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General News of Sunday, 11 April 2021

Source: www.camerounweb.com

Tenue des polices municipales: Matomba pas d'accord avec le ministre Georges Elanga

Le premier secrétaire national du PURS n'est pas d'accord avec la décision du ministre de la décentralisation qui demande aux maires de changer les tenues des polices municipales. Ces tenues, soutient le ministre, doivent être différentes de celle de la police nationale.


Voici la tribune de Serges Espoir Matomba

Au Cameroun, comme dans beaucoup d’autres pays du monde, il existe une cohabitation entre Police Nationale (ou fédérale selon les Etats) et Police Municipale.

La Loi Camerounaise organise d’ailleurs cette complémentarité, avec naturellement une prépondérance à la Police Nationale, à qui revient l’exercice de la violence légitime face aux crimes et l’insécurité. Pour autant, à côté de la Police nationale se développe une Police Municipale qui se crée par un conseil municipal ou un conseil de communauté pour des besoins liés à la municipalité ou à la communauté.

Ce choix de développer une Police municipale, plus ou moins importante, relève de la compétence de chaque collectivité locale qui décide par exemple de fortement investir pour prioriser la défense de la tranquillité publique de ses administrés.

Cette décision d’étoffer les forces de sécurité locale est parfois guidée par le constat d’un déficit de la présence de la Police Nationale.
Il ne doit pas avoir de concurrence entre les Polices mais rechercher la coopération au profit du respect de la loi. Toutes les tâches quotidiennes que peut accomplir la Police Municipale viennent alléger le fardeau de la Police Nationale qui peut ainsi se concentrer sur ses missions principales.
Naturellement, le port d’un uniforme fait partie intégrante de la visibilité donnée aux forces de l’ordre et cet attribut concourt à rendre la présence policière nationale ou municipale dissuasive pour les délinquants.

Comme en témoigne l’expression bien connue « la peur de l’uniforme ».
A ce titre, je ne comprends pas le sens du message de Monsieur le Ministre de la Décentralisation qui souhaite que disparaisse l’uniforme pour les policiers municipaux et qu’il soit remplacé par une chasuble de couleur violette (et pourquoi pas en donnant dans la caricature totale vouloir les doter d’un nez rouge de clown qui clignoterait !), de plus il serait interdit d’inscrire sur leurs vêtements la mention Police municipale.
Bref, c’est ridicule et porteur d’affaiblissement du respect de l’ordre public.

Autant, il est normal de vouloir distinguer les deux polices, comme cela existe ailleurs, par des écussons différents, des mentions sur l’uniforme voire des couleurs distinctives (Brassards, couvre-chefs…),autant refuser aux Policiers municipaux le port de l’uniforme revient à les décrédibiliser et à rendre beaucoup moins efficace leurs actions.

Certes, La Police Nationale doit garder ses prérogatives. De plus, les municipalités doivent être particulièrement sélectives dans leurs recrutements afin qu’il n’y ait pas d’abus d’autorité lié au port de l’uniforme. Mais, je le répète la force de dissuasion visuelle que représente la tenue est indispensable et elle doit être préservée.

Il est paradoxal qu’un Ministre porteur du dossier de la décentralisation fasse si peu confiance aux élus locaux et à leur sens de la responsabilité en matière de sécurité publique dans le cadre d’une démarche qui s’inscrit en complémentarité avec les moyens de l’Etat. C’est cette méfiance que laisse transparaitre Monsieur le Ministre dans son message aux Préfets sur la condamnation du port de l’uniforme par la Police Municipale.

Ce sujet est-il vraiment la question centrale en matière de lutte contre l’insécurité alors que l’Etat peine à maintenir l’ordre dans nos villes et sur les routes camerounaises.

Monsieur le Ministre, acceptez de revenir en arrière sur votre message aux Préfets. Si vous pensez qu’il y a un sujet important à traiter et des points à éclaircir concernant les rôles et missions des Polices Nationale et Municipale, je suis prêt comme d’autres élus locaux à engager un dialogue avec vous dans le respect de la loi Camerounaise, sans à priori, ni mesures préalables vexatoires.

Distinguer oui, discriminer non ! Si l’habit ne fait pas le moine au cas près il contribue au respect et à la légitimité !

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