Vous-êtes ici: AccueilInfos2020 04 16Article 505591

General News of Thursday, 16 April 2020

Source: cameroonvoice.com

Sérail: des détenus dérangeants livrés au coronavirus à Kondengui

Salué dans un premier temps par une frange de l’opinion publique comme une réponse au soulèvement lundi des détenus de la prison centrale de Yaoundé, qui protestaient contre l’absence de mesures pour les protéger contre la pandémie du Coronavirus qui a déjà fait des morts dans leurs rangs, le décret présidentiel N° 2020/193 du 15 Avril 2020 portant commutation et remise des peines, fait déjà l’objet d’une remise en question liée à la formulation de son article 4 (Voire fac-similé du décret).

A tort ou à raison, des analystes estiment que le texte présidentiel aurait manqué une occasion historique, celle de solder subtilement la question épineuse du maintien en détention “inique” des prisonniers politiques toujours détenus pour leur soutien réel ou supposé à son adversaire Maurice Kamto, libéré quant à lui en octobre 2019, suite aux pressions de la communauté internationale, notamment du président français, Emmanuel Macron.

« On a cru que Paul Biya qui est “insensible à toute pression”, selon ses laudateurs, fléchirait pour des raisons humanitaires et décidera de ne pas laisser le règlement de comptes politicien l’emporter sur le sens du qu’en-dira-t-on qui sommeille en chaque être humain et qu’il se dira, “tant qu’à faire, maintenant qu’ils peuvent décéder du coronavirus en prison et me mettre dans la situation inconfortable d’assumer la responsabilité morale de leur mort, autant libérer les prisonniers politiques dont je sais qu’ils ont été condamnés à la va-vite par ma justice pour que je ne perde pas la face” ».

A en croire ces personnes qui auraient espéré voir d’illustres prisonniers politiques tels Mamadou Yacouba dit “Mota”, Wilfried Siewe, Serge Nana Branco… recouvrer la liberté dans les heures ou jours à venir, « Biya et ses conseillers ont, comme à leur habitude, préféré faire la part belle à des détenus qui potentiellement dangereux pour la société si la bride leur est lâchée, certainement parce que dans les moments où ils étaient confrontés à la fronde des prisonniers politiques de la crise anglophone et de la crise postélectorale, c’est beaucoup plus parmi les condamnés à la peine capitale et à la prison à perpétuité que le régime recrutait ceux qui allaient soit semer le désordre dans la prison pour faire accuser les prisonniers politiques, soit mettre en pratique les représailles programmées contre ceux-ci, afin que l’administration pénitentiaire ne soit pas mouillée au-delà d’un certain seuil. Beaucoup reçoivent par ces commutations de peine-libération, le salaire du sale boulot qu’ils ont abattu pour le compte du régime au début du séjour carcéral des partisans de Kamto et des activistes anglophones. ».


President Paul BIYA
?
@PR_Paul_BIYA
Décret portant commutation et remise de peines à certains prisonniers.#PaulBiya#Cameroun

Même ceux qui ont un avis plus nuancé et pour qui « la loi étant impersonnelle d’autres prisonniers se retrouveront dans la même situation, non par calcul politique, mais par le hasard de la formulation des termes du décret présidentiel qui n’était pas non plus ciblée a priori », le fait de « n’avoir pas introduit une clause permettant de remettre en liberté une fois pour toutes les prisonniers politiques du MRC dont le maintien en détention est un véritable boulet pour le régime, prouve que ceux qui ont rédigé et signé le décret pour donner le sentiment que le président est actif et réceptif aux sollicitations de ses compatriotes de toutes les couches, ne se sont toujours pas départis de leur méchanceté ».

Et tous de souhaiter qu’il ne s’agisse que d’une mauvaise interprétation par eux du décret présidentiel, pour faire mentir ceux qui disent que le pouvoir continue de maintenir Mota, Siewe, Nana et leurs camarades en prison pour que le Coronavirus se charge du travail qu’il ne peut faire lui-même sans s’exposer aux reproches acerbes des opinions nationale et internationale.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter