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General News of Wednesday, 12 December 2018

Source: Detective No 1068

Tribunal militaire: les zones d’ombre du procés Ayuk Tabe

Onze mois après leur arrestation, le procès opposant l’Etat du Cameroun à Julius Ayuk Tabe et neuf autres leaders de l’Ambazonie a débuté jeudi dernier. Les mis en cause qui revendiquent la nationalité ambazonienne sont poursuivis pour onze chefs d’accusation parmi lesquels le financement d’actes de terrorisme.

L’on en sait un peu plus sur les charges retenues contre les membres du premier gouvernement de l ’ Etat imaginaire d’Ambazonie. Elles ont été dévoilées jeudi dernier, à l’occasion de l’ouverture de leur procès au Tribunal militaire de Yaoundé, onze mois après leur arrestation au Nigeria.
Ce sont : l’apologie des actes de terrorisme, sécession, complicité d’actes de terrorisme, financement des actes de terrorisme, révolution, insurrection, hostilité contre la patrie, bande armée, propagation de fausses nouvelles, atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’Etat, défaut de Carte nationale d’identité.

Julius Ayuk Tabe, Nfor Ngala Nfor, Tassang Wilfried Fombang, Henry Kimeng, Cornelius Njikimbi Kwanga, Fidelis Che, Che Augustine Awasum, Egbe Ogork, Eyambe Elias et Shufai Blaise Sevidzem, ont comparu pour la première fois devant une juridiction camerounaise pour répondre de leur participation à la création de l’Etat d’Ambazonie.

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Ils sont jugés sur la base des articles 2, 3, 5, 8 de la loi du 23 décembre 2014 portant répression des actes terroriste. Lequel fixe des condamnations minimales de dix ans de prison en cas de condamnation.

Polémiques

Leur procès au pénal s’est ouvert sur fond de polémique. Le sujet de discorde a porté sur la présentation des témoins de l’Etat du Cameroun. Le commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire de Yaoundé a présenté à la Cour une liste de soixante-dix neuf témoins que le conseil de la défense a contestée. Ils s’insurgent contre le fait de n’en avoir reçu copie que la veille du procès, contrairement aux dispositions du Code de procédure pénale qui établit un délai de cinq jours.

La meilleure ? C’est que, contre toute attente, des leaders sécessionnistes ont revendiqué leur nationalité ambazonienne. Les chefs séparatistes ne veulent pas être considérés comme des ressortissants camerounais. Ils se reconnaissent comme des «citoyens ambazoniens» et attendant de la juge Abega Mbezoa qu’elle en tienne compte. De quoi bouleverser la magistrate, qui semblait prise au dépourvue à l’ouverture du procès.

Du fait de nombreuses polémiques enregistrées jeudi dernier, la Cour a décidé qu’il n’y aurait véritablement d’ouverture du dossier que ce jour-là. Elle a toutefois accordé une réponse positive à une requête de la défense relative à l’accès des prisonniers à leurs avocats et aux membres de leurs familles. La Juge Abega Mbezoa épouse Eko Eko a renvoyé l’affaire au 10 janvier 2019.

Escalade de violence

Pour l’heure, les combats entre forces séparatistes et l’armée camerounaise sont désormais quasi quotidiens dans le NordOuest et le Sud-Ouest. Les combats incessants sont à l’origine d’un vaste mouvement de déplacement des populations dont un nombre important a trouvé refuge dans des brousses, exposé aux intempéries. D’autres, dont 351 000 déplacés internes et plus de 30 000 réfugiés au Nigeria, vivent dans une situation de précarité.

Suffisant pour que les Etats-Unis s’inquiètent de la dégradation de la situation en zone anglophone. Le pays de l’Oncle Sam qui craint une montée du phénomène de la radicalisation dans la communauté anglophone réitère son attachement à la mise en place d’un processus de dialogue au Cameroun pour une sortie de crise.

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De nombreux appels au dialogue ont été lancés depuis la remontée des violences le 1er octobre 2017, jour où les sécessionnistes ont proclamé symboliquement l’indépendance des régions anglophones. Si le gouvernement camerounais s’est jusqu’ici dit favorable à l’ouverture d’un dialogue, les initiatives prises jusqu’ici ne permettent pas d’entrevoir comment il pourrait être mené.

D’un autre côté, le durcissement des oppositions des partisans de la sécession ne favorise pas la concrétisation de quelques initiatives. C’est le cas à titre illustratif du tout récent projet de désarmement, mobilisation et réinsertion (DDR), piloté par l’ex-gouverneur Faï Yengo Francis, natif du NordOuest. Un projet dont l’annonce a suscité une flambée de violences dans la région du Sud-Ouest.

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