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Actualités of Tuesday, 7 September 2021

Source: Le Messager

Scandales financiers: Ngoh Ngoh et sa clique empochent des milliards des investisseurs étrangers

Ferdinand Ngoh Ngoh Ferdinand Ngoh Ngoh

Attendus de faire fructifier la présence des investisseurs étrangers au Cameroun afin de booster la croissance, des barons du régime, au mépris des textes en vigueur, font la pluie et le beau temps.

Ça chauffe à Etoudi ! C’est un Paul Biya très en colère qui vient d’instruire une enquête sur la curieuse invasion du territoire camerounais, d’investisseurs étrangers indélicats. Mis au parfum de certaines pratiques peu orthodoxes qui ont cours dans ce secteur, le Chef de l’Etat, convaincu que le salut du Cameroun passe forcé- ment par les investissements étrangers et le développement de l’industrie locale, veut quand même en avoir le cœur net. Des sources bien introduites derrière les lambris dorés du palais présidentiel révèlent que l’homme qui a placé son septennat sur les « grandes opportunités », a été informé du gros scandale qui couve depuis quelques années et qui serait pire que le Covidgate.

Mais aussi, que, bien loin du beau rôle qu’on a souvent brandi pour justifier pompeusement le statut de « terre d’accueil » prompte de participer à l'amé- lioration d'un environnement incitatif et favorable aux investissements ou mieux, la kyrielle des mesures susceptibles d'attirer les investisseurs au Cameroun avec pour conséquence la mise en œuvre des codes sectoriels, la situation serait plus critique qu’on ne le prétend.

180 agréments bradés
D’où est partie le courroux du N’nomgui ? Le Messager a appris qu’aucune de ses entreprises (chinoises, libanaises, canadiennes, russes, turcs) qui ont pourtant reçu des agréments de l’Etat, ne se conforment pas aux textes en vigueur en la matière. Plus grave, «pendant cinq ans, elles ont fonctionné sans payer le moindre copeck sur la Tva, sans impôts ou encore moins de frais de douanes.

Soutenues et aidées dans cette sale besogne par Ferdinand Ngoh Ngoh et son réseau mafieux, elles ont plombé l’économie du pays », confie un haut cadre du ministère des Finances. Parmi les secteurs concernés, nos sources parlent de l'agro- industrie, l'industrie chimique, l'habitat social, l'énergie, les infrastructures aéro- portuaires, portuaires et routières, ainsi que le tourisme.

Au total, 180 agréments bradés à des multinationales avec aucune incidence positive sur la survie de notre économie. Résultat des courses, des mastodontes comme Sogea-Satom, acteur majeur du Btp dont l’expertise outre-Atlantique n’est plus à démontrer, sont en passe de quitter le Cameroun. Idem pour le français Razel que certaines sources annoncent également sur le départ. Dans la foulée, une dizaine de géants de l’investissement qui se préparent à claquer la porte à cause de cette politique (asphyxiante) du deux poids-deux mesures entretenue par des barons du régime, obnubilés par le lucre et la soif du pouvoir.

Abah Abah et l’attractivité financière

Pourtant, à l’époque de Polycarpe Abah Abah alors ministre des Finances, des propositions concrètes visant à améliorer les conditions d'investissements au Cameroun pour renforcer l'attractivité financière du pays et nourrir la croissance, avaient été mis sur la table. Il s'agissait de répondre à la demande formulée par Paul Biya sur le sujet en vue de « favoriser l'investissement privé qui est au cœur de toute croissance, renouveler l'engagement d'être davantage aux cotés des acteurs du secteur privé pour faciliter leurs démarches et les accompagner dans la réalisation effective de leurs projets au Cameroun, prendre les mesures prioritaires pour la mise en place à un niveau approprié d'un conseil pour le suivi du financement et de la réalisation des projets identifiés et faciliter l'obtention des visas pour les hommes d'affaires avec dématérialisation des démarches ».

Arrêté puis incarcéré depuis 2008, Abah Abah qui a écopé d’une peine de 25 ans de prison pour des malversations financières au début des années 2000, époque à laquelle il occupait les fonctions de directeur des Impôts, n’a pu pas pu conduire jusqu’à son terme cette lumineuse initiative qui devait rapporter des milliards à l’Etat. Quid de Marafa Ahmidou ?

Le Cameroun prostitué
Cloués à la prison de Kondengui, ce sont désormais les nouveaux puissants du Cameroun qui ont pris le pouvoir et n’hésitent pas à la moindre occasion, de « prostituer » le pays en le sacrifiant à l’autel de leurs intérêts égoïstes. A la manœuvre, Ngoh Ngoh, le chef de file, Séraphin Magloire Fouda, Secrétaire général des services du Premier ministre ; Jean Claude Ayem Mauger, Conseiller technique au Secrétariat général de la présidence de la République et non moins ex bras droit de Jean Marie Atangana. A ce trio maffieux, vient se greffer Marthe Angeline Minja, directrice de l’Agence de promotion des investissements (Api). Ancienne secrétaire générale au ministère du Tourisme, cette dernière se servirait du dispositif d’accompagnement institutionnel reposant sur l’accueil des investisseurs et le système allégé des procédures administratives, pour huiler la mécanique et faciliter la sale besogne à ses « commanditaires » cités plus haut.

Biya par la petite porte ?
Des observateurs avertis de la scène politique camerounaise sont unanimes sur le fait que ces barons du régime dont on connaît l’étendue des frasques, n’ont pour funeste dessein que de provoquer une fin de règne humiliante à Paul Biya. Lui qui leur a pourtant donné toute sa confiance. Le plus intrigant c’est qu’il se susurre dans le sérail que les vrais patriotes et les véritables artisans de la relève de notre économie sont embastillés. C’est le cas d’Abah Abah qui a conduit avec brio, le Cameroun au point d’achèvement de l’initiative Ppte et Marafa Hamidou Yaya (qu’on présente comme un homme d’Etat) est impliqué dans une scabreuse affaire d’avion présidentiel. Pendant qu’Yves-Michel Fotso, le principal mis en cause, a été évacué au Maroc avec l’argent du contribuable pour un suivi médical. Ce, sous les bons soins du Sgpr qui a voulu sans doute lui épargner le même sort que ses coaccusés. Pendant ce temps, l’on assiste à une véritable braderie du Cameroun.

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