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General News of Thursday, 24 September 2020

Source: Actu Cameroun

Scandale: le consulat de Russie au cœur d’une sombre affaire financière

La représentation diplomatique a reçu des milliers de dollars d’une société écran impliquée dans un scandale.

Le vendredi 22 septembre 2006, Armut Services LLP, une société britannique, transfère 1,1 million de FCFA au consulat de Russie à Douala. L’argent est déposé sur un compte de la représentation diplomatique russe ouvert à la filiale camerounaise de la banque Société générale pour rémunérer des « services de consulting ».

Ce même jour, Armut Services envoie aussi 60 000 dollars vers la Guinée Conakry. Là-bas, ce sont toujours les services de la filiale locale de la Société générale qui sont utilisés. La bénéficiaire de la somme est une entreprise guinéenne, Ets Export Drev Prom EDP.


Les « FinCEN Files »
Ces informations, relayées par le journal Le Monde, sont issues de documents bancaires confidentiels, les « FinCEN Files ». Ils sont un exemple de la manière dont les grandes banques peinent à lutter contre la circulation de l’argent sale en Afrique.

Dans la réalité, Armut Services est une société écran. Créée le 9 décembre 2005, elle opère depuis une adresse utilisée par environ 900 autres entités dormantes, selon les documents bancaires issus des « FinCEN Files ». Cette entreprise, dissoute en 2009, est en outre impliquée dans de nombreuses affaires politico-financières.


Le couple Tchuissang
Jean Marie Tchuissang, consul honoraire de la Fédération de Russie à Douala depuis 2004 Son épouse d’origine russe, Irina Leonidovna Tchuissang, est vétérinaire comme lui. Elle se présente sur Facebook comme la fondatrice de l’école internationale russe Galaxy.

Approché le 26 août par Le Monde, Jean Marie Tchuissang dit ne pas connaître Armut Services. Sollicité à nouveau, le consul ne donne pas suite aux questions transmises par courrier.

« Il est difficile d’imaginer qu’une mission diplomatique reçoive des fonds d’une société écran pour une raison légitime, ce qui renforce très clairement les soupçons sur une probable activité financière illicite à travers cette société écran utilisée pour opacifier les transactions », observe Hilary Mossberg C’est la directrice politique de l’ONG américaine anticorruption The Sentry.


La Société générale se dédouane
A l’en croire, les sociétés écrans anonymes sont souvent utilisées par des « acteurs illicites »Mais « il est inhabituel qu’une représentation diplomatique reçoive des paiements d’une société écran, surtout si celle-ci est enregistrée à la même adresse que 900 autres sociétés, notamment en raison du pays où se trouve le consul honoraire et de l’emplacement du consulat », insiste Hilary Mossberg. « Il n’y a tout simplement aucune raison valable pour qu’il reçoive des paiements d’une société écran », conclut-elle, définitive.

Jointe par Le Monde, la Société générale refuse de « commenter, ni confirmer, ni infirmer l’identité de ses clients ou d’éventuelles transactions financières ». Précisant que la lutte contre le blanchiment d’argent est pour lui une « priorité absolue ».

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