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Actualités Régionales of Tuesday, 15 December 2020

Source: ecomatin.net

Sécurisation portuaire : le Canton Bell et le Port de Douala à couteaux tirés

Les deux parties se disputent le contrôle de l’emprise foncière d’un village, celui de Essengue, situé sur les berges du Wouri, dans une zone très poissonneuse. Le Port Autonome de Douala soutient que ce bout de terre fait partie de son domaine dont il a engagé, depuis 2013, et avec le concours du ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, le processus de consolidation et de sécurisation. Le Chef du Canton Bell, Sa Majesté Jean Yves Eboumbou Douala Manga Bell, met en garde contre ce qu’il qualifie de «tentative de déguerpissement injuste» de ses populations. Il vient d’installer provisoirement un chef de village à Essengue avec pour mission de défendre farouchement ses terres. Enjeux et ressorts d’un conflit particulièrement explosif dans lequel Camerounais, Nigérians, Soudanais et Centrafricains sont impliqués.

Le bras de fer entre le Canton Bell (Bonanjo, Bonapriso, Bonadumbe, Bonaduma, Bojongo) et le Port autonome de Douala (PAD) ne faiblit pas. Cette chefferie supérieure du Wouri persiste et signe dans sa décision de conserver une autorité sur les espaces du Canton situés sur les berges du Wouri: son autorité s’étend jusqu’à Essengue, un quartier de l’arrondissement de Douala 1er, situé sur les berges du Wouri. Sa Majesté Jean Yves Eboumbou Douala Manga Bell l’a réitéré ce 29 novembre 2020, alors qu’il installait provisoirement le chef de ce village. En martelant par ailleurs, sa farouche opposition contre le Port autonome de Douala, qui d’après lui, «veut déguerpir injustement de nombreuses familles des terres mises en valeur par la famille régnante Njo Njo de génération en génération». Le Port de Douala a en effet engagé depuis 2013, une vaste opération d’identification, de consolidation et de sécurisation de son domaine, avec le concours du ministère des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières. Étendu sur 600 hectares en exploitation, 1000 hectares de réserve foncière, 80.000 m2 de surface de trafic conventionnel, 20 km de routes bitumées et voie ferrée, l’aire portuaire est régulièrement attentée par des constructions immobilières diverses (industries, maison d’habitation, commerces etc…).

La zone d’Essengue reçoit quotidiennement un important flux de populations venues des régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest, de l’Extrême-Nord, de la Centrafrique, du Nigéria, et même du Soudan, qui vivent aux côtés des autochtones (Duala et Bassa). Sa Majesté Rollin René Paul Nguih estime à plus de 15.000 âmes, les personnes vivantes au quartier Essengue, considéré par le Port autonome de Douala comme sa réserve foncière. Le 16 janvier 2018, sur réclamation de l’autorité portuaire, 51 ménages avaient été déguerpies d’une partie d’Essengue par Jean Marie Tchakui, encore sous-Préfet de Douala 1er. Une opération qui avait provoqué le courroux du Canton Bell malgré l’accompagnement financier du PAD au profit des déguerpis.

Malgré tout, le Canton Njo Njo poursuit sa résistance sur cette zone poissonneuse où prolifère également du petit commerce, des échanges clandestins, et l’insécurité. «Nous devons défendre nos terres. La situation précaire de l’ensemble de ces populations a trouvé une réponse sociale et d’hospitalité sur ces terres ancestrales, mise en valeur par des courageuses populations y installées depuis plusieurs décennies. Nous sommes d’ailleurs en procès contre le Port autonome de Douala», renseigne Sa Majesté Jean Yves Eboumbou Douala Manga Bell. Au Port autonome de Douala, les travaux de modernisation et d’extension se poursuivent. Travaux qui prévoient une sécurisation physique constituée d’une clôture périmétrique de plus de 20 kilomètres, éclairée et protégée par vidéosurveillance, des accès, avec guérites, seront surveillés par des équipements ultra modernes, des ponts bascules statiques et dynamiques en ligne pour la pesée systématique des véhicules lourds et conteneurisés, des portes avec tourniquets pour accès des piétons après reconnaissance biométrique ou par un badge. Coût de l’investissement, environ 25 milliards de Fcfa.

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