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General News of Tuesday, 12 May 2020

Source: dailynewscameroon.com

Sérail : combats mortels au sein du gouvernement du Dion Ngute

Rapport d’enquêtes sur les tueries de Ngarbuh dans la région du Nord- Ouest, publication du gouvernement des réseaux sociaux, controverse autour de l’authenticité des estampilles du président de la République, bras de fer et pièges autour du don de l’opération «Survie-Cameroon», rapports erronés sur les forces de défense, mémorandum du grand Nord…

Comment les membres de l’establishment se marchent dessus dans la perspective du prochain remaniement ministériel…

Qui aura la tête de qui dans le prochain remaniement ministériel qui se profile ?

C’est la pernicieuse équation que tentent de résoudre certains pontes du régime depuis que l’once silencieuse d’un remaniement traverse les cercles du pouvoir.

Depuis quelque temps, une conjonction de faits corse la frilosité entre les personnalités du pouvoir qui, à travers actes et insinuations, semblent se livrer à un véritable jeu de massacre entre eux, avec en toile de fond, des velléités de noircissement de l’image de certains collaborateurs du régime.

Une situation exacerbée par le silence prolongé du président Biya, le «faiseur des créatures», qui donne à penser que certains membres de l’establishment seraient à la merci de quelques responsables mieux placés en mal d’accentuer leur influence dans le système.

C’est la publication le 21 avril 2020 d’un communiqué du Sgpr – le secrétaire général de la présidence de la République, relatif à l’enquête ouverte sur les tueries, le 14 février, de Ngarbuh, une localité de la région du Nord- Ouest, qui a servi de révélateur à cette «épuration larvée», pour reprendre les termes d’un faucon du système, au sein du sérail.

Et pour cause, le communiqué de Ferdinand Ngoh Ngoh, agissant «sur hautes instructions du chef de l’Etat», selon la formule consacrée, jette sournoisement aux orties certains membres du gouvernement.

S’il avait le mérite de faire la lumière sur les contours du meurtre d’une vingtaine de personnes présumées à la suite de l’intervention musclée des forces de défense contre une base logistique des combattants séparatistes dans la localité de Ngarbuh, pour bien d’observateurs avertis, les termes de ce communiqué recelaient des accusations feutrées à l’égard de certains membres du gouvernement.

En effet, mieux que la vérité qui en découlait, c’est la célérité et les précisions des indications y contenues qui sonnaient le camouflet pour au moins trois ministres qui, préalablement, avaient pris des positions contraires.

Certains ont mis en avant la pression des organisations internationales et des pays étrangers pour expliquer la clarté et les précisions du régime sur ces tristes événements.

Néanmoins, pour les analystes éclairés, ce régime cède rarement aux pressions, de nombreuses situations non élucidées trahissant l’indifférence parfois narquoise des autorités camerounaises aux tentatives d’ingérence dans les affaires intérieures de l’État.

POSTE DE SGPR

Inédit pour être relevé, le libellé du communiqué de la présidence de la République ne s’entoure d’aucune diplomatie pour reconnaître la responsabilité des forces de défense dans les tueries de Ngarbuh, évoquant le nombre de 13 morts, à l’antipode des cinq préalablement affirmés par le gouvernement, au risque de crédibiliser la thèse des organisations internationales de défense des droits humains, à l’instar de Human rights watch, Ocha ou International crisis group, vilipendées par les autres membres du gouvernement.

Une communication qui, au-delà des vérités qu’elle recèle pour d’aucuns, tançaient les ministres Paul Atanga Nji de l’Administration territoriale, René Emmanuel Sadi de la Communication et Joseph Beti Assomo de la Défense. «Tous trois jetés aux orties par une sortie, sans la moindre protection de la part des responsables de la présidence de la République, alors que la solidarité gouvernementale aurait exigé un bémol dans ces révélations incendiaires», à en croire certains analystes.

Qui plus est, ce communiqué semblait fouler aux pieds les sacro saint principe de la protection des forces de défense dans une guerre asymétrique qui avait laissé sur le carreau cinq combattants loyalistes.

Dans la suite de cette sortie du Sgpr, une désinformation a inondé les réseaux sociaux, faisant état de la mise aux arrêts d’un prétendu officier des forces de défense, le présumé nommé Jacques Tchenem Valkossa, présenté comme capitaine en service au quatrième Bataillon d’intervention rapide Amphibie, pour avoir ôté la vie à une femme et ses trois enfants, sur ordre du Mindef. Il aura fallu le démenti formel du capitaine de frégate Cyrille Serge Atonfack Guemo, chef de division de la communication du Mindef – ministère de la Défense, pour que l’opinion ne gobe pas cette autre affabulation. Depuis lors, des accusations qualifiées par certains de pernicieuses, sont portées à l’encontre des forces de défense du Cameroun, pourtant présentées comme républicaines et très professionnelles.

La récurrence de ces flèches amène certains analystes à trouver en Joseph Beti Assomo, la véritable cible de cet activisme. Il n’est pas indifférent de noter que la redondance de ces accusations intervient au lendemain de la publication dans certains journaux, dont le très sérieux hebdomadaire d’enquêtes La Nouvelle, d’un gouvernement en circulation dans certains milieux haut-placés.

Dans ce gouvernement repris par les activistes des réseaux sociaux, Joseph Beti Assomo est présenté comme le futur Sgpr. Suffisant pour que des exégètes de l’analyse politique concluent que le véritable enjeu de ces sorties épistolaires contre les forces de défense serait de démontrer une certaine incompétence de l’actuel Mindef, au cœur de la convoitise autour du poste de Sgpr qui pourrait échapper à un certain clan au profit d’un autre. Quelques esprits retors verraient d’ailleurs dans une éventuelle promotion de Joseph Beti Assomo, qu’on dit bien aimé du chef de l’État, le retour en force du clan d’Akonolinga, celui de l’ancienne première Dame du Cameroun, subo- dorant au-delà des guéguerres de positionnement actuels, des manœuvres de contrôle du pouvoir dans la perspective d’une éventuelle vacance.

La concomitance de ces batailles larvées avec l’annonce récemment répandue de la probabilité de passation du pouvoir entre le président Biya et son fils Frank, qui a fait florès dans les réseaux sociaux et les milieux autorisés, suffisent à convaincre certains esprits de la pertinence de ces analyses. Réagissant à la publication du communiqué de la présidence sur les tueries de Ngarbuh, le très introduit magazine panafricain Jeune Afrique, dans sa page Web, reconnaissait en substance que si la publication des résultats de cette enquête est vue d’un bon œil par de nombreux acteurs de microcosme politique camerounais, en revanche, son contenu masque des desseins de manipulation de l’opinion. En faveur de qui ? Question de conscience… DCC/SGPR

Mais il n’y a pas que la convoitise pour le poste de Sgpr qui explique la frilosité qui semble gagner les rangs des apparatchiks du pouvoir.

À l’occasion des dernières élections municipales dans le Dja et Lobo par exemple, l’opinion avait assisté, médusée, à une guerre quasi frontale entre deux frères du président, pour le contrôle de la mairie de Sangmélima. Si le poulain du ministre Louis Paul Motaze avait réussi à s’installer dans le fauteuil de maire de Sangmélima après l’arbitrage du chef de l’État, il n’en demeure pas moins que ce dénouement avait fait mousser des rumeurs sur la prochaine éviction de Louis Paul Motaze du prestigieux poste de Minfi – ministre des Finances, dans le souci que les introduits reconnaissent à Paul Biya, de savoir trancher la poire en deux en cas de conflit entre ses protégés.

À tout le moins, l’affaire révélait la volonté de Samuel Mvondo Ayolo, que ses proches présentaient pourtant comme un homme désintéressé, à imprimer ses marques dans la gestion et le contrôle des affaires de l’État, à l’image de son prédécesseur que beaucoup présentaient comme le véritable dépositaire du pouvoir à Etoudi.

D’ailleurs dans l’affaire de leadership qui opposait l’ancien Pca de l’Art – l’Agence de régulation des télécommunications à son directeur général, c’est bien à lui que s’était référé Hassana Mahamat pour s’expliquer, et vraisemblablement pour chercher protection. Son éviction, il y a une dizaine de jours, fait dire à quelques observateurs que le Dcc – le directeur du cabinet civil, manquerait de poigne dans ce jeu de contrôle des mailles du pouvoir, laissant transpirer au sein de l’opinion un autre hypothétique conflit larvée entre le Dcc/Sgpr, ce dernier ayant finalement eu le dernier mot dans la solution de la crise qui gangrénait l’Art.

En somme, dans ce sombre jeu de conservation du pouvoir ou de liquidation de certains acteurs du pouvoir, la raison ne semble pas être le baromètre des actions des gouvernants, si l’on en croit certaines analyses.

D’aucuns perçoivent ainsi dans le bras de fer entre Atanga Nji et Maurice Kamto, au sujet des dons de l’initiative Survie-Cameroun du Mrc, les relents de ce maquillage politicien. «En refusant de recevoir ces dons, qui s’inscrivent dans une démarche illégale, bien que guidés par des enjeux humanitaires en cette période de crise, Atanga Nji et Malachie Manaouda ont su éviter un piège ouvert par les responsables du Mrc à l‘encontre de certains membres du gouvernement», d’après certains analystes.

Un piège qui va s’ouvrir dès cette semaine sur Laurent Esso, invité par l’association Survie-Cameroon à recevoir ces dons aux allures d’un paquet empoisonné, pour leur dis- tribution au sein des prisons camerounaises.

Les relents de cette offre insidieuse divisent jusqu’au sein de l’exécutif municipal de Monatélé où, à l’instigation masquée de quelques élites du pouvoir, la donation est jugée irrecevable, en dépit de son caractère prétendument altruiste.

Lorsqu’on y ajoute le nouveau mémorandum du grand Nord qui écume les cercles sélects du pouvoir, ou la polémique plus ou moins fondée sur l’authenticité de certaines signatures d’actes attribués à Paul Biya ces derniers temps, beaucoup en viennent à conclure que les opérateurs politiques sont englués dans un sombre jeu de massacre, favorisé par le silence et le mutisme de l’arbitre suprême du jeu, dont l’attentisme continue d’alimenter des rivalités pernicieuses.

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