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General News of Sunday, 31 May 2020

Source: camerounactuel.com

Succession: des religieux se disputent les biens du révérend père Engelbert Mveng

La Compagnie des jésuites et la Communauté des Béatitude, deux congrégations de l’église catholique romaine, sont à couteaux tirés pour la gestion des biens légués par le défunt prélat.

Il y a un peu plus 25 ans, le 23 avril 1995, le corps sans vie du révérend père Engelbert Mveng, théologien, historien, poète, écrivain etc., était retrouvé dans son domicile à Nkol-Afane, une bourgade de Yaoundé. Des traces de violence sur la dépouille laissaient prospérer la thèse d’un assassinat crapuleux, jamais élucidé. Les rares biens légués par le défunt prélat sont aujourd’hui au cœur d’une tension entre ses frères en Christ.

En effet, la célèbre Compagnie de la famille de Jésus, les fameux jésuites, dont le père Mveng était un éminent membre, vient de renverser la Communauté des Béatitude. Les deux congrégations catholiques se déchirent autour de l’héritage de l’ancien prélat.

Le 5 mai dernier, la Compagnie de la famille de Jésus a obtenu devant le Tribunal administratif du Centre l’annulation d’une «lettre» datée du 28 novembre 1998 adressée par M. Ahmadou Moustapha, alors vice-Premier ministre en charge de l’Urbanisme et de l’Habitat, au conservateur foncier du Mfoundi. Par cette correspondance, l’ancien vice-Premier ministre intimait l’ordre à son collaborateur de muter le titre foncier 14151/Mfoundi appartenant à Engelbert Mveng au profit de la Communauté des Béatitudes. Si les injonctions du signataire de la lettre, désormais ministre chargé de mission à la présidence de la République, avaient été suivies à la lettre, le tribunal a estimé qu’il s’agit d’un véritable cas d’«abus de pouvoir». D’où la sanction.

Père Mveng jugé pour faux

Le bref exposé des faits au centre du procès par le juge-rapporteur permet de se faire une idée sur la bagarre des religieux autour de l’héritage du défunt. L’affaire remonte en 1992. Cette année-là, la Communauté des Béatitudes avait porté plainte devant le Tribunal de grande instance (TGI) du Mfoundi contre le révérend père Mveng.

Ce dernier était accusé de supposés faits de faux au sujet de l’immatriculation du terrain litigieux. La Communauté des Béatitudes, association religieuse créée en 1968, prétend avoir acquis le lopin de terre disputé par donation d’un fidèle. Et elle avait été désignée héritière dudit fidèle dans, un jugement hérédité rendu par le TGI du Mfoundi le 2 décembre 2000. La Communauté soutient que le défunt a usé du faut pour obtenir un titre de propriété sur le terrain.

En 1995, père Engelbert Mveng était renvoyé en jugement devant le TGI pour répondre des récriminations mis à sa charge. C’est curieusement cette année-là que l’ancien prélat a été lâchement assassiné.

En dépit de la mort du révérend père Mveng, les responsables de la Communauté des Béatitudes saisissaient le ministre des Domaines afin que le terrain disputé soit muté au profit de ladite communauté. Ils se prévalaient des conclusions de l’ordonnance de renvoi rendue à l’encontre du prélat. «J’ai l’honneur de demander de bien vouloir procéder à la mutation du titre foncier 14121/Mfoundi au profit de la Congrégation famille des Béatitudes», avait écrit le ministre des Domaines, le 25 mai 1997, au conservateur foncier du Mfoundi.

La lettre était suivie d’effet. La Compagnie de la famille de Jésus avait introduit un recours en annulation de la lettre devant la Chambre administrative de la Cour suprême. Elle dénonçait ce qu’elle considérait comme un excès de pouvoir. Le dossier a été transféré au tribunal administratif. «L’administration peut-elle s’appuyer sur une ordonnance de renvoi pour procéder à la mutation d’un titre foncier ?», s’était enquis le juge-rapporteur.

Dans ses écritures, l’Etat justifie que ce n’est pas «la lettre qui transfère les droits de père Mveng à la Communauté des Béatitudes, mais l’ordonnance de renvoi du juge judiciaire». Un argumentaire balayé d’un revers de la main par Me Taptue, l’avocat de la Compagnie de la famille de Jésus. «Une ordonnance ne transfère pas un droit, car il ne s’agit pas d’un jugement. C’est un avis. Rien ne dit que le juge de jugement va condamner le mis en cause», balance l’avocat.

Le ministère public a enfoncé le clou plus bin en indiquant que «la bi ne donne pas qualité au ministre des Domaines pour ordonner la mutation d’un titre foncier. En te faisant, l’administration a commis un excès de pouvoir».

«Si le père Engelbert Mveng n’est plus, sa succession est ouverte et ses héritiers peuvent muter ses biens en leur nom», a suggéré le représentant du parquet générai Le tribunal a finalement annulé la correspondance de l’ex-vice-PM avec tous ses effets de droit. Sefon les informations de Kalara, l’affaire qui vient de connaître son dénouement n’est qu’un litige parmi tant d’autres autour de l’héritage du révérend père Engelbert Mveng.

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