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General News of Thursday, 13 August 2020

Source: Cameroon Info

Sauvages assassinats au NOSO: un prêtre fait de graves confidences sur l'Eglise catholique

Le Prêtre jésuite condamne le silence du clergé sur les atrocités commises dans la partie anglophone, et critique son apathie dans la recherche des solutions pour une sortie de crise. Il n’entend plus rester tranquille et prévoit prochainement un pèlerinage dans plusieurs villes anglophones, prêt à y laisser sa vie, si l’Etat, l’Eglise catholique et les séparatistes ne prennent pas leurs responsabilités.
Y en a marre ! Le meurtre sans scrupule de la jeune dame de Muyuka (Sud-Ouest), est la goutte d’eau qui a débordé le vase. On le perçoit dans les propos du père Ludovic Lado, ce prêtre jésuite et Anthropologue, qui n’a jamais eu de cesse de s’émouvoir des atrocités commises dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Dans une chronique publiée ce jeudi 13 août 2020 sur sa page Facebook, l’homme de Dieu fait le procès de l’Eglise catholique et condamne son attitude apathique dans la recherche des solutions à la crise. Pour lui, le clergé doit se bouger, poser des actions fortes et jouer un rôle conciliateur en pareille circonstance, à l’image de ce que fait l’Eglise dans d’autres pays.

Le père Lado n’entend plus «rester tranquille», et fixe un deadline à l’Eglise et à l’Etat du Cameroun pour démêler l’écheveau en zone anglophone. Il se dit d’ailleurs prêt à mourir pour cette cause. «Si d’ici le mois Octobre 2020, L’Eglise catholique, l’Etat Camerounais et les ambazoniens n’ont rien fait pour le dialogue, la justice, la réconciliation et la paix dans le NO/SO, je ferai ma part. Je n’ai rien à cacher. J’entamerai un pèlerinage pédestre qui m’amènera de Bamenda à Buea en passant par Yaoundé et Douala jusqu’à ce que les belligérants entendent raison et mettent fin à la souffrance humaine dans ces régions», prévient-il.

Chronique du père Ludovic Lado :

JE NE PEUX PLUS RESTER TRANQUILLE

Ludovic Lado SJ

Alors que la crise anglophone sombre dans l’ensauvagement, le dialogue, la justice, la réconciliation et la paix restent les mots-clés d’une solution durable. C’est ce que nous disons depuis le début de cette tragédie qui sombre chaque jour un peu plus dans l’horreur qui crucifie femmes et enfants sous nos yeux. Ma foi de chrétien, prêtre, prophète et roi m’interdit l’indifférence. Notre indifférence est devenue un péché collectif. Je ne peux plus rester tranquille. Mais que vais-je faire ?

L’Eglise catholique au Cameroun a-t-elle assez fait pour mettre la pression sur le gouvernement camerounais et les ambazoniens pour une solution négociée à cette crise ? Je ne le pense pas. Et quand je parle ici d’église catholique, je ne pense pas seulement aux évêques et aux prêtres, mais aussi aux laïcs qui vont à la messe chaque dimanche. Qu’avons-nous fait pour le retour de la paix dans le NO/SO ? Que faisons-nous pour le retour de la paix dans le NO/SO ? Que ferons-nous pour le retour de la paix dans le NO/SO ?

Le 22 mai 2018, les évêques nigérians organisaient une marche pacifique de protestation contre les tueries et prises d’otages dans ce pays. Le 1er mars 2020, La conférence des évêques du Nigeria était en première ligne d’une marche contre l’insécurité et les tueries dans le pays. A chaque fois, le clergé était en première ligne, comme des bergers, suivi de laïcs. C’est ce qu’il nous faut au Cameroun aujourd’hui jusqu’à ce que le gouvernement et les ambazoniens se mettent à la table du dialogue au nom de la justice et de la paix, au nom de la dignité humaine. L’indifférence de l’Eglise catholique au Cameroun est un péché. « Heureux les artisans paix » (Mt 5, 9), « heureux les persécutés pour la justice » (Mt 5, 10), c’est maintenant qu’il faut le vivre concrètement au Cameroun.

Si d’ici le mois Octobre 2020, L’Eglise catholique, l’Etat Camerounais et les ambazoniens n’ont rien fait pour le dialogue, la justice, la réconciliation et la paix dans le NO/SO, je ferai ma part. Je n’ai rien à cacher. J’entamerai un pèlerinage pédestre qui m’amènera de Bamenda à Buea en passant par Yaoundé et Douala jusqu’à ce que les belligérants entendent raison et mettent fin à la souffrance humaine dans ces régions.

Mais je ne prendrai mon bâton de pèlerin que si l’église comme communauté de prêtres, prophètes, et rois, disciples de Jésus Christ, le martyr par excellence, persistent dans l’indifférence après le mois de septembre. Je suis déjà préparé à mourir pour cette cause, s’il le faut. Mieux vaut mourir pour la cause de la justice pour tous que de mourir de Covid-19. Si je venais à croiser la mort lors de ce pèlerinage, Ceci tiendrait alors lieu de mon testament. Sur ma tombe, il suffira d’inscrire : « Heureux les persécutés pour la justice » (Mt 5, 10). L'indignation ne suffit plus. Je ne peux plus rester tranquille.

Ludovic Lado SJ

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