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Actualités of Friday, 6 August 2021

Source: www.camerounweb.com

Reporters sans frontières s'insurge contre le harcèlement judiciaire d’un journaliste au Cameroun

Nestor Nga Etoga visiblement épuisé . Nestor Nga Etoga visiblement épuisé .

Nestor Nga Etoga doit comparaitre pour la 95e fois ce vendredi.

Le reporter fait l’objet de multiples poursuites initiées contre lui par une société forestière .

L’audience de ce vendredi est prévue au Tribunal de Première Instance de Mfou.

C’est un Nestor Nga Etoga visiblement épuisé qui doit se rendre à l’audience ce matin au Tribunal de Mfou. Le rédacteur en chef de l’hebdomadaire Le Renard, directeur des rédactions du site Lescoopsdafrique.com et reporter pour plusieurs sites d’information, comparait pour la 95e fois devant le tribunal. Depuis plus de cinq ans, le reporter fait l’objet de multiples poursuites initiées contre lui par la société d’exploitation forestière FIPCAM.

Depuis le 24 novembre 2016, date de la première procédure entamée à son encontre, le journaliste n’a cessé de faire des allers-retours entre les villes de Douala et Mfou, à 270 km l’une de l’autre, pour assister aux audiences des trois procès lancés contre lui. Il dit avoir déjà parcouru plus de plus de 10 000 km et dépensé environ 18 millions de FCFA en frais de défense et de déplacement pour comparaître devant les différentes juridictions camerounaises.

L’affaire.

C’est en 2015 que les démêlés du journaliste débutent. Au cours d’une enquête qu’il a mené, Nestor Nga Etoga publie plusieurs articles dénonçant les pratiques de la FIPCAM. Celles-ci sont entre autres, des faits d’infractions forestières, de corruption et de violations des droits des employés de la société. Pendant qu’il menait son enquête, un cadre de l’entreprise a tenté, en vain, de le dissuader d’enquêter, notamment en lui proposant de l’argent et la réalisation d’un plan de communication pour valoriser l’image de la société. L’enquête publiée, la société décide alors de porter plainte à plusieurs reprises contre lui, l’accusant d’avoir lancé “une campagne de dénigrement” contre la société et son dirigeant.

Le journaliste est arrêté en octobre 2016 sur la base de ces accusations, avant d’être relâché quelques heures plus tard. Il sera déclaré non coupable le 3 février 2017 dans le cadre d’une première plainte en diffamation. Cette première procédure se poursuit devant la Cour d’appel du littoral de Douala et deux autres procès sont lancés contre lui en parallèle, l’un pour des faits de diffamation, l’autre pour “chantage et complicité de chantage”.

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