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General News of Wednesday, 24 June 2020

Source: Repères n°865

Succession de Fotso Victor : le notaire soupçonné de fraude


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Me Rose Guemdjo Kouam a, le 22 juin, procédé à la lecture du testament de l’illustre disparu. Sauf que sa démarche nourrit des suspicions susceptibles de raviver les tensions familiales.

Bis repetita. Le rapatriement de sa dépouille et la date de ses obsèques ont suscité la première discorde entre les ayants droit de Victor Fotso, décédé le 19 mars à Paris. Pour d’aucuns, l’organisation des obsèques du patriarche par ces temps de coronavirus n’allait pas permettre de rendre des hommages dignes de la mémoire de ce milliardaire, bâtisseur et altruiste. Finalement, la poire semble avoir été coupée en deux : son inhumation le 20 juin à Badjoun pour des obsèques annoncées après la crise sanitaire provoquée par la pandémie de Covid-19.

Sauf que le jour de l’inhumation, Me Rose Guemdjo Kouam, notaire à Bafoussam, a ravivé les tensions en invitant la succession Fotso Victor « à assister à l’ouverture de son testament qui aura lieu le 22 juin 2020 ». La notaire souhaite que cette lecture ait lieu au domicile du défunt. Pour ce faire, elle exige avant toute lecture la production d’une copie de l’acte de décès du patriarche. La vingtaine de veüves et les plus de 120 enfants doivent se «munir chacun d’une copie de (sa) pièce d’identité ».


La démarche n’emporte pas l’adhésion de tous. Certains ayants droit trouvent curieux le fait de recevoir la convocation la veille à 22 h, voire minuit pour d’autres. Une requête conjointe de six veuves et de 18 enfants révèle : « Nous avons pris connaissance, sur les réseaux sociaux de votre correspondance, non datée, adressée à la succession Fotso Victor et relative à la lecture d’un testament ». Comme pour prévenir la notaire que la procédure ne saurait prospérer, le document note que la transcription de l’acte de décès n’a pas pu se faire à l’ambassade du Cameroun en France.


La requête insiste : « il convient de vous rappeler qu’une telle correspondance n’est adressée à personne, car une succession n’est ni personne physique, ni personne morale de droit, de plus aucune personne n’y est nommément désignée comme destinataire ». Rachel Fotso, Alain Jules Fotso et consorts précisent à Me Rose Guemdjo Kouam qu’elle aurait « dû notifier cette convocation à chacune des épouses de notre père dont le domicile conjugal est à sa résidence, sis à Bandjoun, et à tous les enfants du défunt à leurs domiciles respectifs ».

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Les signataires de la requête précisent que « cette manière de procéder, absence de date et destinataire anonyme, semble cacher une fraude, alors que la lecture d’un testament ne doit pas se faire par embuscade ». Ils invitent la notaire, afin de lever toute équivoque et de préserver les intérêts de tous les ayants droit, à reporter la lecture du testament. La programmation de cet acte doit tenir « compte des délais légaux et de route, après avoir dûment convoqué les témoins du dépôt de l’acte, ou le deuxième notaire, les successibles à charge pour ceux qui seraient indisponibles de se faire représenter ».

Mais la notaire a ignoré cette requête et procédé à la lecture du testament de l’illustre disparu. Jointe au téléphone mardi 23 juin, Rachel Fotso confirme l’information et explique le sens de sa démarche : « Je n’étais pas opposée à la lecture du testament dont j’ignore le contenu, mais à la démarche. Simplement, je souhaite que tout passe bien pour le bien de tous. C’est important de respecter la loi, et plus il y a opacité plus il y a des suspicions ».

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