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xxxxxxxxxxx of Saturday, 7 November 2020

Source: Actucameroun.com

Succession de Biya: comment Biya a détruit le 'dauphin' Titus Edzoa

Médecin personnel et rédacteur des discours du Président, l’ancien Sg/Pr s’était construit une stature de dauphin.

De Sadou Daoudou (1982-1983) à Edouard Akame Mfoumou (1989-1990), en passant par Joseph Zambo (1983-1984), David Abouem à Tchoyi (1984-1985), Ferdinand Léopold Oyono (1985-1986), Jean Nkueté (1986-1988) et Paul Tessa (1988-1989), Paul Biya a vu passer à la présidence de la République, pas moins de sept secrétaires généraux.

En sept ans. Le poste est resté vacant entre 1991 et 1992, jusqu’à la nomination de Joseph Owona qui, lui-même cède la place en 1994 à Titus Edzoa (1994-1996). Si ses différents prédécesseurs, qui ont pour la plupart mis moins de temps que lui, ont stoïquement oublié les ors du palais et poursuivi leur carrière ailleurs, soit dans la haute administration, soit au sein des organes dirigeants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), l’agrégé de médecine et philosophe à ses heures, lui, s’est montré plus ambitieux et n’a jamais véritablement digéré son éviction du « ciel ». Et il a payé au prix fort son ambition.

Devenu ministre de la Santé publique – il avait été remplacé par Amadou Ali au secrétariat général de la Présidence -, celui qui autrefois faisait partie des rédacteurs des discours du Président claque la porte du gouvernement le 20 avril 1997, dénonçant de basses manœuvres qui ne lui permettaient plus de « mener à terme, dans la sérénité et la sécurité, la mission » à lui confiée par le chef de l’État. Dans la foulée et, déterminée à participer de façon « libre et active à la construction [du]pays », il annonce sa candidature à l’élection présidentielle prévue en octobre de la même année.



Quelques jours après, il sera été arrêté, inculpé, incarcéré pour détournement de deniers publics, puis condamné à 15 ans de prison. Libéré en 2014 après une autre condamnation de 20 dans une deuxième affaire de détournements de fonds publics – il a purgé deux années de prison avant d’être gracié par le président de la République-, il a toujours clamé son innocence et dénoncé un complot.

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Étoffe
Quoiqu’il en soit, contrairement à un Sadou Hayatou que le président de la République semble avoir mis sur une rampe de lancement dans l’unique but de prouver qu’il n’avait pas démantelé l’axe Nord-Sud, qu’il n’avait pas une dent contre la communauté nordiste, avant de le stopper dans son ascension à la faveur de son premier échec politique, est un self made man politique qui, fort de la position de pouvoir qu’il a acquise au fil du temps dans l’appareil d’État et dans les réseaux – il fréquentait assidûment Paul Biya bien avant son accession à la magistrature suprême, par exemple -, s’était construit une stature de dauphin.

Il n’avait pas supporté que des personnes qu’il trouvait, pour certaines, médiocres, mais qui, entretemps avaient acquis beaucoup d’influence auprès du Prince, le regardaient désormais de haut. Et aveuglé par un certain complexe de supériorité, il avait visiblement sous-estimé l’adversaire. Il faut dire que, malgré son cuisant échec, le passage de Titus Edzoa au palais de l’Unité et son courage politique ont marqué un tournant.

De tous les hauts dignitaires passés après lui par le secrétariat général de la présidence de la République, qui ne manquaient pas d’étoffe ou qui étaient montés en épingle une fois à ce poste, seul Laurent Esso, actuel ministre d’Etat, ministre de la Justice, et dans une moindre mesure Amadou Ali, n’ont pas affiché d’ambition pour le pouvoir. A preuve, ils continuent de jouir chacun d’une position confortable.

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