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General News of Monday, 7 December 2020

Source: Cameroon Info

Retropédalage: Me Pensy déclare n'avoir jamais voulu s'opposer à la grève des avocats

L’avocat émérite explique que la lettre adressée au bâtonnier par intérim le 26 novembre 2020 visait uniquement à solliciter une limitation de la durée du débrayage afin de permettre à ceux de leurs confrères engagés par le RDPC, dans le contentieux électoral en rapport avec les élections régionales, d’honorer leur contrat.

La lettre de 11 avocats au bâtonnier de l’Ordre des avocats du Cameroun était en bonne place dans l’entretien que Me Emmanuel Pensy a accordée à Radio Equinoxe le matin du 4 décembre 2020. L’avocat qui fait partie du groupe des 11 signataires de la correspondance qui aurait fuité sur la toile, dit qu’il n’était pas entièrement d’accord avec son contenu. «La lettre n’est pas contre la grève mais c’est le titre. Le titre est mauvais. Je le réprouve. Je ne suis pas d’accord. Je n’ai pas paraphé la première page comme beaucoup d’avocats. Il fallait mettre «observations» ou bien «remarques», a-t-il précisé ? réitérant son soutien à l’action entreprise par le Conseil de l’Ordre.

«J’avais préconisé, en tant qu’ancien, sur ma page Facebook qu’on doit prendre une action forte et faire cesser le fait qu’on puisse pourchasser les avocats comme on a fait avec les gaz lacrymogènes à l’intérieur du palais de justice. Je trouve ça inacceptable», déclare l’avocat vétéran. Il dit être pour une grève «limitée dans le temps», une grève où les avocats font des démarches, ne s’arrêtent pas totalement de travailler. «Je n’ai pas eu du mal à respecter le mot d’ordre que moi-même j’avais préconisé», assure-t-il.

Voici comment il explique la requête contenue dans la correspondance adressée au bâtonnier par intérim le 26 novembre 2020: «Ce qui motive la lettre dans son fond c’était de dire: «faites attention, il y a des gens qui sont en matière criminelle, qui sont en prison; des justiciables qui ont des problèmes, qui n’ont rien demandé, pour que cette grève d’ailleurs ne prenne pas une ampleur. Parce que quand vous êtes en prison, qu’on renvoie votre affaire ça pose un problème. Il y a des gens qui attendent depuis des années devant les juridictions. Et puis il y a des avocats qui ne vivent que de ça. Donc la grève oui pour marquer le coup, mais limitée dans le temps. Et puis l’article 3 concernait les élections régionales dans lesquelles vous avez les plaintes et les procédures contre le RDPC. Et ces dix avocats qui ont signé ce sont des avocats qui étaient désignés par le secrétaire général Jean Nkuété pour défendre le RDPC dans le cadre du contentieux électoral des élections régionales. Donc on attirait l’attention en disant que les élections régionales n’ont rien à avoir avec. Parce que les dates qui sont contenues, avec les procédures et les délits en matière d’élections régionales sont des dates fixes qui ne peuvent pas faire l’objet d’un renvoi. Nous vous demandons de tenir compte que votre grève ne puisse pas aller au-delà parce que vous allez priver l’une des parties de pouvoir défendre son client».

Me Pensy déclare que ladite lettre, comme toutes les correspondances entre avocats, était confidentielle mais que «quelqu’un du Conseil de l’Ordre» l’a envoyée sur les réseaux sociaux. «Cette affaire c’était rien du tout. Les avocats n’ont pas dit qu’il ne faut pas faire grève. Ils n’ont pas fait la publicité pour qu’il n’y ait pas grève puisqu’eux-mêmes ont respecté le mot d’ordre», défend-il son groupe en ajoutant: «Je ne suis ni frondeur ni dissident».

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