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General News of Tuesday, 26 January 2021

Source: Kalara

Scandale : le CONSUPE utilisé pour régler des problèmes de couple

A la suite d'une sanction infligée à une enseignante impliquée dans une fraude d'examens, une équipe du Consupe conduite par l'époux de l'enseignant a été dépêchée à l'Université de Douala. Des griefs "fantaisistes" imputés au responsable de l'institution pour le noircir à son tour.

Bruno Bekolo-Ebe ne serait donc pas en prison parce qu'il est "un mauvais" gestionnaire des fonds publics. Loin de là. L'ancien recteur qui se considère comme "un bouc émissaire" a profité de la clôture des débats dans le procès qu'il a intenté au contrôle supérieur de l'Etat devant le tribunal administratif du Centre pour dévoiler les raisons cachées de ses ennuis judiciaires. Il s'agit selon lui, d'un règlement de compte. Il a fait cette révélation le 19 janvier 2021;


"Ce que je vais dire va peut-être heurter mais je m'en voudrais de ne pas le dire. Il y a un arrière-plan. Cette mission de contrôle a agi de manière parce qu'elle cherchait à régler mon compte. La preuve, les premiers dossiers qu'on m'a demandé de mettre à la disposition de la mission de contrôle étaient les dossiers disciplinaires. Or, le chef de la mission ne peut pas être chef d'un audit dans une institution où il a un intérêt. Son épouse travaillait à l'université de Douala. J'ai sanctionné l'enseignant en question pour participation aux fraudes. Elle aidait les étudiants à refaire leurs copies. La sanction disciplinaire est là. Elle est effective. En 2005, j'ai fait l'objet d'une mission de vérification spéciale ; j'ai reçu une lettre de félicitation du Consupe. En 2007, en deux ans je suis devenu si mauvais gestionnaire ?"

Dans une note d'information rendue publique le 4 février 2014 relayant la quintessence d'une décision du conseil de discipline budgétaire et financière, structure interne du Consupe, M. Bekolo Ebe est reconnu coupable de "27 fautes de gestion" commise à l'université de Douala entre 2007 et 2010 pour un préjudice financier de 2,4 milliards de francs. Il a en outre écopé d'une amende spéciale de 2 millions de francs suivie d'une interdiction d'exercer une fonction publique pendant 5 ans.

Pour sa défense, la semaine dernière, l'ex-recteur s'est dit blanc comme neige. Pendant plus de 6 heures et demi, débout, fouillant parfois une abondante documentation, le vieil enseignant d'économie a passé en revue les différents griefs retenus contre lui...


Choses fantaisistes

Selon M. Bekolo Ebe, les membres de la mission de vérification du Consupe dépêchés à l'Université de Douala en 2011 pour éplucher sa gestion de cette institution et celles de certaines de ses anciens collaborateurs n'ont pas cherché à connaître les différents textes qui régissent les universités publiques au Cameroun. Les justificatifs présentés auprès de la mission étaient soit refusés, soit partiellement acceptés. Il n'a d'ailleurs pas hésité de dénigrer cette méthode de travail. "Voilà comment on travaille au Consupe. Des choses fantaisistes. On expose soit son ignorance, soit le refus d'accepter les preuves. Et quand on accepte le texte, on le prend de manière partielle". La conséquence, le rapport du Consupe est "plein de confusions". "Le problème est que la mission de contrôle comme le rapporteur n'ont jamais cherché à connaître les textes régissant les universités. J'ai été pendant 30 ans responsable d'université. C'est la première fois que je vois cela", indique-t-il.

On reproche à l'ancien recteur entre autres, d'avoir facilité la disparition de 1 million de cahiers de composition, une perte évaluée sans "inventaire de stock". Maissi de s'être arrogé les prérogatives du chef de l'Etat en créant un service informatique et d'y avoir nommé un chef de division. Sur ce grief, l'ex recteur raconte que lorsqu'il est arrivé à l'Université de Douala en 2003, le report des notes comme d'autres tâches se faisaient manuellement. Il a décidé de remédier à la situation. La Coopération française a proposé d'informatiser le système de l'université à deux conditions : payer 300 millions et lui laisser assurer la maintenance du réseau. M. Nekolo Ebe dit avoir décliné l'offre que ses homologues avaient validée. "J'ai considéré ce comme une insulte", indique-t-il expliquant avoir préféré une expertise locale qui n'a coûté que 20 millions de francs. On me reproche d'avoir réglé un problème qui existait depuis 10 ans. Jr ne peux pas être le bouc émissaire des carences de l'Etat".

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