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General News of Monday, 30 November 2020

Source: coupsfrancs.com

Succession de Paul Biya: les services secrets français entrent en jeu

Veillée crépusculaire du roi fainéant à perpétuité. À l’instar du lion devenu vieux, de la fable de Jean de La Fontaine, il arrive parfois au très omni -absent président camerounais, inventeur du concept de la gouvernance par correspondance et à distance respectable, d’avoir encore quelques ultimes sursauts résiduels d’orgueil, comme jadis le roi de la forêt face à l’âne, s’avançant vers lui pour lui assener le coup de pied de trop. Celui de l’infamie et de la disgrâce.

Car, rien n’est plus humiliant, et même dévalorisant, pour un tyran, que de devoir assister de son vivant, sans broncher, aux innombrables empoignades, querelles et bagarres de chiffonniers, d’innombrables réseaux des forces centripètes et centrifuges , qui rôdent, voltigent tout autour, et s’apprêtent à s’accaparer du pouvoir, non pas devenu vacant, mais qui est tout simplement à ramasser, par le cercle qui saura se montrer plus adroit et habile en neutralisant, ou en doublant les autres au tournant.

C’est là précisément, qu’intervient une autre métaphore, issue d’une autre fable du même Jean de La Fontaine, intitulée les voleurs et l’âne.

La morale de ce chef d’œuvre, une des plus grandes prouesses des classiques de la littérature française, nous enseigne la chose suivante: alors que deux compères venaient de subtiliser un âne, ils furent contraints d’en venir aux mains, pour se mettre d’accord quant à l’usage qu’ils devaient faire, de l’objet commun de leur rapine, entendez le baudet.

Un des protagonistes souhaitait le vendre, afin de scinder en parts égales la somme d’argent récoltée. L’autre au contraire souhaitait conserver le ballot, afin d’en faire usage de forçat, de bourricot ou de bête de somme. Tel était en tout cas la source du différend, qui amena les deux acolytes à s’étriper, abandonnant momentanément et sans garde, leur butin.

Sauf que pendant que les deux hommes, se mesuraient et en décousaient, survînt un troisième larron qui passant malencontreusement ou fortuitement, par-là, et cherchant aventure, se saisit d’autorité du mulet et disparut dans la nature, aussi promptement qu’il avait fait surface, sans laisser la moindre trace, ni crier davantage gare.

Pour revenir sur terre, en rapprochant cette métaphore essentiellement chimérique, au cas bien réel lui, du contexte des intrigues de palais, et de fin règne en cours, dans l’entourage du roi fainéant à perpétuité finissant, quand Ferdinand Ngoh Ngoh, Proconsul et véritable Président-bis de fait, dont l’obsession de devenir Calife en lieu et place du vrai Calife, est un secret de Polichinelle, prie pour la disparition rapide de celui qui l’a fait roi, Paul Atangana Nji, le remuant et bouillant ministre de l’administration territoriale, qui se prend pour Robespierre, allume au contraire un siège pour que l’hôte d’Étoudi, sa seule source de légitimité, et partant de pouvoir, vive le plus longtemps possible.

En tout cas suffisamment longtemps, pour qu’il dispose du temps nécessaire, de supplanter tous ses autres camarades en courtisanerie et génuflexions, dans l’estime et la confiance du chef, histoire de disposer d’un positionnement favorable, dans la perspective, sait-on jamais, d’une conjoncture favorable de succéder au chef.

Après l’éjection de Marafa Hamidou Yaya, coupable du crime d’affichage précoce de ses ambitions, et Wikileaks aidant, et la neutralisation d’Edgar Alain Mebe Ngo, affairiste et adepte des mélanges des genres incompatibles , on avait assisté à une chute d’influence de René Emmanuel Sadi, qui nourrissait une incompatibilité d’humeur, c’est le moins que l’on puisse dire, à l’endroit de feu Martin Belinga Eboutou, alors directeur du cabinet civil du chef de l’État.

Ouvertement en conflit larvé, les deux hommes ont à plusieurs reprises, manqué de très peu de s’empoigner aux sein même du saint des saints, qu’est la présidence de la République, avant que leur patron commun, n’estime utile de siffler la fin de la récréation, afin d’arrêter les frais.

Car, le Prince n’est jamais étranger aux querelles qui divisent les siens. Il est depuis fort longtemps, connu des habitués et visiteurs du soir des cercles et entourages présidentiels, que Paul Biya qui déteste plus que tout, qu’on lui force la main, et de devoir ainsi agir dans l’urgence ou précipitamment, n’affectionne rien tant que de semer la zizanie entre ses ministres et proches collaborateurs, qui se neutralisant mutuellement, l’épargne du sale boulot qu’ils abattent cliniquement et utilement à sa place.

Grégoire Owona qui est, dit-on sur les starting block de la candidature à la succession, entretient des relations notoirement exécrables avec René Emmanuel Sadi, dont la détestation à l’égard du premier, n’a d’égale que la haine presque viscérale que ce dernier entretient et nourrit à son encontre. Échange de bons procédés, entre gentlemen en somme !

Quant à Laurent Esso, inamovible garde des sceaux , que certaines mauvaises langues n’ont pas hésité d’affubler de surnom de garde des sceaux et des shows (celui de garde des chiottes étant exclusivement et prioritairement réservé à son ministre délégué) en raison visiblement de ses liens avérés avec Jean-Pierre Belinga Amougou, le très sulfureux et teigneux patron du groupe l’Anecdote, il voue une haine cuite et recuite au même René Emmanuel Sadi , qui lui selon les propres dires de l’intéressé, le sortirait de partout . Ambiance …

Laurent Esso est d’ailleurs soupçonné, par l’entourage du ministre de la communication, d’être l’auteur d’une campagne de dénigrement dans les médias, à coup d’articles fantaisistes commandés dans la presse poubelle , aux fins de relever son excès d’ambition, et de lui prêter l’intention de vouloir ravir le fauteuil du chef … Toutes choses qui aux yeux de Paul Biya , correspondent à un arrêt de mort, sans aucune autre forme de procès, comme ce fut naguère le cas pour Joseph Owono, soupçonné par le Nnom Ngui de s’être trop approché à son goût , de son fauteuil. Il est vrai que les services secrets français, avaient assez opportunément fait parvenir au génie des Carpates de Mvomeka’a, un enregistrement audio dans lequel, celui qui se prend pour le plus grand constitutionnaliste de notre ère, se vantait de gérer son cerveau, comme le dira des décennies plus tard, Dominique de Villepin de Chirac.

Plusieurs témoins rapportent, avoir entendu Laurent Esso, donner pour définitivement le griller, ironiquement et sarcastiquement, du “ monsieur le président “ à René Emmanuel Sadi.

Conscient, que là encore, ses propres diables, une fois sortis massivement de la boîte de Pandore, pouvait être préjudiciable à une fin de règne sereine et à une succession sans turbulence auxquelles il aspire plus tout, il a aussitôt sifflé la fin des hostilités, et contraint tout ce petit monde à fumer le calumet de paix, illico – presto.

Il n’est sans doute pas loin, le jour où informé des intrigues et combinaisons émanant du cercle de Franck Biya, l’hôte d’Étoudi, comme jadis Jules César, voyant son fils Brutus, en réalité celui de sa maîtresse adopté par ses soins, lui asséner le 43e coup de couteau, soupirera : “ Tu quoque mi fili ? “ Traduction: “ Toi aussi mon fils ? “

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