Vous-êtes ici: AccueilInfos2020 09 08Article 540229

General News of Tuesday, 8 September 2020

Source: Actu Cameroun

Sigipes II : aux origines de l’échec de l’ambitieux projet

Des turpitudes ont émaillé la première phase dont le choix du prestataire qui s’est avéré peu judicieux et d’un déficit d’expertise évident.
Les résultats des audits réalisés à la suite de l’arrêt complet des activités du projet, après échec constaté, ont été portés à la l’attention du président de la République. Comme turpitudes ayant plombé cette phase infructueuse, il est clairement apparu que « les bases sur lesquelles reposaient la première phase de ce projet d’envergure, étaient particulièrement fragiles. Le choix du prestataire s’est avéré peu judicieux, puisque le consortium retenu s’est disloqué avant le début de la phase opérationnelle, et l’expertise dans le domaine requis de la partie restante était sujette à caution. Sa défaillance n’aura donc pas une surprise », révèle le Minfopra.

Bien plus encore, « le mauvais départ du Sigipes-2, était aussi dû aux manquements du cahier îles charges nébuleuses qui a cruellement souffert du déficit d’expertise et de vision de ses rédacteurs », ajoute-1-il.

A cela, se sont ajoutés « des maux qu’il convient sans doute de fustiger pour qu’ils ne se répètent plus. Je veux parler des querelles de personne, des conflits d’intérêts, de la navigation à vue inhérente au non-respect des rétro plannings et aux errements techniques qui ont, entre autres imposé, chemin faisant, un management problématique marqué par la mise à l’écart systématique des sons de cloche dissonants », dénonce Joseph Lé. « Je veux aussi parler de cette relative cacophonie due à l’absence de convergence réelle entre les principaux mandataires en charge du pilotage du projet», conclu-t-il.

Avec cette expérience qui s’est soldée par un échec, l’Etat du Cameroun a décidé de tourner la page du Sigipes II Le président de la République, a instruit d’engager les diligences devant conduire à la conception d’un nouveau projet dans la perspective du développement d’une solution propre à l’Etat du Cameroun. C’est ainsi que le Premier ministre a prescrit une double démarche dont la mise en cohérence des options du Minfopra et du ministre des Finances (Minfi) vise à assurer la conduite harmonieuse du projet et le recours à de nouvelles entreprises pour l’implémentation du nouveau projet. Il est question d’éviter les risques d’une interférence négative avec le passif du contrat, liant l’Etat du Cameroun au Consortium CAC-CBL.

Véritable révolution

Soulignons qu’il avait été prescrit au Minfopra d’engager les démarches nécessaires en vue du recrutement d’un nouvel intégrateur. Celles-ci offrent néanmoins aujourd’hui « l’opportunité de prendre en compte des nouveaux besoins qui n’avaient pas été inscrits dans le cahier des charges de la première opération de mise en exploitation de ce système », souligne Joseph Lé.

En effet, ce cahier des charges n’avait pas pris en compte la biométrie et la dématérialisation des procédures administratives. Des fonctionnalités qui, aujourd’hui, « nous semblent indispensables pour pérenniser les résultats des différentes opérations d’assainissement des fichiers de gestion des agents publics », reconnaît-il.

Enfin, la biométrie a vocation d’améliorer d’une part, le contrôle de l’effectivité de la présence des agents publics à leurs postes de travail, permettant ainsi au gouvernement de mieux combattre les phénomènes tels que l’absentéisme récurrent, la flânerie, les abandons de poste, les absences irrégulières, etc. et, d’autre part, à garantir la fiabilité du fichier des agents publics et de la solde de l’Etat.

Dans la nouvelle vision que le gouvernement a du projet Sigipes, l’automatisation du traitement des dossiers avec ses corollaires que sont la simplification et la mutualisation des ressources informatiques, entraînera une véritable révolution dans la gestion des ressources humaines de l’Etat. Avec le nouveau Sigipes, le Cameroun se donne pour objectif, de faire partie du cercle restreint des pays africains disposant d’un système intégré, pour la gestion des ressources humaines au niveau de l’administration publique. « Il nous a été donné environ 24 mois pour réaliser ce projet », confie le président du Comité.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter