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General News of Wednesday, 10 June 2020

Source: L'oeil du Sahel

Tradition : 12 femmes intronisées dans le département de la Vina


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La cérémonie y relative a eu lieu le 05 juin dernier.
Ambiance très particulière vendredi dernier à l’esplanade-de la chefferie Ngan-Ha que dirige le Beiaka Sa Majesté Saliou Saoumboum. Ce dernier a marqué son accord après.un plaidoyer mené depuis quelques temps par madame Françoise Aïssatou Baba, présidente de l’Association des Femmes et Filles de l’Adamaoua (Affada), afin d’avoir à ses côtés, outre les hommes notables, mais aussi des femmes. Ainsi, Sa Majesté Saliou Saoumboum a procédé à la signature d’une charte traditionnelle en présence de Fabrice Yves Bissa, sous-préfet de l’arrondissement de Ngan-Ha.

«A travers cet acte, l’arrondissement de Ngan-Ha vient de franchir un grand pas vers son développement culturel. A l’issue de la dernière élection municipale, Ngan-Ha a eu une femme maire. Bien avant cela, nous avons eu une sénatrice. Aujourd’hui nous accueillons 12 femmes comme notables dans la cour de Sa Majesté. Il ne nous reste qu’une femme sous-préfet. Je sais qu’avec le soutien que nous apporte Affada sur le plan scolaire, cela ne saurait tarder. Pour ces femmes qui viennent d’être intronisées, je leur demande d’être juste courageuses, car il y aura beaucoup d’adversité. Mais soyez en rassurées chères dames, vous avez tout mon soutien», a réconforté l’autorité administrative.

Ainsi, selon les dispositions de cette charte traditionnelle, les femmes qui ont été intronisées comme notables ont pour mission, d’animer les aspects concernant l’éducation, la santé, la culture, les relations publiques et les conflits conjugaux. Elles sont chargées singulièrement d’organiser les campagnes de sensibilisation afin que les parents envoient leurs progénitures à l’école, d’organiser les campagnes d’éducation vaccinale et de santé maternelle et infantile dans le but d’encourager les grossesses et accouchements médicalement assistés.



Au vu du contexte actuel en rapport avec cette pandémie sanitaire qu’est la Covid-19, ces 12 femmes notables devront promouvoir l’hygiène et la salubrité afin de lutter ardemment contre les maladies endémiques et épidémiques (paludisme, VIH/Sida etc…).

«Entre autres, ces femmes notables doivent organiser des rencontres avec les femmes pour la paix dans les foyers et les familles et surtout promouvoir la culture et l’éducation religieuse. Elles doivent lutter contre les mariages précoces en préparant les jeunes filles à des mariages dignes. Elles doivent organiser annuellement, en accord avec Sa Majesté le Bélaka et les notables hommes, des foires et des journées portes ouvertes dans le but de promouvoir l’image de Sa Majesté le Bélaka de Ngan-Ha», a fait savoir la présidente de l’Affada, madame Françoise Aïssatou Baba. Pour mieux accompagner et occuper les filles de l’arrondissement de Ngan-Ha, l’autorité administrative tend une main à cette association pour qu’elle plaide pour une ouverture d’un centre de promotion de la femme et de la famille à Ngan-Ha. «Il faut que l’Affada continue à œuvrer pour les filles de Ngan-Ha que je connais très dynamiques et travailleuses, mais qui ne trouvent pas de cadre approprié pour s’exprimer. C’est pour cette raison que je demande à l’Association des Femmes et Filles de l’Adamaoua d’œuvrer pour que notre arrondissement puisse bénéficier d’un centre de promotion de la femme et de la famille», a plaidé le chef de terre Fabrice Yves Bissa.

Il faut souligner ici que, avec les 12 femmes notables intronisées le 05 juin 2020 dans la cour du Bélaka de Ngan-Ha, l’Association des Femmes et Filles de l’Adamaoua (Affada), vient ainsi d’atteindre le cap de 142 femmes notables réparties dans les lamidats de Banyo, Tibati, Tignère, Ngaoundéré et de la chefferie Mboum de Ngan-Ha (dans l’Adamaoua), Demsa et Guider (dans le Nord) et de Mokolo, Miskine, les sultanats de Kousséri et de Logone-Birni (dans l’Extrême-Nord). L’histoire retiendra que, tout a commencé en 2016 qui est une année au cours de laquelle, grâce à une prise de décision héroïque, les lamibé de Bnayo, Tibati, Tignère, Ngaoundéré et Demsa se sont engagés résolument vers l’avenir à travers l’intégration inédite de 33 femmes dans leurs prestigieuses et conservatrices cours appelées «Faada».

Ces chefferies pionnières seront rejointes par le lamido de Mokolo en 2017, puis en 2018 par les sultanats de Logone-Birni, de Kousséri ainsi que le lamidat de Guider, qui, ont tous décidé de donner une place prépondérante aux femmes dans l’administration coutumière. Le relai est pris en 2019 par le lamido de Miskine en s’ouvrant à la modernisation de sa chefferie en introduisant dans sa cour de notabilité, des femmes. Pour la présidente de l’Affada, l’arrivée de ces femmes notables dans ces chefferies n’a aucune entorse chez les notables hommes. Par contre, ces femmes viennent aux côtés des hommes pour compléter, accompagner, rafraîchir et valoriser le transfert des cultures et traditions.

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