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General News of Wednesday, 29 July 2020

Source: Actu Cameroun

Sanction des chefs traditionnels : Paul Atanga Nji a peur


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Alors que pour leur positionnement politique et public, des chefs à Yaoundé, dans la Mvila et ailleurs ont été sanctionnés, Paul Atanga Nji sert plutôt des avertissements à ceux qui vertement se dressent contre l’autorité de l’Etat à l’Ouest, dans le Nord-ouest, le Sud-ouest et le Grand-nord.
Il ne fait pas bon d’être chef traditionnel, tout degré confondu, dans le Centre, Sud et Est. Et d’oser ramer à contre-courant des instances de Yaoundé, ces derniers temps au Cameroun. Quand ça n’est pas le stylo lourd du ministre de l’Administration territoriale qui s’abat sur le bas de page d’une décision vous destituant, c’est une menace à peine voilé, ou une promesse de destitution de l’autorité administrative qui vous est servie.

Un constat qui peine cependant à être soumis au même équilibre dans d’autres régions du pays. Notamment, à l’Ouest, dans le Nord-ouest, Sud-ouest, et le Grand-nord. Des évènements récents, observés sur le comportement des autorités traditionnelles et les réactions de l’administration, font état d’une situation de deux poids deux mesures, dans la prise des sanctions vis-à-vis de ceux qui se seraient écarté de la norme administrative établie en la matière.

En guise d’illustration, lorsque le 06 décembre 2019, le ministre de l’Administration territorial (Minât), Paul Atanga Nji, destituait de sa posture de chef traditionnel du 3e degré, Marie-Paul Biloa Effa, alors chef du quartier Messa Nkoba’a, dans l’arrondissement de Yaoundé 2e, au motif de sa qualité de militant d’un parti de l’opposition, ayant participé à une manifestation interdite par ses soins.



On venait pourtant d’assister quelques jours auparavant à l’intronisation comme roi, de Field Marshall par des chefs anglophones, sans qu’aucune référence ou autorisation n’ait été faite à l’endroit de l’administration. La réaction du Minât est jusqu’à date, maintenue. Une situation qui a poussé l’économiste et consultant médiatique Dieudonné Essomba à réagir sur un plateau de télévision.

Deux poids – deux mesures
«Il y a là deux poids – deux mesures. Nous avons tous vu en direct des chefs traditionnels anglophones ériger Field Marshall en roi. On a attendu que le Minât sanctionne ce chef. Est-ce qu’il l’a fait? Même chez lui dans son propre village il ne peut pas mettre les pieds sans être entouré d’une garde armée. Qu’est-ce qu’il fait là-bas?».

Autre lieu, autre écart de comportement. Du haut de sa stature de doyen des chefs traditionnels de l’Ouest Cameroun, le chef Bamendjou Jean Rameau Sokoudjou, n’est pas allé du dos de la cuillère pour fustiger «l’unité nationale», cheval de bataille du président de la République Paul Biya, contre laquelle il s’est voulu libre et libertin en déversant toute sa colère contre les efforts du pouvoir à asseoir un véritable «vivre ensemble» entre les fils et filles du Cameroun.

Cette sortie effectuée à la veille de la célébration de la fête nationale du 20 mai 2020, fête par excellence de l’unité nationale, qui en cette année n’a pas connu de parade militaire et civile pour cause de la pandémie du Coronavirus, n’a reçu qu’un simple avertissement de la part du Minat.

Tandis que pour avoir jugé le don présidentiel anti-Covid insuffisant, le sexagénaire chef de village de Minkan dans la Mvila, a subi les affres du préfet de cette circonscription administrative, qui n’a pas hésité à lui brandir la menace d’une destitution de son poste de chef traditionnel. La facilité de la sanction sur l’autorité traditionnelle des régions du Centre, Sud et Est tend à fragiliser cette position dans ces parties du pays, qui pourtant voue aussi un certain respect à ses dépositaires du pouvoir ancestral.

Le phénomène des coupeurs de route et de l’intrusion de là secte terroriste Boko Haram dans le grand Nord, a souvent lui aussi mis en lumière la complicité de plusieurs chefs traditionnels avec les fauteurs de troubles et les ennemis de la République. Et pourtant, il n’a jamais été question de destitution de l’autorité traditionnelle dans cette partie du pays, où on accorde une place particulière à ces auxiliaires de l’administration.

Il est cependant clair qu’être chef traditionnel, ne fait de personne un exempt des lois et règlements de la République. Il est judicieux, simplement, que les encadrements administratifs ainsi que les sanctions y afférentes, fassent preuve d’équilibre, afin que toutes les autorités traditionnelles. soient prises avec la même considération devant les lois de la République.

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