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General News of Wednesday, 22 January 2020

Source: camerounactuel.com

Six mois sans eau courante à Makénéné

Mbam-et-Inoubou. Les populations qui se plaignent de maladies hydriques souffrent le martyr au quotidien pour se ravitailler dans les sources, forages et autres marigots.

Déjà six mois que les robinets sont à sec à Makénéné, localité située dans le département du Mbam-et-inoubou, région du Centre. Jusqu’à ce jour, les populations n’ont reçu aucune explication de la pari de Camwater, l’entreprise cimmée de la fourniture en eau courante. Los abonnés se plaignent plutôt de la livraison des factures qui se poursuit chaque mois malgré l’absence du précieux liquide.

«Nous recevons des factures d’un montant de 930 F. Cfa à payer au titre de l’entretien compteur, pou ‘ant nous n’avons pas d’eau depuis six mois », s’indigne Bertine, une habitante du lieu-dit Cité des Merveilles. Oscar Messanga, un responsable ‘ s de Camwater, joint par téléphone vendredi 17 janvier 2020 à 15h13, n’a pas souhaité faire de commentaire sur le sujet. «Nous ne sommes pas habiletés à vous répondre sans l’aval du directeur général de Camwater ou du délégué régional du Centre qui est à Mbalmayo», a -t-il avancé, sans plus.



Les populations de Makénéné, elles, souffrent le martyr à la recherche de l’eau potable. Une équation très difficile àYé-soucre au quotidien. D’ailleurs, même lorsque les robinets sont en activité, i’eau n’a jamais coulé pendant un mois sans interruption, apprend-on. Les ménagères se plaignent aussi de ce que l’eau de Camwater a toujours une apparence rougeâtre.

«Nous ne buvons pas cette eau-là. On laisse reposer un peu et on l’utilise pour le ménage. Ici, on boit plus l’eau du forage ou de la source. Certains se ravitaillent au marigot », déplore Claudiane Ngueyiwa, une habitante du lieu-dit Est. La jeune dame fait savoir que les maladies hydriques sont monnaie courante dans la localité. Pour son seul cas, elle confie avoir fait plusieurs tours à l’hôpital avec ses enfants qui souffraient de typhoïde et de diarrhée.

Pour s’approvisionner en eau de source, les habitants doivent parcourir des kilomètres et affronter les collines. Les deux seules sources accessibles sont localisées dans des ca-caoyères, à plusieurs minutes’ de marche. Une fois sur les lieux, il faut encore faire preuve de patience devant cette affluence constante.

« Il y a une semaine, je suis allée à la source à midi. Il y avait la foule. Je suis retournée à la maison avec mes bidons d’eau à 19h ce jour-là. Nous souffrons beaucoup de problème d’eau à Makénéné», se plaint une commerçante. Il a été plusieurs fois demandé aux populations qui traversent la cacaoyère du Sieur Didier Béné à la quête de l’eau de source, de contribuer à hauteur de 1000 ou 2000 F. Cfa par personne pour l’aménagement du coin.

Il y a une semaine encore, les « chercheurs d’eau » ont reversé chacun la somme de 1000 F. Cfa pour cette opération. Mais avec la sécheresse, le tuyau disposé pour canaliser l’eau des rochers est lui aussi presqu’à sec. Il faut revenir à la bonne vieille méthode. Se servir d’une assiette pour ramasser l’eau. Des travaux sont en cours depuis trois jours sur ce site, ap-prend-on.

L’affluence a diminué, le temps du réaménagement. Face à cette pénurie d’eau, d’autres habitants de Makénéné préfèrent emprunter une moto et se rendre à Nyokon (un village voisin toujours situé sur l’axe Yaoundé-Bafoussam), afin de s’approvisionner en eau de forage. Le prix de la course est de 250 F. Cfa par personne (en aller simple), lorsque le moto-taximan transporte deux passagers à la fois. Mais le voyage coûte bien plus cher si le chauffeur de l’engin à deux roues doit en plus transporter des bidons d’eau.

A deux mois de la journée mondiale de l’eau qui se célèbre chaque 22 mars, Makénéné reste secouée par la pénurie. Une situation vécue dans plusieurs coins du globe. L’Organisation des nations unies (Onu) qui a consacré l’Objectif du développement durable (Odd) n°6 sur le sujet (Eau propre et assainissement, ndlr), relève que « la pénurie d’eau affecte plus de 40% de la population mondiale et devrait augmenter. Les femmes et les filles sont responsables de la collecte de l’eau dans 80% des ménages sans accès à l’eau sur place». L’Onu indique aussi pour le déplorer que chaque jour, 1000 enfants meurent de maladies faciles à prévenir dues aux conditions d’assainisse-ment et d’hygiène.

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