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xxxxxxxxxxx of Monday, 12 April 2021

Source: Sans Détour n°406

Task Force : le règne sans partage de Ngoh Ngoh

La décision du ministre d’Etat Secrétaire général de la présidence de la république, « d’ordre du chef de l’Etat », de créer line Task Force en vue de la riposte contre le Covid-19, logée à la présidence de la république, apparait comme la fresque de la rivalité larvée entre le chef du gouvernement et le secrétaire général de la présidence de la république, au sujet de la gestion de la pandémie et de la costaude manne financière qu’elle génère.
Avantage Ngoh Ngoh. Comme au tennis, à l’occasion d’une balle de match dans le conflit de compétences qui alimente depuis longtemps la collaboration entre le Premier ministre chef du gouvernement et le secrétaire général de la présidence de la république, ce dernier vient de prendre un avantage sérieux.

Depuis le fin de la semaine dernière, une correspondance largement partagée sur la toile, et adressée au Secrétaire général des Services du Premier ministre, fait état de la création d’une Task-Force logée à la présidence de la république, et chargée désormais de la riposte contre le Covid-19. Une mission jusque-là relevant de la compétence du Premier ministre, qui chaque jeudi, réunissait les ministres sectoriels afin d’évaluer la politique gouvernementale y référent, et d’implémenter de nouvelles directives.



A l’analyse, le retrait de cette compétence à Joseph Dion Nguté apparait comme la suite de la décision du chef de l’Etat, d’ouvrir une enquête sur la gestion des fonds dédiés à la lutte coiltre le coronavirus au Cameroun. Et plus spécifiquement sur les 180 milliards de Fcfa octroyés l’année dernière par le Fmi-le Fonds monétaire international, au profit du Cameroun. Le Sgpr semble donc reprendre la main, après que des signaux l’indiquaient en difficulté, suite à la décision d’ouverture de cette enquête.





En effet, selon un post du lanceur d’alerte Boris Bertolt, celui par qui le scandale a été mis sur la place publique, c’est bien le Premier ministre, qui a mis le rapport de la mission d’audit de la Chambre des Comptes de la Cour suprême, à la disposition du chef de l’Etat, qui dans la foulée, a instruit une enquête, à l’effet de rassurer le Fmi dans la perspective d’un nouveau déblocage de fonds au profit du Cameroun. D’après le lanceur d’alerte, le Premier ministre croyait tenir là une revanche sur le Sgpr, qui avait opté de circonscrire l’audit au seul ministère de la Santé publique, sous les auspices du Contrôle supérieur de l’Etat.

« D’ordre du chef de l’Etat »
Dans sa lettre-instruction au Secrétaire général des Services du Premier ministre, frappée de la mention « très urgent », Ferdinand Ngoh Ngoh demande au Sgpm de « bien vouloir prendre les dispositions urgentes et nécessaires pour que les administrations suscitées désignent leurs représentants respectifs au sein » de la Task-Force de gestion de la riposte contre le Covid-19, en cours de téléchargement à la présidence de la république. A savoir les services du Premier ministre, le Minsanté (02 représentants), le Minât, le Minfi, le Mindef, et la Dgsn. Une instruction qui ignore royalement le Premier ministre chef du gouvernement.

A la vérité, il ne s’agit pas d’une nouveauté dans la pratique administrative instaurée par l’actuel Sgpr à l’encontre du gouvernement. Depuis longtemps déjà, Ngoh Ngoh, pour s’adresser à un membre du gouvernement, prend soin de ne pas passer par le Premier ministre, préférant lui adresser directement ses instructions ou ses injonctions. Et quand l’instruction est adressée au Premier ministre lui-même, elle est faite par le truchement du Sgpm. Avec à chaque fois, la mention « d’ordre du chef de l’Etat ».

On se rappelle celle adressée au ministre des Finances, et dans laquelle il demandait à Louis Paul Motaze, de débloquer la somme de 32 555 000 Fcfa pour la conduite de l’audit du Consupe auprès du Minsanté. Ou encore celle servie au ministre d’Etat en charge de la Justice Garde des Sceaux, prescrivant l’arrêt des poursuites contre le remboursement du corps du délit de Basile Atangana Kopuna dans l’affaire qui l’oppose à l’Etat du Cameroun à propos de la gestion de la Camwater. Un recours excessif aux instructions du président de la république, qui, selon des sources bien introduites, suscitait l’incompréhension et une sérieuse gêne dans les Services du premier Ministre.

« Pourquoi le chef de l’Etat ne donne-t-il jamais ces hautes instructions directement au Premier ministre Chef du gouvernement » ? S’interroge un responsable du cabinet du Pm, avant d’ajouter que les deux hautes personnalités de la république se voient pourtant régulièrement. Au moins deux vendredis dans le mois. Pourtant au sein de l’establishment étatique, Ferdinand Ngoh Ngoh n’est qu’un ministre d’Etat dans cette équipe pompeusement présentée comme le gouvernement de Dion Nguté, Premier ministre chef du gouvernement.

Assurément, c’est la pagaille dans l’actuel gouvernement, et cette enquête judiciaire ouverte sur la gestion des fonds Covid sonnera le glas de l’actuelle équipe, et parallèlement sifflera la fin du conflit larvé de compétences qui a régenté la collaboration Pm-Sgpr depuis le deux ans.

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