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General News of Tuesday, 1 December 2020

Source: cameroonvoice.com

Soutien aux tyrans: la Côte d’Ivoire lance le boycott des produits français, le Cameroun en embuscade

C’est par un communiqué laconique annonçant une importante déclaration du président du rassemblement du peuple de Côte d’Ivoire Alternative crédible (Rpci-Ac), Christian Vabé que l’opposition ivoirienne, tendance gbagboïste particulièrement, a appelé le peuple de Côte d’Ivoire, à mettre officiellement la France, soutien assumé de Alassane Ouattara dans ce que le dictateur ivoirien a de crapuleux vis-à-vis de ce peuple auquel il a d’ailleurs été imposé depuis le début des années 2000 (tentatives de coup d’Etat de 2000, 2001 et 2002, rébellion des Forces Nouvelles, guerre civile postélectorale de 2010-2011) par la France.

« LE PEUPLE APPELE A BOYCOTTER LES PRODUITS FRANÇAIS ». C’est par ces mots qu’est introduite l’annonce de la nouvelle tactique de combat du peuple ivoirien martyrisé par un régime usurpateur friand d’imposture, que la France ne manque aucune occasion d’adouber.

En fait d’”Importante déclaration à la Nation”, l’opinion ivoirienne, africaine et internationale a eu droit à une exhortation, qui est en fait un mot d’ordre clair et précis, porté par Christian Vabé, leader du RPCI-AC : « Peuple de CI, dès ce lundi 30 novembre 2020, vous boycotterez les produits français sur toute l’étendue du territoire ivoirien. Les citoyens français ne sont pas concernés par ce mot d’ordre de désobéissance civile car beaucoup parmi eux soutiennent notre combat pour chasser le dictateur Alassane Ouattara et mettre fin à son imposture de 3e mandat anticonstitutionnel ».

C’est donc parti ! Comme au début des années 1990, quand des mouvements d’opposition, récemment arrivés sur la scène politique des pays d’Afrique francophones, mais suffisamment avisés des liens criminels entre la France et les despotes en place, lancèrent le boycott des produits français, pour contraindre la France à demander à ses sauvageons de suppôts néocoloniaux chargés de la gestion courante de la post-colonie, de lâcher un peu du lest, pour permettre à [leurs] peuples de respirer un tout petit peu l’air de la liberté.

Ces représailles particulièrement suivis comme l’étaient également les mots d’ordre de désobéissance civile et civique (villes mortes, impôts et écoles zéro) avaient connu un succès notable, faisant par exemple chuter drastiquement le chiffre d’affaires de la principale société brassicole du Cameroun filiale du groupe français Castel, au profit de sa concurrente, l’UCB, dont le fondateur, cédant malheureusement aux intimidations du régime, finit par se ranger derrière le bourreau de ceux qui l’avaient propulsé sur les cimes du marché des boissons locales.

Aujourd’hui, les Camerounais menacent de retourner à cette méthode qui avait produit de bons résultats à l’époque, pour contraindre la France à reconsidérer son soutien au président Paul Biya et à son régime. On ne compte pas le nombre de Camerounais qui pensent et affirment à haute et intelligible voix que si la lutte légitime que la majorité des Camerounais mène contre le régime a jusqu’ici échoué, c’est juste parce que ceux qui conduisent la lutte se trompent de véritables ennemi, celui-ci n’étant autre que la France et non ses agents et préposés à la répression à travers lesquels l’Hexagone dirige le Cameroun en sous-main.

Majoritairement hostiles au régime du président Biya, les Camerounais sont cependant désorientés par la dichotomie du discours officiel français de ces deux dernières années. Avec d’un côté, le jeune président français de 42 ans, Emmanuel Macron, qui tient un discours un tantinet moderne, appelant le leader camerounais à faire abstraction de la manière controversée dont il conserve le pouvoir, pour ramener le pays sur la voix de la paix et de la stabilité, et de l’autre, le chef de la diplomatie française, le vieux Jean-Yves Le Drian dont le soutien au régime, décliné à chaque fois dans une phraséologie digne de l’homme des cavernes, laisse à penser qu’un nom d’une non-ingérence à tête chercheuse, cet adepte de la continuation de la Françafrique est capable de soutenir la perpétration du massacre des Camerounais entre eux comme cela se passe en zones anglophones depuis quatre ans, ou par le régime, comme c’est le cas depuis l’élection présidentielle de 2018 des opposants dont l’existence est devenue un véritable enfer, et ne risque pas de connaitre une amélioration tant qu’ils ne se résoudront pas à une allégeance contre-nature au pouvoir du président Biya, 87 ans, au pouvoir depuis plus de 38 ans.

Aux dernières nouvelles, les Camerounais penseraient de plus en plus à reprendre la lutte là où ils l’avaient laissée en 1991 pour se rendre à la Tripartite.

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