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xxxxxxxxxxx of Wednesday, 21 October 2020

Source: Camerounweb.com

Sérail : Louis Motaze fragilisé par les frasques d'Amougou Belinga (Jeune Afrique)

Le magazine panafricain Jeune Afrique, évoque dans cet article les batailles des éléphants au sein du RDPC lors des prochaines élections régionales. Le ministre Motaze se serait mis en retrait du processus parce que fragilisé par les frasques de l’homme d’affaires Amogou Belinga, nous apprend le journal.


Lors des régionales du 6 décembre, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) sera seul en lice dans les quatre départements de la région du Sud, fief du chef de l’État, Paul Biya. Mais les tensions n’en sont pas moins fortes au sein même du parti au pouvoir.

Quatre départements. Quatre listes. Toutes du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Dans la région du Sud, l’observateur non-averti conclura aisément à une absence de suspense lors des élections régionales du 6 décembre prochain. Pourtant, l’élection du futur président du conseil régional d’où est originaire Paul Biya a bel et bien fait monter les tensions à l’intérieur de la formation au pouvoir.

« Au-delà de Paul Biya, le Sud doit se trouver un patron d’envergure qui puisse y tenir ses réseaux », résume un connaisseur du RDPC. Depuis les décès, en 2010 et 2019, de Ferdinand Léopold Oyono et Martin Belinga Eboutou, anciennes éminences grises du chef de l’État, et l’emprisonnement du ministre Edgar Alain Mebe Ngo’o, la région se cherche un leader au plus près du « patron », au cœur même du palais présidentiel.

Le ministre de l’Enseignement supérieur et secrétaire national à la communication du RDPC, Jacques Fame Ndongo (69 ans), tient la corde. Il a l’oreille de Paul Biya et se place déjà en véritable tour de contrôle du Sud, comme peut l’être Jean Nkuete pour l’Ouest. Il a placé des proches sur les listes de candidats aux régionales, comme Jean-Jacques Ndoudoumou, ex-directeur général de l’Agence de régulation des marchés publics.

Édouard Akame Mfoumou veut placer ses hommes
Mais Jacques Fame Ndongo n’est pas le seul à vouloir asseoir ses réseaux au Sud pour rayonner à Yaoundé. Certes, le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, semble se tenir en retrait, fragilisé qu’il est par les déboires du patron de Vision 4, Jean-Pierre Amougou Belinga. Le directeur du cabinet civil du président, Samuel Mvondo Ayolo, resté longtemps à l’étranger en tant qu’ambassadeur, ne s’est lui non plus pas impliqué directement.

Mais Édouard Akame Mfoumou (75 ans), ancien secrétaire général de la présidence et ex-ministre de l’Économie et des Finances, se voit en revanche lui aussi en patron de la région. Frère cadet de Jean Foumane Akame, ex-conseiller de Paul Biya décédé en 2019, il a envisagé de se présenter aux régionales dans le département du Dja-et-Lobo afin de prendre la présidence du futur conseil. Mais certains proches l’en ont finalement dissuadé.

« Akame Mfoumou est à la recherche d’un poste à Yaoundé, ministre d’État, secrétaire général du RDPC ou de la présidence…, commente notre source. Mais il a besoin de placer ses hommes dans le Sud ». Il compte notamment sur Samuel Minko, ancien directeur général de Cameroon Airlines (candidat dans l’Océan, autour de son fief de Kribi) ou sur l’ex-ministre de l’Administration territoriale Samson Ename Ename (dans le Dja-et-Lobo).

Ce dernier, ex-secrétaire général de l’Assemblée nationale (il avait limogé en 2008 après s’être opposé au président de l’Assemblée, Cavayé Yéguié Djibril), a aussi l’avantage de bénéficier d’un lien direct avec Paul Biya, dont il est proche parent. Les deux hommes sont originaires de Mvomeka’a (Dja-et-Lobo), où le chef de l’État s’est construit une résidence qu’il occupe une partie de l’année.

Un « lion » en embuscade ?
« La présidence devrait se jouer entre Samson Ename Ename et Samuel Minko », pronostique un habitué des joutes du RDPC. D’autant que d’autres figures régionales, pressenties candidates à ces élections, ne s’alignent finalement pas, telles que l’ancien ministre et porte-parole des élites de la Vallée-du-Ntem, Emmanuel Edou, ou Guy Roger Zo’o Olouman, l’ex-délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine d’Ebolowa.

Eric Gervais Ndo, ancien maire de la commune numéro deux d’Ebolowa et tête de liste dans la Mvila (département d’origine de Jacques Fame Ndongo), espère se faire une place dans la prochaine instance régionale, tout comme Emmanuel Mve Elemva, ex-capitaine de l’équipe nationale de football. Ce dernier est membre du comité central du RDPC et de sa délégation pour la région du Sud, aux côtés de Fame Ndongo et Édouard Akame Mfoumou.

Emmanuel Mve Elemva espère s’imposer comme leader de la Vallée-du-Ntem (dont est également originaire Akame Mfoumou) et prendre la « succession » de l’ancien « patron » de ce département le plus méridional du pays, Emmanuel Gérard Ondo Ndong. Ce dernier, condamné en 2007 pour détournement de fonds publics à 50 ans de prison (peine réduite en 2014 à 30 ans), est aujourd’hui en détention au secrétariat d’État à la Défense (SED).

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