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General News of Saturday, 4 July 2020

Source: Douala Ngando

Succession de gré à gré : la France mise sur Cabral Libii après l'échec de Franck Biya

C'est l'analyse faite par le camerounais DOuala Ngando sur la succession de gré à gré qui se trame à Etoudi mais que le gouvernment par la voie de Fame Ndongo appelle des rumeurs. Lecture!

Depuis que les grandes manœuvres concernant la succession à la tête de l’état Camerounais ont commencé, une voix sonne comme une fausse note et qui vient de temps en temps perturber l’atmosphère du changement qui souffle sur le Cameroun. Cette voix est celle d’un certain Cabral Libii, un singleton, une espèce très rare au Cameroun, car il est le seul à croire que la moustache qui le lie au RDPC n’est pas visible. Cette démarche de Cabral Libii qui apparait souvent comme d’un enfantillage ou d’une distraction fatiguant, est en fait un acte de séduction savamment calculé car pour Libii, si Franck Biya n’est pas retenu, alors la France n’aura pas d’autre choix que de l’adouber. Lui, le jeune de 40 ans qui pourra assurer à la France un gouvernorat de 50 ans, le temps nécessaire pour la construction du troisième pont sur le Wouri.

Cabral Libii est cet étudiant qui galère comme on ne peut pas l’imaginer pour passer son doctorat et qui rêve de devenir Président sans transition. Un rêve que caresse avec une douceur certaine la France car Cabral Libii présente ainsi le potentiel pour battre Paul Biya dans une servitude prévaricatrice et esclavagiste.

Il faut dire en fait que les rêves de ce jeune Camerounais cadrent très bien avec la vision de la France par rapport à son holdup sur le Cameroun et son management. La vision de la France, qui est conditionnée par cette graine de la lutte que Um Nyobe avait plantée dans l’ADN des Camerounais, repose sur la division des Camerounais et le blocage de l´économie Camerounaise. Cette vision se décline en trois piliers :

Le contrôle de l’économie par la monnaie
Le blocage des infrastructures de communication vers l’ouest et le NOSO (symbolisé par le pont sur le Wouri) tout en favorisant le fameux axe politique Nord – Sud.

L’installation d’un jeune gouverneur serviable et corvéable à souhait, qui peut assurer l’esclavage pendant au moins 50 ans sans grosses perturbations. La force de l’expérience de la France lui a enseigné que les périodes de transition dans ces pays sont très difficiles. C’est pourquoi un jeune est un atout pour mettre à très grande distance la prochaine transition ou succession ou construction d’un pont sur le Wouri.

Avec le Franc CFA produit à Chamalières, la France manipule cet atout à la perfection pour accomplir les deux autres piliers. Elle utilise notamment le pont sur le Wouri comme un totem pour assurer ces deux autres piliers. Le Principe est simple : A chaque règne de président Camerounais correspond un pont sur le Wouri. Avec une fréquence préférentielle d’un pont tous les 50 ans. Et pour ne pas léser le deuxième pilier (le blocage des infrastructures), le pont suivant est construit sur ou près du pont précédent. Ainsi le nombre maximum de voitures qui peuvent traverser les différents pont sur le Wouri est le même en 1950 et en 2020 car c´est une seule route (goulot d´étranglement) qui mène à tous ces ponts (qu’il y ait un ou plusieurs ponts). Vous comprenez mieux l’importance du puissant fétichisme que la France accorde au pont sur le Wouri.

Les Camerounais les plus attentifs ont certainement vu déployer cette vision et cette stratégie de la France lors de la dernière visite de Jean Yves Le Drian (le Nouveau Foccart de la France) au Cameroun les 23 et 24 octobre 2019. Cette visite, dite diplomatique de haut niveau, s’est articulée effectivement autour des trois piliers ci-dessus mentionnés :

Sous le carburant du FCFA, Le Drian, dans le premier pilier, va jouer son rôle de président du Cameroun en recevant tous les partis politiques à Yaoundé (ce que Paul Biya n’a jamais été autorisé à faire), y compris Maurice Kamto qui avait été arrêté quelques mois plus tôt parce qu’il avait refusé le deal. Le Drian va également réunir le Groupement inter-patronal du Cameroun (Gicam), pour leur dresser un programme économique favorable s’ils ne supportent pas Maurice Kamto.


Ensuite, Le Drian, dans le deuxième pilier, va se rendre dans le Nord du Cameroun pour renforcer l’alliance Nord-Sud. Sous prétexte de lutte contre le terrorisme, la France va encore faire jouer la machine à billet du FCFA pour débloquer 30 milliards de francs CFA pour le développement de la région de manière générale et l’amélioration des infrastructures de Maroua en particulier. Le soutien du Nord est primordial dans le Holdup.

Et pour finir, pour clôturer avec le troisième pilier, le ministre Le Drian, abandonnant le médecin de Paul Biya à son chevet, va se rendre à Douala, où, accompagné du ministre des Transports et du ministre des Finances, il va célébrer ou inaugurer la construction du deuxième pont sur le Wouri. Tout un programme !

#ctaText??# Me A.D. Touko Tom Avertit les artisans du gré à gré : "Le peuple camerounais vaincra l’une des plus vielles dictatures au monde"
La réaction des Camerounais face à cette petite virée de Le Drian (en véritable président du Cameroun) contraste avec celle qu’ils ont en ce moment face à l’ambassadeur Guilhou qui assure la présidence du Cameroun par intérim, sans complexe, sous les applaudissements du régime et du RDPC.

Revenons à nos moutons car l’information la plus importante de cette visite de Monsieur Le Drian, et qui a échappé aux novices, c’est l’annonce de la construction d’un troisième pont sur le Wouri. C’est certainement l’information capitale qui annonçait l’ouverture de la succession à la tête de l’état Camerounais car souvenez-vous « un règne contre un pont », avec un détail, le dauphin doit être un jeune pour placer la construction du prochain pont à au moins 50 ans. C’est ce qui justifie les batailles auxquelles on assiste en ce moment à Etoudi et dont Cabral Libii aurait saisi la subtilité en se disant « si ce n’est pas le jeune Frank, ça pourrait être ma chance ».

J’espère que vous allez à présent être indulgents vis-à-vis de Cabral Libii qui rêve toujours d’être le président de la république du Cameroun alors qu’il n’a jamais travaillé. Bien entendu, si on exclut la fameuse escroquerie des 200 000 francs CFA/mois qu’il recevait de l’Etat Camerounais en échange d’une pause hebdomadaire sous un arbre dans l’enceinte de l’université.

Pour mieux comprendre ce totem que constitue le pont sur le Wouri, voici quelques repères historiques et quelques projections qui peuvent nous éclairer sur l’épopée de cet ouvrage :

La construction du premier pont sur le Wouri commence en 1951. Ilest inauguré en 1955 pour marquer le premier holdup et la trentaine d’années de pouvoir réservées à Ahmadou Babatoura Ahidjo.

Le deuxième pont sur le Wouri, commence en 2011 avec une pose de première pierre par Paul Biya en 2014. Prévu pour être construit en 36 mois, il ne sera inauguré que le 24 Octobre 2019 par Le Drian, le pauvre Paul Biya étant hors service. Notez que le deuxième pont intervient à plus de 50 ans après le premier pont. Vous comprenez le lien avec la nécessité de démarrer avec un jeune satrape. Autre chose, pour l’étranglement, les deux ponts sont tellement proches qu’on parle du deuxième pont comme étant « un double pont », « un pont en étage » ou « un pont sous le Wouri » en référence aux inondations fréquentes sur ce deuxième pont. D’ailleurs les images de Google Maps ne montre qu’un seul pont traversant le Wouri à Douala.

Ainsi, le troisième pont sur le Wouri annoncé par Le Drian pourra intervenir autour des années 2060. Et pour respecter le principe d’un souverain pour un pont, la France a intérêt à trouver un jeune satrape.

Et pour finir, pour illustrer le fétichisme que la France accorde au totem du pont sur le Wouri, voici quelques statistiques sur le goulot d’étranglement que constitue le pont sur le Wouri :

En 1960, on pouvait avoir au maximum 60 voitures/minute sur le seul pont sur le Wouri et les voitures roulaient sur le pont à 90 km/h. En 2020, avec deux ponts sur le Wouri, on a toujours un maximum de 60 voitures/minutes mais les voitures roulent en moyenne à 20 km/h et parfois à 0,2 km/h aux heures de pointe.

Dans les années 1960, on avait environ 6 trains/jours qui traversait le pont sur le Wouri. En 2020, avec les deux ponts, nous n’avons qu’un train toutes les deux semaines. Attention, il ne s’agit pas d’un train de ligne car les voies ferroviaires en direction de l’ouest à partir de Douala, n’existe plus. Il s’agit plutôt d’un train de dépannage ou de dragage qui traverse le pont pour le nettoyage des rails.

Voilà donc, chers lecteurs, l’histoire de ce pont sur le Wouri qui oblige la France à composer avec des Jeunes présidents à qui on promet un pont sur le Wouri pour garantir leur longévité au pouvoir d’environ 30 ans. C’est cette histoire qui fait baver notre frère Cabral Libii au point où on a souvent l’impression qu’il délire ou qu’il divague. Tenez, en ce moment précis, ce furieux et intrépide honorable se bat tout seul à l’Assemblée Nationale pour sauver les gorilles du Cameroun alors que les Camerounais sont assiégés de toutes parts par la misère et la mort. Oui ! Il faut le comprendre.

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