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General News of Monday, 19 April 2021

Source: www.camerounweb.com

Richard Makon lance un appel aux intellectuels Camerounais au moment où la société meurt

Sauvons la société Sauvons la société

L’expert consultant en droit international pense que nous vivons dans une société politisée mais égarée. Par conséquent c’est une période qui devrait être propice et faste pour la pensée critique et l'action savante. Voici sa chronique


Nous vivons une époque politisée, dans une société politisée. Tout homme, nous enseignait Protagoras, à deux (02) métiers au moins, le sien propre et celui de citoyen. Il estimait alors que "citoyen" est un métier à part entière, un métier à plein temps !

Citoyen n'est donc pas seulement une condition, mais un statut auquel on accède, par l'acceptation des conventions communes certes, mais surtout par l'implication quotidienne dans les activités de la société et les projets qui animent le champ social...

Citoyen est par-delà tout, un métier à plein temps qui n'admet ni dilettantisme ni infidélité, ni repos ni congés.
Le citoyen, sujet et acteur politique de premier plan fait de la politique même lorsqu'il la subit, s'enfonçant avec "bonheur" dans la terre molle de la "servitude volontaire"...

Et le citoyen - "intellectuel" dans tout ça, celui qui s'est consacré à la recherche inlassable de la vérité des choses, dans le dessein avoué et le rêve optimiste de chasser la pénombre qui envahit le monde des vivants, celui-là même qui s'est engagé volontairement à porter la lumière dans les fosses de l'ignorance et du mal où gît notre humanité, et qui ne peut se perdre dans l'univers des idées en oubliant la société faite de chair, de sang et d'esprit dans laquelle il vit et pour laquelle il pense, où est-il donc en ces heures sombres?
Que fait-il donc dans ses rêveries enfantines???

Nous vivons dans une société politisée mais égarée. C'est par conséquent une période qui devrait être propice et faste pour la pensée critique et l'action savante.

La question, objet du devoir donné aux "intellectuels" par la Société camerounaise, est donc fort simple: comment mieux vivre ensemble en dépit de nos différences ?

Où sont alors "nos" intellectuels ? Libres penseurs, hommes de culture, artistes, philosophes des cités et des campagnes, politiques, stratèges et stratégistes, universitaires enseignants et/ou chercheurs, etc.

Que font-ils face aux conflits (identitaires, politiques, civiques, économiques, sociaux, religieux, etc.) entre les citoyens qui fracturent l'écorce de notre solidarité, déchirent la toile de notre unité, décousent constamment notre tissu social, et remettent en cause notre vivre-ensemble différents ?

Où sont-ils donc tous "nos intellectuels " ? Ils ont déserté le champ de le pensée et du débat d'idées, où se construit la vérité et se déconstruit les dogmes, les stéréotypes et les clichés, le terreau où s'élèvent les murailles pour la paix et les défenses de la démocratie !

Ils sont plutôt dans les rings pour attiser les tensions, nourrir les conflits et organiser les bagarres entre citoyens, lorsqu'ils ne se transforment pas eux-mêmes en guerriers barbares et en lutteurs sauvages !

Mon ami Jocelyn Maclure, esthète canadien de la philosophie publique, a dit: "lorsque les interprétations communes et les consensus d'arrière-plan se délitent, le travail de la pensée et de l'abstraction s'impose afin de retourner aux racines des désaccords entre les citoyens", nommer le mal qui gangrène la société, et proposer le remède qui la traite, la formule qui l'exorcise..."

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