Vous-êtes ici: AccueilInfos2018 12 12Article 452495

General News of Wednesday, 12 December 2018

Source: Detective No 1068

Sérail: les non-dits de la reunion de 3 heures entre Biya et Gilles Thibault

Une audience record, diraient certains ; un privilège, diraient bien d’autres. Dans un intervalle commun à ces diverses opinions, la forte densité et le bel état de santé de la longue coopération bilatérale entre le Cameroun et la France.

Près de trois heures d’horloge ! C’est le temps qu’a duré, jeudi 6 décembre en début d’après-midi, l’audience accordée au palais de l’Unité par le président de la République, Paul Biya à l’ambassadeur de France au Cameroun, S.E. Gilles Thibault. Signe sans doute de la densité et de l’importance des sujets évoqués. «Nous avons abordé de nombreux sujets. Nous avons refait le panorama de la coopération existant entre nos deux pays», a indiqué le diplomate français à l’issue de l’échange.

Tout ou presque a été passé en revue au cours de cet échange. Il a été question de l’économie avec, comme l’a révélé l’ambassadeur de France, le projet de construction du barrage hydro-électrique de Nachtigal sur le fleuve Sanaga : «Il y a de grandes avancées avec la clôture de ce projet marqué par la conclusion de l’actionnariat de NHPC (Nachtigal Hydro Power Company, Ndlr)». En référence à la signature, le 8 novembre 2018 à Paris en France de l’accord pour la construction de cette infrastructure qui doit fournir 420 Mw d’énergie supplémentaire au Cameroun.

«Ceci permettra un développement très important du pays», a reconnu le diplomate français. Comme cela a toujours été le cas chaque fois au cours de leurs rencontres, des questions de sécurité ont meublé les échanges entre le président Paul Biya et S.E. Gilles Thibault : «Comme toujours, les questions sécuritaires ont été à l’ordre du jour. La France reste, comme le Cameroun, très engagée dans la lutte contre le terrorisme», a-t-il indiqué, mentionnant spécifiquement la situation dans la partie septentrionale du Cameroun et celle des deux régions du NordOuest et du Sud-Ouest. Sur ce dernier volet, le diplomate français a salué la création il y a quelques jours par le président de la République, du Comité national de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants.

LIRE AUSSI: Voici comment l'UA veut se débarrasser de Paul Biya

Tour d’horizon de l’actualité

La création du Comité présidé par Faï Yengo Francis, président du Conseil d’administration du Bureau national de l’état-civil (BUNEC) et ex-gouverneur de région, «augure de perspectives nouvelles» pour ces deux régions, selon le diplomate français. Car, enchaîne-t-il, «la force ne peut pas être l’unique solution et seul le dialogue peut permettre de résoudre des difficultés». S.E. Gilles Thibault salue une mesure qui, ajoutée à la mise sur pied d’un plan humanitaire d’assistance, peut permettre d’entrevoir le bout du tunnel dans la crise actuelle qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest.

A noter qu’avant cette sortie de l’ambassadeur de France, les Etats-Unis ont, de leur côté, exprimé les préoccupations relatifs aux combats incessants dans le Nord-ouest et le Sud-Ouest. Au plan sous-régional, la situation dans les pays voisins du Cameroun, et particulièrement en République centrafricaine, où la France et le Cameroun n’ont eu de cesse d’œuvrer pour un retour définitif à la paix, n’a pas été oubliée. De même que le Gabon pour lequel, a-t-il fait savoir, le président de la République s’est félicité de l’évolution de l’état de santé du président Ali Bongo Ondimba, actuellement en convalescence au Maroc. Le chef de l’Etat et son hôte ont naturellement souhaité un prompt rétablissement au président gabonais.

Et puis, last but not the least, la situation sociopolitique en France : «Le président m’a interrogé sur le mouvement des gilets jaunes qu’il a suivi comme tous les Camerounais avec intérêt, en essayant de comprendre ce qui allait se passer. Je lui ai fait le point des mesures qui ont été annoncées par le Premier ministre français, avec l’ouverture d’un dialogue qui a été difficile à établir», a conclu S.E. Gilles Thibault face à la presse. Des sujets et d’autres qui, de son point de vue, nécessitaient qu’il consulte aussi longuement le président de la République, trahissent le rapprochement qui existe entre la France et le Cameroun.

Une coopération dense et variée

Les relations franco-camerounaises sont anciennes et denses. Les deux pays développent une coopération civile très importante et multiforme (gouvernance, santé, éducation, infrastructures, développement rural, environnement, enseignement supérieur, recherche et culture). A plan économique par exemple, il est constant que les exportations françaises vers le Cameroun ont atteint 537 millions d’euros en 2017, tandis que les importations françaises depuis le Cameroun se sont élevées à 476 millions d’euros en 2018.

LIRE AUSSI: Urgent: Paris cherche un dauphin à Paul Biya

Très diversifiée, la présence économique française au Cameroun est le fait d’une centaine de filiales et d’environ 200 entreprises appartenant à des ressortissants français. Le stock d’IDE français au Cameroun s’élevait à 796 millions d’euros en 2016, en baisse de 3,5% sur un an. Depuis 2006, la coopération française au Cameroun repose notamment sur le Contrat de désendettement et de développement (C2D), mécanisme de refinancement par dons des échéances dues dans le cadre de la dette.

Le troisième C2D a été signé le 30 juin 2016 pour un montant de 611 M€ sur 8 ans et se répartit selon, entre autres thématiques, agriculture et développement rural (182 M€), infrastructures et aménagements urbains (156,5 M€), aide budgétaire (185 M€, dont une partie sera consacrée au secteur de l’éducation), réserve dont l’affectation sera décidée lors de la revue à mi-parcours (61,8 M€), appui à la gouvernance (9,8 M€), appuis transversaux et partenariats (16,38 M€).

Sécurité et défense

Par ailleurs, l’Institut français du Cameroun, avec ses deux sites à Yaoundé et Douala, constitue l’outil privilégié de la coopération française dans les domaines culturel, linguistique, universitaire et de recherche.
La France entretient avec le Cameroun une importante coopération de sécurité et de défense, qui porte essentiellement sur la formation, notamment dans le cadre d’écoles nationales à vocation régionale telles que l’Ecole supérieure internationale de guerre (ESIG) de Yaoundé.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter