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General News of Thursday, 4 February 2021

Source: L'Anecdote n°1158

Tensions à Buéa: les non-dits d’une crise d’intérêts entre amba-boys et le régime Biya

Le mouvement d’humeur orchestré par des ex-combattants lundi dernier à Buea est l’arbre qui cache la forêt. La gestion de ces structures aiguise des appétits gargantuesques à des niveaux insoupçonnés y compris auprès d’anciens chefs de guerre aujourd’hui repentis.

Dans la journée du lundi 1 er février 2021, des pensionnés du centre de démobilisation, désarmement et de réintégration (DDR) de Bokwango à Buea, rentrent en grève et pestent contre les mauvaises conditions de vie, l’absence de formation, le chômage et les mauvais traitements dont ils y sont victimes. «Nos femmes nous ont quittés, nous sommes fatigués de ce genre de vie. Beaucoup sont ici depuis plusieurs mois, plus d’un an et souffrent encore. Nous voulons partir et nous débrouiller seuls», lance un ancien combattant séparatiste.

Ces complaintes qui ne sont pas nouvelles au centre de Buea, ont pris de court les responsables du Comité national de démobilisation, désarmement et de réintégration. En réalité, ces derniers affirment, en l’absence du coordonnateur, Francis Faï Yengo, que cette structure a été mise en place dans le but de donner à tous les enfants du pays, partis en brousse dans le but de manifester contre certaines frustrations, de bénéficier d’une seconde chance en vue de leur autonomisation.

«Le président de la République a donné l’amnistie sans le dire parce que les gens sortent de brousse et sont accueillis immédiatement sans qu’on ne les mettent face à leurs crimes. Et ces derniers bénéficient de tout : argent, soins de santé, abris, nourriture, etc. sans être inquiétés», souffle-t-on dans les services du centre de Buea.



Suite au mouvement d’humeur de lundi dernier, une mission de la Primature s’est rendue à Bokwango pour évaluer la situation sur place, et y apporter des solutions. La délégation conduite par Bertha Ndoh, conseiller spécial du Premier ministre, est arrivée dans le camp mardi dernier. Elle a aussitôt, après avoir écouté les uns et les autres, décidé de sélectionner 70 individus à qui elle a remis 500 000 Fcfa chacun. «Nous-mêmes ne savons pas à quoi l’argent que ces gens ont reçu va servir. En plus de ces 500 mille, il y a aussi un million de Fcfa que le PM a mis à leur disposition pour qu’ils aient des cartes nationales d’identité », explique-t-on au centre DDR de Buea en 3 février.


En plus de l’argent, les pensionnés se plaignant d’être traités comme des prisonniers, des responsables du centre affirment également que la mission de la primature a garanti aux pensionnés une liberté jusqu’à ce que le centre soit construit. «On ne sait pas où ils vont partir et ce qu’ils feront pendant tout ce temps; pour l’argent je crois que c’est juste pour qu’ils se reposent en attendant », indique-t-on à Buea. En d’autres termes, les 70 individus sont dans la nature avec un demi-million en poche et à la merci de tout et de tous. Toutes choses qui peuvent déboucher sur des incidents malheureux et regrettables.

«Cela se passe étape par étape. On commence par la déradicalisation qui est la première et qui peut mettre un an voire plus. Ensuite, il y a la démobilisation, la réintégration avec l’apprentissage des métiers qui permettent que ces gens soient autonomes et enfin là réinsertion. Leur remettre l’argent va donner des ailes aux autres de Bamenda et de Maroua. Les gens de la primature poussent ces enfants dans la rue et ça va créer des problèmes dans le pays si on s’amuse», souffle un cadre du centre de Buea.

En plus de cette liberté sans condition, le destin de l’argent ainsi reçu inquiète et pourrait inspirer les pensionnaires des autres centres du pays, notamment ceux de Bamenda et de l’Extrême-Nord. «Rien ne les empêche de formuler les mêmes revendications, de faire le même bruit et de descendre dans la rue pour bénéficier des mêmes privilèges qui ne reposent sur rien.

Les centres DDR du pays ont les mêmes ressources soit 75 millions par semestre, assurent les responsables du DDR. «Mais tous les problèmes que nous avons viennent de Buea. C’est incompréhensible», s’inquiète-t-on dans l’entourage du chef de centre de Buea.

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