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Politique of Thursday, 3 December 2020

Source: 24cameroun.com

Représailles : la mésaventure ambiguë des activistes du MRC

Plusieurs militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun recherchés par les autorités judiciaires suite aux manifestations organisées pour contester les résultats de la présidentielle 2018 ont pris le chemin de l’exil. Dans l’espoir d’y trouver de meilleures conditions de vie. Espoirs déçus.

Plusieurs sujets socio-politiques captivent l’intérêt de l’actualité sociopolitique au Cameroun: les attentats aux engins explosifs improvisés dans les villes de Douala et Yaoundé, l’opération d’ordre public multi-corps en cours depuis le 22 septembre 2020, devant la résidence du président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), la condamnation des avocats inscrits au barreau du Cameroun suite à un mouvement d’humeur survenu le 10 novembre 2020 au tribunal de première instance de Douala Bonanjo, les sorties successives de 7 chefs traditionnels de l’Ouest Cameroun et celle du président de la conférence épiscopale nationale du Cameroun. Quatre faits caractéristiques de la tension autour de la crise dans les deux régions anglophones, mais surtout de la crise post-électorale de 2018.

Le Cameroun est à la croisée des chemins de son histoire politique. Les lendemains de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 ont en effet été émaillés de vives querelles initiées par le MRC dont le président, national Maurice Kamto contestait l’issue en faveur de Paul Biya, le candidat du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc. Lendemains marqués par des marches de protestation, sit-in, boycott des élections législatives et municipales.

Le MRC exigeait notamment la révision du code électorale et la résolution de la crise anglophone qui sévit depuis 4 ans dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Des personnes qui, quelques mois plus tard, ont été remises en liberté, à la faveur d’un décret présidentiel. La magnanimité du chef Etat Paul Biya ayant permis à l’opposant Maurice Kamto de recouvrer la liberté. 102 autres personnes, arrêtées pour avoir contesté les résultats de la présidentielle de 2018 avaient été également la libérées.

C’est dans ce climat de tension que plusieurs compatriotes (artistes, opérateurs économiques, hommes politiques, acteurs de la société civile, journalistes) ont dû répondre de leurs actes et faits devant les juridictions , compétentes de la République. Provoquant leur fuite, cache ou départ du territoire national. Donkou Judicaël Romeo, jeune opérateur économique camerounais habitant avec sa famille au quartier Awae Nkoulou, une banlieue de Yaoundé, la capitale camerounaise, figure ainsi parmi les militants et sympathisants du MRC activement recherchés pour des actes qu’il aurait commis durant la crise poste postélectorale de 2018.

Prestataire de services et fournisseur de l’Etat dans divers contrats, Donkou Judicaël Romeo a payé cash les conséquences de son rapprochement avec le MRC. Marié et père de 4 enfants, ses affaires ont pris un sérieux coup suite à son engagement politique: perte de contrats en cours d’exécution, annulation des contrats en cours de négociation, multiples menaces verbales que physiques: «Ma famille et moi nous sentions menacés du fait de nombreuses représailles du système en place. Le déclic fût après élection présidentielle de 2018 avec des arrestations arbitraires et à tête chercheuse, sans aucun fondement juridique avec pour corollaire la région d’appartenance l’Ouest Cameroun », explique l’opérateur économique.

Qui soutient mordicus la chasse, pendant la période de crise post-électorale, des personnes impliquées dans les manifestations de 2018. Face aux menaces, filatures, privation de liberté d’expression et quasi-banqueroute suivis de troubles psychologiques, Donkou Judicaël Romeo a décidé de quitter le Cameroun pour la France. Un ‘voyage périlleux dans l’inconnu du sympathisant du MRC dont l’objectif principal était de solliciter une protection internationale. Il obtiendra heureusement son visa conforme et authentique pour son déplacement vers l’hexagone. Où il débarque en novembre 2019.

Toutefois, explique-t-il, « suite à une incompréhension entre les services des relations extérieures et ceux du ministère de l’intérieur, mon visa fût contesté à mon arrivée en France à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle en novembre 2019. Ainsi je me retrouvais à la zone d’attente en vue d’un examen judicieux de ma situation. Après mon passage devant le juge, je reçus l’autorisation de séjour sur le sol français ».

Ce que le migrant camerounais considérait comme « un harcèlement de trop remettant ainsi en cause la conception de la société française que j’admirais avec beaucoup d’estime ». Pis, deux semaines après son départ, sa compagne, Kamgue Djuissi Claudelle Josiane recevra une convocation de la gendarmerie nationale, groupement de gendarmerie territoriale du Mfoundi, pour comparution le 6 décembre 2019. Cette dernière subira un interrogatoire pendant une journée, enfant de 10 mois en main. « J’avais fait intervenir un avocat pour gérer cette situation », explique l’opérateur économique en débandade.

Après plusieurs péripéties familiales et administratives, et compte tenu de la situation politique peu rassurante pour les militants et sympathisants du MRC, Donkou Judicaël Romeo s’est résolu à solliciter vivement une protection des autorités administratives et diplomatiques françaises, d’après les termes pertinents de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961.

« Ma famille est en danger. Je souhaite ardemment la sécurisation de toute ma famille restée au Cameroun dans l’angoisse et la crainte d’une éventuelle arrestation ou séquestration de toute nature », ajoute Donkou Judicaël Romeo. Les vœux de ce dernier interviennent au moment où le ministre des Relations extérieures Lejeune Mbella Mbella, appelle les pays amis du Cameroun à livrer à la justice camerounaise les militants et sympathisants du MRC séjournant sur leur territoire.

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