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General News of Sunday, 19 July 2020

Source: cameroonvoice.com

Sortie de crise au NOSO: voici ce qui passe réellement entre les sécessionnistes et le régime


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Les autorités camerounaises ne sont plus seules à réfuter l’exactitude de l’information au sujet des rencontres en vue de déboucher sur un arrêt des hostilités dans les régions anglophones du pays, entamées début juillet avec les leaders politiques anglophones emprisonnés depuis deux ans et récemment condamnés à perpétuité par la justice militaire camerounaise. Elles sont désormais rejointes dans cette logique de la banalisation –à quelques nuances sémiologiques près- par le leader sécessionniste en exil aux Etats-Unis, John Mbah Akuroh.

Interviewé jeudi par notre confrère camerounais Forum Libre sur l’impression que lui faisait l’information sur les « négociations dans l’optique d’un retour à la paix dans les deux régions anglophones du Cameroun » que les autorités camerounaises ont engagées avec quelques leaders sécessionnistes détenus dans les prisons camerounaises et conduits par Julius Ayuk Tabe, le président de la Southern Cameroons Civil Society Consortium(SCASCS) n’a pas usé de circonlocutions pour remettre les pendules à l’heure : « Je voudrais d’abord commencer par rectifier une erreur contenue dans votre question. Ce qui se passe à Yaoundé ne s’appelle pas négociations. Il s’agit là des contacts préliminaires pouvant s’ouvrir sur les négociations si et seulement si la partie Camerounaise ou le gouvernement du président Biya est sérieux. »

« Il y a bel et bien eu une rencontre entre une délégation de nos compatriotes en détention à Yaoundé, menée par Sisiku Ayuk Tabe, et celle de certains officiels du pouvoir en place conduite par le Directeur General en charge de la Recherche Extérieure, Monsieur Maxime Eko Eko »

Se référant aux précisions émanant du négociateur-en chef coté leaders sécessionnistes anglophones, l’ancien journaliste de la radiotélévision gouvernementale camerounaise martèle : « Sisiku Julius AyukTabe est clair. il ne négocie pas, il pose les préalables à des futures négociations qui auront lieu dans un pays neutre et faciliter par un médiateur international accepter de tous. Nous sommes tous soucieux de voir un retour à la paix, mais dans un contexte où les Southern Cameroonians dirigent leurs propres affaires comme un pays à part entière entretenant des relations de bon voisinage avec nos frères et sœurs de la République du Cameroun. Le moment venu, tous les acteurs ayant une représentation importante et surtout le bagage intellectuel et tactique nécessaires seront invités à faire partie des discussions profondes portant sur les fondements de ce conflit. Toutefois, il est à noter que ce ne sera pas de la façon donc le gouvernement Biya rêve. »

Le moment venu, tous les acteurs ayant une représentation importante et surtout le bagage intellectuel et tactique nécessaires seront invités à faire partie des discussions profondes portant sur les fondements de ce conflit. Toutefois, il est à noter que ce ne sera pas de la façon donc le gouvernement Biya rêve. »

Mais s’il rejoint le porte-parole du gouvernement sur le fait qu’il n’y ait pas eu de négociations à Yaoundé, pour John Mbah Akuroh, c’est juste une question de terminologie. « Il y a bel et bien eu une rencontre entre une délégation de nos compatriotes en détention à Yaoundé, menée par Sisiku Ayuk Tabe, et celle de certains officiels du pouvoir en place conduite par le Directeur General en charge de la Recherche Extérieure, Monsieur Maxime Eko Eko », affirme-t-il ferme, accusant le pouvoir en place au Cameroun de « continuer à jouer au malin et tromper l’opinion nationale et internationale qu’il se passe quelque chose, alors que dans le fond, c’est le dilatoire pour continuer à gagner du temps en rêvant d’une éventuelle victoire militaire au Southern Cameroons. Nous ne sommes pas dupes, Sisiku Ayuk Tabe lui-même est au courant de ce que le Cameroun ne pense pas encore sérieusement et sincèrement qu’il faut procéder aux négociations. ».

Nous ne sommes pas nombreux comme leaders mais Sisiku Ayuk Tabe jouit de son droit de parole avec tous ceux qui voudraient le rencontrer et échanger avec lui.Cependant, il n’a pas la capacité de décider seul de l’avenir de notre cher pays qui sera bientôt libre de la troisième colonisation.

Déjouant son intervieweur qui s’obstine à lui faire dire que la rencontre de Yaoundé est à inscrire dans une logique de “négociations”, John Mbah Akuroh persiste et signe : « … ce qui se passe à Yaoundé n’a rien à voir avec des négociations. Cela dit, je voudrais vous rappeler que Sisiku Ayuk Tabe lors de son kidnapping au Nigeria était l’un des leaders très influents du Southern Cameroons. Il est toujours le leader et bénéficie du soutien de nos compatriotes à l’étranger comme sur le territoire national.

Nous le reconnaissons comme maillon essentiel de notre chaine de leadership. Nous ne sommes pas nombreux comme leaders mais Sisiku Ayuk Tabe jouit de son droit de parole avec tous ceux qui voudraient le rencontrer et échanger avec lui. Cependant, il n’a pas la capacité de décider seul de l’avenir de notre cher pays qui sera bientôt libre de la troisième colonisation. C’est pour cette raison qu’il a lui-même signifié que pour le moment, il faut d’abord libérer les prisonniers politiques et poser des actes concrets pouvant favoriser un cessez-le-feu comme premier pas vers des éventuelles négociations. »

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