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General News of Tuesday, 26 January 2021

Source: Actu Cameroun

Sérail : Paul Biya doit verser 57 milliards à Michel Thierry Atangana

L’homme d’affaires français d’origine camerounaise fait un bras de fer avec Yaoundé après dix-sept ans de détention dans le pays.

Une proposition de loi largement inspirée du cas de Michel Thierry Atangana doit être prochainement présentée à l’Assemblée nationale française. L’on apprend alors qu’en coulisses, l’homme d’affaires s’est lancé dans un tout autre combat, celui de la reconnaissance des créances de l’Etat camerounais envers le Comité de pilotage et de suivi des travaux routiers (Copisur), dont Atangana assurait la vice-présidence jusqu’à son incarcération en 1997.

En effet, en 1992, le gouvernement camerounais met en place le Coposur, il s’agit d’un mécanisme de financement mixte qui devait notamment permettre d’engager plus de 200 milliards de CFCA des financements d’entreprises privées dans plus d’une dizaine de projets routiers dans le pays. Le 12 mai 1997, Michel Thierry Atangana est interpellé puis condamné à quinze ans de prison pour des faits de « détournement de fonds publics et complicité de trafic d’influence« .

DGSN

L’homme d’affaires conteste cette accusation. Sa défense dénonce toujours une procédure politique, du fait de sa proximité avec l’ancien challenger direct de Paul Biya, Titus Edzoa, mis aux arrêts peu de temps après M. Atangana. Il est libéré en 2014, après 17 années de prison. L’arrêt du Copisur s’était fait non sans casse.

« Le 27 décembre 2012, un rapport confidentiel diligenté par la présidence camerounaise auprès de l’influente DGSN (Délégation générale à la sûreté nationale) avait ainsi tenté de chiffrer « les enjeux financiers cachés de l’affaire Atangana » (voir notre document). Directement piloté par le patron de la DGSN de l’époque, Mengueme Bane, et adressé au secrétaire général de la présidence, le document évaluait la créance de l’Etat camerounais à près de 278 milliards de francs CFA (423 millions d’euros) », relève Africa Intelligence.

Antoine Vey

« La DGSN s’inquiétait dans le même temps de possibles procédures quant à des demandes d’indemnisation. Pour sa part, l’homme d’affaires français d’origine camerounaise réclame à Yaoundé plus de 57 milliards de francs CFA de compensation (86,7 millions d’euros). Pour arriver à ce chiffre, la défense d’Atangana – assurée par l’avocat parisien Antoine Vey, longtemps associé à l’actuel ministre français de la justice Eric Dupond-Moretti se base notamment sur un rapport d’analyse du groupe de travail interministériel de mars 2017 », poursuit le journal français. De source bien introduite, des tentatives de négociation ont été lancées discrètement depuis deux ans, avec la présidence de la République, elles se soldés par les échecs.

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