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General News of Thursday, 18 March 2021

Source: Actu Cameroun

Transport: Climat tendu entre Camerounais et Tchadiens

Parmi les raisons de la colère des transporteurs camerounais figurent la double immatriculation des camions tchadiens et le paiement de diverses cotisations aux syndicats et patrons tchadiens du secteur des transports.
Un groupe de transporteurs camerounais du corridor Douala-Bangui et Douala-N’Djamena a opéré un blocus de l’entrée du Bureau national du fret terrestre du Tchad, provoquant de vives altercations. Les raisons du courroux des transporteurs camerounais sont connues. D’après Ibrahima Yaya, le président du Groupement des transporteurs terrestres du Cameroun (Gttc), c’est le refus affiché par le Bnft, le Bureau national du fret tchadien, de délivrer la Lettre de voiture obligatoire (LVO) aux transporteurs camerounais, sous prétexte qu’ils détenaient un bon de chargement.

Ce refus a entraîné une immobilisation conjoncturelle d’une centaine de camions au port de Douala, en partance pour le Tchad. La lettre de voiture internationale (LVI) est en effet le document capital qui permet à un transporteur d’effectuer le transport de fret dans les corridors routiers en direction du Tchad et de la Centrafrique. Le refus de l’organisme de fret tchadien de délivrer ce document aux transporteurs camerounais est en effet à l’origine de la pomme de discorde. Le bon de chargement fait ressortir, sur la base du prix planché, le prix du transport arrêté par le bailleur de fret et le transporteur après négociations.

Si l’Etat centrafricain, les organismes de fret et les syndicats centrafricains appliquent sans anicroches les instructions de ces différentes parties prenantes, les responsables tchadiens rechignent à franchir le pas du bon de chargement. D’où la tension observée ce 5 mars 2021. Un incident que le président du Gttc dit regretter, et justifie par «le manque de communication entre les syndicats de transporteurs camerounais et les responsables du Bnft».

Les frictions entre transporteurs camerounais et tchadiens s’étendent sur d’autres aspects : non-respect de la carte rose en cas d’accident, exigence de la cotisation syndicale au profit des syndicats tchadiens (50.000 FCFA pour le syndicat des employeurs et 25.000 FCFA pour celui dès conducteurs), refus de payer les immobilisations, interdiction de sortir du corridor conventionnel, obligation de déchargement dans le centre-ville de N’Djamena, non-représentation du J3gf t qui engendre le non-respect de la répartition des quotas conventionnels, et la double immatriculation des transporteurs tchadiens.

«Ils profitent d’une réglementation communautaire flexible pour créer des sociétés de droit camerounais. Cette situation déplorable entraîne un faisceau de préjudices aux transporteurs nationaux qui voient ainsi une partie de leur quota conventionnel confisqué par les Tchadiens. Ces mêmes Tchadiens qui violent allègrement les dispositions de la convention tripartite en empruntant impunément les itinéraires non prévus par cette dernière», s’indigne Raymond Moungang, le président du syndicat national des transporteurs routiers du Cameroun, Région du Littoral.

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