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General News of Thursday, 11 March 2021

Source: Le Cameroun matin

Succession de Paul Biya: révélation sur le vrai rôle de Franck Biya dans cette affaire

Régulièrement présenté comme un potentiel successeur de son président de père, Franck Emmanuel Biya continue d’entre- tenir la discrétion. Apparemment à l’écart des affaires de l’Etat, le fils du président, qui a aussi un statut de conseiller spécial du président de la République, n’en donne pas moins l’impression de se préparer à la succession. Et le floue persiste sur le jeu trouble de l’homme.


Le dernier cliché en date est celui de la cérémonie de levée du corps de la sœur aînée du chef de l’Etat, la regrettée matriarche Régine Ngonda épouse Bidjang , qui a été marquée par la présence de Franck Biya à la droite de son père. Une apparition qui a aussitôt relancé le débat sur la sucecession de « l'homme Lion » à la tête du Cameroun. Ceci vient compléter la scène qui s’est passé à Douala, le 14 novembre 2014, lors de la méga cérémonie de la pose de la première pierre de la construction du deuxième pont sur le fleuve Wouri. Ce jour-là, les Camerounais ont constaté, avec beaucoup de stupéfaction, l’arrivée tardive et curieuse de Franck Emmanuel Biya, après le président du Sénat et juste avant son père, bouleversant ainsi les sacro-saintes règles du protocole. Encadré par quelques gorilles, il a aussi bénéficié de l’extrême déférence des ministres venus le saluer. « Ce n’était qu’une maladresse », dédramatise l’entourage de « Franck ». Dans tous les cas, le fait, rarissime, a relancé les présomptions qui prêtent au père le projet de préparer son fils pour lui succéder. Suffisant pour que la succession de Paul Biya à Etoudi continue d'animer les débats et que les athlètes pour la course au palais de l’Unité intensifient leurs échauffements sur leurs startings-blocs. Rien d’étonnant qu’on assiste donc à une farouche guerre au sein du sérail. Le plus curieux est que certains Camerounais ignorent jusqu’au visage de Franck Emmanuel Biya. Même les Yaoundéens ne savent pas qu’il a une résidence bien en vue sur le flanc du quartier du Lac. En tout cas, le fils ne semble pas séduit à l'idée de succéder à son père à la tête du pays. Là où les fils de présidents se servent du patro- nyme pour gravir les échelons dans la gestion des affaires, le premier fils de Paul Biya ne semble pas tenté par le pouvoir. Il fuit l'échiquier politique, ses combines, ses coups bas et ses jeux d'alliances. Plus encore, il n'a ni fonction ministérielle officielle, ni mandat électif et n'est membre reconnu d'aucune section du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), le parti au pouvoir. Rien à voir avec la règle de succession en Afrique centrale, l'idée du remplacement du père par le fils : Ali Bongo au Gabon, Joseph Kabila en RDC, sont tous des fils de présidents, devenus chef à la place du père, après avoir été associés au plus près de la gestion étatique. D'autres sont sur le même chemin comme Teodorin Obiang Nguema, parachuté vice-président de Guinée-équatoriale, avec rang de chef d'Etat ; Zacharia et Mahamat Deby au Tchad ; ou encore Denis Christel Sassou Nguesso au Congo. En tout cas, Franck Biya est toujours resté loin de la lumière des projecteurs et fuit les micros et les caméras des journalistes. Son nom n’apparaît nulle part dans l’organi- gramme officiel de la présidence. Beaucoup moins encore savent la vé rité sur les circonstances qui le poussèrent, dans les années 1990, à interrompre ses études universitaires aux Etats-unis, pour se lancer dans l’exploitation forestière au Cameroun. Autant d'indices qui pourraient laisser écarter au Cameroun la succession de Paul Biya par son fils. « L’homme qui ne veut pas être pré sident » ? C’est le surnom que certains ont fini par attribuer à ce dauphin qui ne semble guère optimiste à cette idée. Est ce pour autant qu’il faut ignorer les ambitions politiques du fils ? « A un moment, certains caciques du régime ont voulu, avec insistance, faire prospérer cette idée auprès de Paul Biya, vu que c'était la règle chez ses pairs d'Afrique centrale », confie au journal « La Tribune Afrique », Magnus Biaga Chienku, journaliste écrivain, fondateur du quotidien camerounais l'Emergence. « Si Franck Biya était intéressé par le pouvoir suprême, il ne serait pas en train de vivre très loin du pouvoir. Il serait à l'école du pouvoir, comme les autres fils de chefs d'Etat, qui occupent des postes clés », ajoute-t-il. « Pour ma part, je ne pense pas vraiment qu'il soit dépourvu d'ambitions. Franck Biya a des ambitions politiques, mais il sait les masquer derrière la timidité et la discrétion qu'on lui prête », évoque Mathias Owona Nguini, analyste politique. En réalité, Franck Emmanuel Biya a élargi, entre-temps, son champ d’ac- tivité. Meilleur intermédiaire devant son père, il a une influence considérable. On le retrouve donc au cœur de projets impliquant des investisseurs désireux de s’implanter au Cameroun dans le secteur minier, le transport aérien, l’énergie et les télécommunications. Le jeune homme aurait, depuis, décliné une nomination à la direction du cabinet civil de son père tout en restant, malgré tout, régulièrement pressenti au gouvernement. Hors des forêts camerounaises, Franck Biya est un promoteur économique à la tête d'Afrione Cameroun et de Sfa Ingénierie. Difficile pourtant de connaître « avec exactitude les différents secteurs dans lesquels Franck Biya investit, ni l'étendue de son réseau ». A cet effet, « Il est important de noter qu'en affaires, il agit ici avec beaucoup de discrétion. Dans ce domaine, il a une force de frappe non négligeable puisqu'il conseille son père, fait nommer des ministres, directeurs généraux... Et dans ces positionnements, il tire beaucoup de bénéfices, dans une discrétion légen daire », affirme Magnus Biaga. Ces bénéfices ont fait le lit d'accusations de délit d'initié notamment dans l'affaire des bons d'obligations du Trésor à coupons zéro. Des réseaux et des soutiens, Franck Biya, souvent présenté comme l'officieux qui murmure à l'oreille du président, a dû en cultiver beaucoup dans ses partenaires d'affaires, mais aussi à travers les grands chantiers pour lesquels il conseille son père. Dans les couloirs du Palais de l'Unité, il a aussi dû se faire des ennemis déclarés ou tapis dans l'ombre, notamment parmi les présidentiables qui ont cru à leur chance de devenir le remplaçant de Paul Biya. « Le Cameroun n'est pas une monarchie, c'est une république. Si Franck Biya veut en devenir le président, ce sera par la voie des urnes. En ce moment-là, il a parfaitement le droit de se présenter puisque c'est un citoyen de ce pays », explique Mathias Owona Nguini avant d'étayer « Ce qu'il faudra observer, c'est sur quelles organisations politiques, quels soutiens, quels réseaux, il compte s'appuyer pour y parvenir ». Qui vivra verra !


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