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General News of Monday, 6 July 2020

Source: 237online.com

Tribalisme au Cameroun: à l’origine d’un drame national


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Présenté comme un poison lent qui tue le Cameroun à petit feu, le tribalisme qui a repris du poil de la bête à la veille des élections présidentielles de 2018, tisse progressivement sa toile, menace l’unité nationale et les autres valeurs que les héros de la Nation ont léguées comme héritage.

S.O.S, le pays est en feu ! Beaucoup de chercheurs et d’observateurs avertis de la scène politique camerounaise sont unanimes sur le fait que la tribalité comme sentiment dual d’appartenance à un groupe ethnique et à une nation n’a rien de mauvais soi. C’est lorsque que ce sentiment dérive en chauvinisme saupoudré de haine et d’exclusion de l’autre qu’il devient problématique. C’est ce qu’on appelle le tribalisme. Ce phénomène qu’on retrouve dans toutes les tribus à des degrés variables à ceci de pernicieux qu’il nous dépouille de notre innocence, notre candeur, notre bon cœur. Il jette d’emblée une suspicion empreinte de préjugés sur nos dires, nos actes, nos intentions. Il dépossède la communication, la relation et l’échange de leur sincérité, de leur insouciance, de leur instant présent pour immédiatement les médiatiser par un a priori.



Pour le tribaliste, son interlocuteur n’existe pas en tant que singularité propre. Il est réifié et déterminé. Il est remplacé par un individu imaginaire, cet être-là qui concentre ses peurs, ses préjugés et parfois sa haine d’une communauté ou d’un groupe ethnique. Dans un dossier réalisé par votre journal le 22 mai dernier, nous faisons remarquer que « le camerounais a du mal à se dévêtir des oripeaux du double langage, de la duplicité de caractère.


Chaque camerounais porte désormais un costume, un masque tribal. Les textes de loi sur la criminalisation du tribalisme, ne sont pas bien assimilés. D’une célébration de l’unité nationale à une autre, on y pense, puis on oublie. La recrudescence des haines, les insultes, les affrontements, les méchancetés verbales et virales dans les réseaux sociaux montrent que le camerounais oublie beaucoup plus l’unité nationale qu’il n’y pense ».

Crise identitaire
Voilà tout le problème. Enseignant au Canada, Christian Djoko croit dur comme fer que l’éruption et le maintien de la question tribale au centre du débat public participe d’une stratégie politique de conservation du pouvoir. « Le régime en place a vite compris qu’il fallait éviter que la conversation nationale ne se structure autour des questions de (mal) gouvernance (corruption, crise anglophone, chômage, injustices sociales, insécurité, insalubrité publique, etc.). Il a surtout compris qu’il avait un intérêt certain à remplacer la convergence nationale (désir d’alternance) par une convergence de type native, émotive et tribale (solidarité ethnique) », détaille-t-il. D’ailleurs, la seule permanence même du débat relatif au tribalisme ces vingt dernières années dans l’espace public (presse écrite, radio, télé, médias sociaux sur Internet), ici comme dans la diaspora, atteste à suffisance de cette crise identitaire qui a connu, avec la question de l’anglophonie identitaire, son tournant décisif et le plus dramatique.
L’interminable guerre du Noso en est une parfaite illustration.


En lisant « Main basse sur le Cameroun » de Mongo Beti, on comprend que le tribalisme (ou rivalité ethno tribale) si présent dans le discours et les pratiques de notre époque n’est pas une fatalité, une sorte de nécessité historique, de déterminisme sociopolitique. L’Upc historique tel que majestueusement décrit par Mongo Beti nous montre que d’autres rapports ont existé. En parcourant de fond en comble cet ouvrage lourd de sens et de symbole, on comprend enfin que le génie camerounais (Um Nyobè, Afana, Ouandié, Moumié, Ndogmo, Mongo Beti, Abel Eyinga, etc.) ne s’encombre pas des considérations tribalistes. Bien au contraire, seul l’intérêt général importe.C’est donc de ces clichés que le Messager s’inspire pour proposer à ses nombreux lecteurs, cette série (tous les lundis) qui va mettre en vitrine, les différentes formes et les espaces d’expression de cette gangrène dans notre Nation. Une façon pour votre journal, de dénoncer la résurgence de des débats ethnocentriques, une contribution à la lutte contre ce fléau qui tend à devenir le sport national.

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