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General News of Tuesday, 30 June 2020

Source: actucameroun.com

Sorcellerie: le maire de Yaoundé accusé d'avoir tué mystiquement ses petits fils


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M. Messi Atangana, le maire de la ville de Yaoundé et son épouse sont incriminés d’avoir programmé à travers des pratiques mystiques la mort tragique de leurs petits fils imputée pourtant à un pasteur exorciste. Cette dénonciation est faite par les filles du couple Messi.

Le maire de Yaoundé est-il un sorcier qui a participé à la disparition brutale de ses deux petits fils en 2018? C’est ce que sa fille, Mme Zoa Suzanne a déclaré la semaine dernière, devant la barre du Tribunal île grande instance (TGI)du Mfoundi, réitérant en cela les propos déjà tenus devant la même juridiction par l’une de ses sœurs cadettes. Mme Zoa est accusée de complicité de coups mortels, homosexualité et outrage à mineur suivi de viol en compagnie d’un certain André Guy Atangana Mbida. Les deux accusés sont incarcérés à la prison centrale de Yaoundé Kondengui. Elle témoignait la semaine dernière dans le procès qui l’oppose notamment au ministère public à la suite de la mort brutale de ses deux enfants.

Luc Brandley Rayane Messi, 10 ans, et Madeleine Jade Nzié Messi, à peine deux ans à l’époque des faits, étaient morts l’un après l’autre en 2018. Et leurs corps présentaient des marques de sévices corporels importants, qui avaient permis de suspecter que leurs décès n’étaient pas naturels. C’est à la suite des enquêtes menées par la police judiciaire et un juge d’instruction que leur mère avait été mise aux arrêts avec M. Atangana Mbida André Guy, pasteur exorciste et amant de Mme Zoa. Cette dernière a donné sa version des faits au tribunal la semaine dernière en ménageant son coaccusé et en accablant tous les autres proches y compris le père des enfants décédés, ses propres parents, c’est-à dire le maire de Yaoundé et son épouse.
Le 23 juin 2020, le passage de Mme Zoa Suzanne devant la barre n’a pas été pour autant une ballade de santé. Elle était en face de l’avocat de l’accusation et lie la représentante du parquet qui ne lui ont pas fait de cadeaux. Au cours de son exposé, l’accusée a reconnu avoir pris part à certaines séances d’exorcisme querellées. Elle avoue que M. André Guy Atangana Mbida avait l’habitude de délivrer les personnes possédées mais n’utilisait pas le fer à repasser et des fléchettes au cours des séances d’exorcisme. A la question de la représentante du parquet de savoir comment une maman peut-elle afficher une aussi granite indifférence face aux tortures infligées à ses enfants, elle rétorque avoir souvent réagi, sauf que l’exorciste lui donnait l’assurance que tout allait bien se passer.

Serpents et démons

Elle a expliqué n’avoir jamais eu l’intention d’attenter à la vie de ses deux enfants dont elle déplore toujours la disparition. Pourquoi donc avoir choisi de les soumettre à la torture de M. Atangana Mbida? Elle répond que toute sa famille faisait confiance à ce dernier à cause des cas qu’il avait déjà sauvés. Raison pour laquelle, tes services du pasteur avaient été sollicités pour la délivrance des enfants possédés par les esprits démoniaques. La mise en cause explique que sa progéniture était initiée à la sorcellerie par M. Messi Atangana, son épouse et leur père Christophe Bengono. Les enfants avaient pour mission, d’après elle, d’espionner tout ce qui se passait dans sa vie et celle d’autres membres de la famille pour le rapporter dans les sphères occultes. Luc Brandley Rayane Messi et sa sœur déclaraient souvent, dit-elle, la présence lies serpents et des mauvais esprits dans la maison.

Par ailleurs, l’accusée raconte que les enfants lui faisaient part de ce que ces grands-parents, venaient souvent les chercher dans la nuit quand ce n’était pas leur père Christophe Bengono, pour qu’ils assistent à des réunions de sorcellerie. Elle ajoute que les potions constituées d’un mélange de parfum et ci; sei que le pasteur faisait avaler aux enfants, ne constituaient pas un danger, étant donné qu’elles ont été consommées par d’autres membres de la famille, sans aucun problème. Pour elle, contrairement à l’accusation, ses enfants n’ont jamais été sodomisés. Elle soutient que le rapport médical qui parle de viol a été faussé. La mise en cause affirme que le pasteur a fait son travail et ne saurait porter la responsabilité de la mort des enfants qui ont été sacrifiés par sa famille.

De plus, les déclarations faites à l’enquête préliminaire dans les quelles elle incriminait les actes de M Atangana Mbida André Guy tenaient, selon elle, de ce qu’elle était traumatisée par la disparition brutale de sa progéniture. « Perdre lieux enfants à la fois n’est pas une chose facile à digérer. Je ne regrette cependant pas d’avoir rencontré M. Atangana Mbida qui reste mon amant », a-t-elle confié. Avec un peu de recul, elle dit avoir été une victime de sa famille. « Pour toi qui a tué tes enfants » ? Elle refuse de se prononcer sur cette question.

Question sans réponse

Toutefois, Mme Zoa Suzanne pense que le fait pour Christophe Bengono de porter plainte contre elle et le pasteur un an avant le drame montre à suffire que cette affaire était programmée d’avance. Pour vous, tes autres membres de la famille y compris la femme de ménage que vous avez chassée rie votre domicile sont finalement tous des sorciers ? Elle a répondu par l’affirmative.

En rappel, dans son édition N°241 parue le 12 mars 2018, Kalara avait déjà fait état de ce que M. Bengono avait découvert, début avril 2017, le culte mystique pratiqué par le pasteur Atangana sur ses enfants. 11 avait fait constater par Me Tchimdou Mekiage Micheline, huissier de justice, le décor de la mort qui planait : «une forte odeur d’encens se dégage de cet appartement : […] les pièces internes […} ont des schémas sur le sol faits de sel teinte en vert représentant des figures en forme de croix, triangles, des épées et de pentacles sur lesquels sont visibles des restes de bougies consommées», avait noté l’officier ministériel. Le père des enfants apprenait plus tard que M. André Guy Atangana «fait boire des potions dont lui seul connaît la composition ainsi que les effets» à la fille de M. Bengono alors âgée de 18 mois.

Et le 11 avril 2017, il déposai! une plainte à la division régionale de la police judiciaire du Centre contre son ex-compagne et son pasteur pour pratiques de sorcellerie. Cette plainte ne connaîtra aucune suite dans l’immédiat à l’égard des suspects, Le 16 février 2018, il revenait à la charge devant le Tribunal de grande instance du Mfoundi avec une autre plainte contre Mme Zoua qui n’a jamais prospéré. Chose-.curieuse : la plainte déposée le, 11 avril 2017 à la Police judiciaire va finalement faire l’objet d’un rapport transmis au procureur de la République le 21 février 2018, c’est-à-dire près d’une semaine après le décès des enfants.

Mais ce rapport, tout comme la plainte déposée par M. Bengono au sujet de «l’assassinat» de ses enfants n’ont pas été pris en compte au cours de l’enquête judiciaire. Au début de cette procédure judiciaire, Mme Zoua avait bénéficié d’une remise en liberté conditionnelle, avant qu’une instruction du garde des Sceaux ne provoque son placement en détention provisoire à la prison de Yaoundé-Kondengui. L’affaire revient le 28 juillet 2020 pour les réquisitions et plaidoiries.

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