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Actualités of Monday, 26 July 2021

Source: Horizons Nouveaux Magazine - N° 144

Séjour de Biya à Genève : barbarisme sans frontière ou le choc des cultures

Des manifestants anti-Biya en Suisse Des manifestants anti-Biya en Suisse

Les camerounais en particulier et le monde entier viennent de vivre un fait inédit lors du dernier séjour du président Paul Biya à Genève en terre suisse.

Un événement au cours duquel l’on a vu en mondovision se côtoyer la haine et la violence motivées par des considérations tout simplement identitaires par à peine une centaine de compatriotes sur les 25 millions de camerounais vivant au pays et dans le monde entier.

Au-delà de tout l’habillage pour des raisons ou d’autres que l’on peut prêter aux auteurs de cette barbarie à ciel ouvert, il faut avoir le courage de rappeler que 99% des meneurs des scènes surréalistes qui nous ont été offertes sont originaires de la même aire sociologique. Ce qui à l’analyse de cette dérive comportementale est loin de relever du hasard pour l’observateur averti qui s’intéresse à l’anthropologie et autres sciences sociales. Depuis les années 1990 à la faveur des villes mortes que le Cameroun a connu à l’entame de la démocratisation de la vie publique en passant par la dernière élection présidentielle de 2018 au cours de laquelle l’un des candidat a pratiquement érigé le repli identitaire en programme de société, le rejet de l’autre ne s’est jamais autant bien porté comme c’est le cas ces derniers mois avec cette manifestation tonitruante comme ce fut le cas il y a quelques jours en Suisse.

Tenter de comprendre l’explosion de ce phénomène n’est autre qu’une contribution à la construction d’un sentiment d’appartenance à une nation camerounaise qui semble interpeller plus que hier, chaque compatriote dans une démarche participative visant à surmonter les démons de la division qui semblent désormais reprendre du poil de la bête dans un pays où la notion du vivre-ensemble est plus que jamais menacée et dangereusement mise à mal.

Au-delà de tout argumentaire défendu par cette horde d’activistes sans frontière, il faudrait prendre un compte un aspect important à caractère patrimonial qui en réalité, constitue leur principale motivation. Il s’agit à n’en point douter de la privation pour ceux-ci, d’honorer librement les mânes de leurs ancêtres à travers le sacro-saint culte du crâne propre à leurs us et coutumes. Un élément fédérateur central à travers lequel tous les membres de cette communauté sont soumis de génération en génération et qui garantit aux adeptes, des bénédictions à défaut des malédictions.

Or, au lendemain des programmes d’ajustement structurel imposé par les institutions de Bretton Woods avec leur lot de décapitation des sociétés à capitaux publics à laquelle se sont ajoutées la dévaluation du francs CFA, la double baisses des salaires des agents de l’Etat sans oublier les licenciements massifs de ceux-ci dans le cadre de la réduction du train de vie de l’Etat, les pays africains dont le Cameroun fait partie, ont connu un boom de l’émigration clandestine qui a vu déferler en Occident et ailleurs dans le monde des millions de chômeurs très souvent sans la moindre qualification en quête des papiers une fois sur place dans leurs différents pays d’accueil.

Pour avoir accès au séjour dans ces pays, il fallait par conséquent justifier les raisons vous ayant obligé à quitter le vôtre et c’est à ce niveau que le mensonge et l’imposture s’invitaient à la danse en présentant les régimes aux affaires dans leurs pays d’origine comme étant des dictatures ne respectant pas les droits de l’homme.

Dans leur élan absolu de se faire une place sous le soleil au pays des blancs, dans la plus part des cas, les candidats ignoraient qu’il leur sera strictement interdit sauf changement de régime de retourner dans leurs pays respectifs or, le président Paul Biya fait preuve d’une longévité exceptionnelle aux affaires et du coup voilà certains compatriotes en train de payer le prix de leurs mensonges avec à la clé, la privation d’honorer à leur guise et à volonté comme l’exige leur tradition, les ancêtres à travers le culte des crânes afin de bénéficier au quotidien des bénédictions de ceux-ci. Les portent du désespoir depuis lors, se sont ainsi largement ouvertes devant ceux-ci vers un avenir incertain d’où l’hystérie collective qui s’est désormais emparée d’eux. La barbarie dont font désormais preuve ces compatriotes est à ne point douter, la manifestation d’un choc des cultures vis à vis duquel personne ne peut faire grand-chose dans un pays qui compte un peu plus de 250 ethnies aux us et coutumes très souvent antagonistes pour les fils d’une même nation dont le découpage est un héritage colonial fatalement.

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