoné à Paul Biya pour l’inciter à la « prudence » et lui signifier, tout en se gardant de toute ingérence, que Paris suivait le dossier avec attention.

L’Élysée et le Quai d’Orsay avaient été sensibilisés au « cas Kamto » par l’avocat Jean-Pierre Mignard. Ce dernier est à la fois proche du chef de l’État français et de l’opposant camerounais, qui est son collaborateur au sein du cabinet Lysias Partners depuis le contentieux qui, en 2002, opposa le Cameroun au Nigeria au sujet de la presqu’île de Bakassi devant la Cour internationale de justice.

Au total, 103 personnes avaient été relaxées le samedi 5 octobre 2019. « J’ai décidé de l’arrêt des poursuites judiciaires contre certains responsables et militants de partis politiques, notamment du MRC, arrêtés et détenus pour des faits commis dans le cadre de la contestation des résultats de la récente élection présidentielle », avait écrit la veille le chef de l’État camerounais, dans un court communiqué.

Cette remise en liberté de l’opposant camerounais est le fruit de plusieurs jours de négociations en coulisses. Tout avait commencé mi-septembre 2019, à l’initiative du palais d’Étoudi.

Deux émissaires avaient pris contact avec Maurice Kamto, arrêté le 26 janvier 2019 à la suite d’une manifestation organisée à Douala, et détenu depuis à la prison principale de Yaoundé.

Les deux personnalités étaient porteuses d’une proposition de sortie de crise comportant l’élargissement de l’opposant en échange de l’engagement de ce dernier à renoncer à contester la réélection de Paul Biya lors de la présidentielle du 7 octobre 2018.

Maurice Kamto accepte de les recevoir, mais pose tout de suite un préalable à l’entame d’un dialogue avec les émissaires de Biya. Il exclut de poursuivre la discussion si l’arrêt des poursuites ne devait profiter qu’à lui, et pas à ses compagnons de la coalition constituée autour de sa candidature.
Après plusieurs va-et-vient entre la prison de Kondengui et le palais présidentiel, les émissaires transmettent la bonne nouvelle. Paul Biya consent à libérer Michèle Ndoki, Alain Fogué, Christian Penda Ekoka et Albert Dzongang.

Parmi les codétenus de l’opposant camerounais, seuls Penda Ekoka et Alain Fogué semblaient au courant des négociations en cours avec la présidence.
Les discussions ont été plus compliquées s’agissant de Paul Eric Kingué. Le pouvoir avait essayé de maintenir en détention le bouillant ancien directeur de campagne du candidat du MRC lors de la dernière présidentielle.
Certains caciques n’avaient pas digéré les menaces de cet ancien maire de Njombé-Pendja, qui fut – déjà – condamné à perpétuité à la suite de sa participation présumée aux émeutes de 2008, avant d’être acquitté au bout sept ans de détention par la Cour suprême. Finalement c’est bien tout l’état-major du MRC qui a été libéré.

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