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General News of Friday, 28 August 2020

Source: Le Jour N° 3246

Six mois de vacance : les parents d’élèves inquiets au Cameroun

Assis sur le canapé télécommande à la main, Jacques Ntsama a les yeux rivés vers l’écran de télévision. Il profite de ses vacances. Déjà six mois que le jeune garçon en classe de 4e au lycée de Mballa 2 est confiné à la maison. C’est la résultante de la Covid-19. Comme lui, Grâce, sa grande sœur et Agnès sa sœur cadette, chacun après avoir fait les travaux ménagers s’adonnent au divertissement. Dans cette famille, les activités sont partagées, chacun à une tâche précise afin d’éviter les malentendus entre les frères. « Quand je me lève le matin, je fais le ménage. C’est moi qui suis chargé de faire la propreté dans la maison. Si je n’ai pas un autre programme tout au long de la journée, je reste chez moi pour visionner. Je ne pars pas chez les voisins encore moins en cette période du Coronavirus », confie Jacques. Grâce par contre, joue le rôle de la maîtresse de maison, parce que leur maman a décidé de prendre congé. « Je m’occupe de la cuisine.

C’est moi qui prépare car maman a dit qu’elle se repose un peu. C’est d’ailleurs comme ça chaque vacance », révèle l’ainé de la maison. La vaisselle est l’affaire d’Agnès. Dans cette famille, le planning des activités de vacances est connu de tous. La mère de famille rencontrée sur place, déplore le taux de dépenses qui est revu à la hausse. « Je n’arrive plus à faire des économies, les enfants mangent à toute heure, on prépare chaque jour désormais ce qui n’est pas très aisé pour nous. On se demande comment allons-nous préparer la rentrée scolaire de ces enfants du moment où nous n’avons pas de réserve », affirme Jacqueline Ntsama.


Remise à niveau Autre famille, autre ambiance. Chez les Bono, chacun est libre de faire ce qui lui semble important. La majorité étant les tout petits. C’est leur grand-mère qui s’en occupe. Une institutrice qui, malgré les vacances, ne semble vraiment pas être en vacances. Enseignante à l’école primaire ‘’le Don Japonais’’ à Etoa Meki, la maîtresse du Cours préparatoire (Cp) continue de dispenser les cours à la maison. « Le matin, après le petit déjeuner, je m’assure que chacun prend son bain ; puis après, je les laisse libre pour jouer. En ce moment, je m’en vais faire la cuisine avec Angela celle de 11 ans afin que le repas soit prêt au tour de 15h. Une fois la nourriture prête, ils se lavent et passent à table. Après avoir mangé, je les envoie au lit pour une sieste de deux heures de temps. Je profite également pour me reposer. Vers 19h, j’essaie de faire quelques petits exercices avec eux pendant une trentaine de minutes dans l’optique de les garder en éveil durant cette longue période de vacances », raconte Cécile Bono, mère de famille. Chez les Tido, la décision du ministre interdisant les cours de vacances est venue tout bouleverser. Les enfants étaient déjà inscrits au centre pilote pour les cours de remise à niveau. Mais depuis lors, ils sont abandonnés à eux-mêmes.

« Je suis dépassée. La Covid-19 est venue tout gâter. Malgré que les enfants aient arrêté l’école depuis le mois de mars, j’ai voulu qu’ils se rattrapent en faisant les cours de remise à niveau. Aujourd’hui c’est impossible. Ils sont abandonnés à eux-mêmes. Les dépenses sont énormes. Avant, ils mangeaient en moyenne deux fois par jour ; mais maintenant, ils réclament la nourriture à toute heure. Le repas du matin finit à midi ou à 15h. Il faut un autre menu pour le diner », explique Laure Tido, mère de quatre enfants. Dans les familles mono parentales, assurer la charge complète et s’occuper des enfants n’est pas toujours évidente. Entre le bavardage et les dépenses financières, Marcelle Anoko, mère de trois enfants relate son quotidien : « Tout au long des vacances, je m’occupe de mes enfants à la maison. Le matin, ils font les travaux ménagers tels que : nettoyer le sol pour les garçons et laver les assiettes pour les filles. Ils lavent leurs vêtements tous les deux jours. En plus de cela, ils doivent étudier les leçons qu’ils n’ont pas pu faire à l’école.

Durant ces vacances, il y a beaucoup de contraintes notamment le bavardage, les bruits, les dépenses financières. Ils se divertissent avec la télévision, le ludo, le manège, les restaurants, l’ordinateur, la piscine entre autres ». La période de vacances prolongé demeure un moment contraignant pour les parents. Ils doivent relever le défi de subvenir aux besoins, satisfaire les caprices et supporter les jeux bruyants de leurs enfants

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