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General News of Saturday, 1 May 2021

Source: www.camerounweb.com

[Retro] Calixthe Beyala, « Grand Prix » du plagiat (Le Monde 1997)

Calixthe Beyala, « Grand Prix » du plagiat Calixthe Beyala, « Grand Prix » du plagiat

Déjà en 1997, les journaux français traitaient avec une légèreté déconcertante l'écrivaine Calixthe Beyala. Dans un article du journal le Monde, Beyala est décrite comme la championne du plagiat dans l'univers littéraire français. Le journal dresse une litanie de preuves accablantes qui fragilisent toute la carrière de la romancière. Lecture.

Calixthe Beyala, « Grand Prix » du plagiat

CONDAMNÉE en mai 1996 pour contrefaçon, puis à nouveau suspectée à l'automne (Le Monde des 26 et 28 novembre 1996), l'écrivain Calixthe Beyala, qui était lundi soir 20 janvier l'invitée d'Alain Juppé à Matignon avec les lauréats des prix littéraires de 1996 (elle a reçu le Grand Prix de l'Académie française), est de nouveau l'héroïne du feuilleton le plus comico-tragique de l'année.
La contrefaçon partielle de Quand j'avais cinq ans, je m'ai tué, d'Howard Buten, dans Le Petit Prince de Belleville, lui avait valu sa condamnation par le tribunal de grande instance de Paris. On avait alors noté que ce roman présentait aussi des similitudes troublantes avec Fantasia chez les ploucs, de Charles Williams.
Après avoir été couronnée par l'Académie pour Les Honneurs perdus, Calixthe Beyala avait été accusée par Pierre Assouline d'avoir plagié La Route de la faim, de Ben Okri. Elle avait riposté en dénonçant un complot raciste et misogyne ourdi par « les journalistes de gauche ».


Dans le prochain numéro de Lire, à paraître vendredi 24 janvier, Pierre Assouline consacre à la romancière un accablant dossier. Preuves à l'appui, il s'y fait jour que Le Petit Prince de Belleville doit aussi beaucoup à La Vie devant soi, d'Emile Ajar (Mercure de France), et à La Couleur pourpre, d'Alice Walker (J'ai Lu). Et qu'Asseze l'Africaine a été écrit en lorgnant vers White Spirit, de Paule Constant (Gallimard). Les exemples fournis par Pierre Assouline sont convaincants.


Désignée aujourd'hui publiquement comme une récidiviste, Calixthe Beyala était depuis quelque temps au centre des conversations du monde littéraire. Ses emprunts étaient connus. On peut s'étonner que son éditeur, Albin Michel, sans nul doute alerté, soit resté aussi peu vigilant que les jurés de l'Académie française, qui ont pris le risque de dévaloriser leur prix en cautionnant un auteur dont l'oeuvre, écrit Pierre Assouline, « est truffée de plagiats ».


Cette affaire créerait un climat burlesque, s'il n'était également sinistre. Le prochain livre de Calixthe Beyala donnera-t-il lieu à un inattendu jeu de pistes ? Paule Constant, l'un des écrivains plagiés, déclare : « Il m'a d'abord semblé surréaliste qu'une Africaine pille une Française pour parler ou évoquer l'Afrique natale. (...) Maintenant que j'ai exprimé mon étonnement amusé (...), je reste sur ma curiosité technique : comment a t-elle procédé ? J'espère que l'on entend tous les points d'ironie qui ponctuent mon discours. » Elle ajoute : « Je m'insurge avec force contre l'idée complaisamment exploitée que "tout le monde" plagierait "tout le monde". »

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