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Source: La Cible hebdo

Tribalisme : Owona Nguini attaqué de toutes parts

Mathias Eric Owona Nguini Mathias Eric Owona Nguini

Pour avoir affirmé que le peuple Bassa’a a été un des premiers occupants de la ville de Yaoundé, et que le régime de Yaoundé n’était pas ethno fasciste, le professeur a été sévèrement critiqué par certains de ses collègues.

Un débat épistolaire oppose en ce moment quelques intellectuels camerounais, lesquels s’affrontent à travers les réseaux sociaux. Le sujet principal concerne le tribalisme et la difficulté que les Camerounais ont en ce moment à s’accepter en tant que frères et sœurs d’une même nation. Il y a quelques jours le politologue Matthias Owona Nguini a publié un texte dans lequel il soulignait la proximité des différentes ethnies du Cameroun. Il a notamment affirmé que par le passé, une partie de ce qu’est aujourd’hui la ville de Yaoundé était habitée par les Bassa’a. Et il appuyait ses dires en prenant des exemples des noms de certains quartiers de la capitale. Selon lui, le quartier connu sous le nom de Simbock qui signifie en Bassa’a « la terre de Mbock » le démontre.

Une affirmation qu’a rejetée son collègue Vincent Sosthène Fouda. Ce dernier affirme que le nom n’a rien à voir avec le peuple Bassa’a car il a une signification en langue Ewondo. « Première chose, qui a orthographié Simbock ? En Ewondo par exemple Sii-Mbock ne veut-il pas dire Trou, cachette ? Et non terre de Mbock ? Dans ce nom composé, les deux termes ont une signification en ewondo », dit-il. Pour lui, le professeur Owona Nguini se laisse aveugler par son appartenance ethnique. « Pour faire simple, Owona Nguini part des noms des rivières de son village, du nom d’un village de Yaoundé; Simbock, pour faire ces territoires, des territoires Bassa’a. Peut-être du fait qu’il soit culturellement bassa’a par sa maman, cette fibre altère son esprit scientifique », a-t-il ajouté.

Arlette Françoise Doumbe Ding

À la suite de Vincent Sosthène Fouda, Mathias Eric Owona Nguini (Meon) a vu fondre sur lui Arlette Françoise Doumbe Ding. Elle a attaqué le professeur sur le terme « ethno-fascisme » qu’il a défini dans son texte comme étant la croyance « à la supériorité biologique de sa communauté dont les membres seraient plus forts, plus beaux, plus talentueux, plus entreprenants, plus imaginatifs et plus intelligents que les membres des autres communautés ». Ce dont certains accusent le régime de Paul Biya qui ne ferait la part belle qu’aux personnes issues du peuple Ekang auquel il appartient. Une affirmation à laquelle s’oppose Meon. Mais pour Arlette Françoise Doumbe Ding, le vice-recteur de l’université de Yaoundé I se trompe. D’après elle, Yaoundé est la définition même du régime ethno-fasciste. Il suffit selon elle de jeter un œil sur le gouvernement. « En fait, dans un pays comme le Cameroun qui compte près de 250 ethnies, voici ce que les statistiques révèlent dans les actes de nomination : 5 gouverneurs sur 10 sont ekang, 37 préfets sur 58 sont ekang. 200 sous-préfets sur 361 sont ekang. Plus de la moitié des membres du gouvernement est ekang. Le chef de l’État, le chef d’Etat-major des armées, le chef de la police et le ministre de la défense sont tous ekang. Et ceci dans un pays qui compte 250 ethnies et où les ekang ne représentent même pas le tiers de la population (ne vous fiez pas aux chiffres des recensements truqués) », a-t-elle dit.

Christian Ntimbane Bomo

Attaqué de part et d’autre, Meon a reçu le soutien du juriste Christian Ntimbane Bomo. Selon lui les attaques d’Arlette Françoise Doumbe Ding sont injustifiées et particulièrement explosives dans le contexte actuel. « Votre démarche visant à nourrir et créer une haine des camerounais contre les betis, pourtant tout aussi victime de la mauvaise gouvernance de notre pays, démontre une fois de plus une piètre stratégie de conquête de pouvoir. Retenez-le, les tribus camerounaises ne se battront jamais les unes contre les autres, pour permettre à quelconque politicien d’arriver au pouvoir. La politique camerounaise a besoin, en ce moment de discours de rassemblement car l’objectif est de construire un Cameroun réconcilié qui doit faire face aux défis géostratégiques qui menacent notre souveraineté. Les stigmatisations tribales et ethniques n’ont plus de place et fragilisent notre pays. Les enjeux sont plus importants que les aigreurs tribales dont personne ne sortira gagnant », a-t-il écrit s’adressant à la jeune femme.

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