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Actualités of Thursday, 2 September 2021

Source: L'essentiel N°359

Rentrée scolaire: Nalova Lyonga introduit une nouvelle taxe obligatoire dans les écoles

Nalova Lyonga, linistres des Enseignements secondaires Nalova Lyonga, linistres des Enseignements secondaires

Elle est sensée être consacrée à la salubrité des établissements scolaires : la taxe de 2000 FCFA pour l'opération « School clean » ne passe pas auprès de l'opinion publique. Bien sûr, l'intention est bonne; il s'agit de responsabiliser la communauté éducative surtout les jeunes dans la conservation
des bâtiments et de sensibiliser les élèves sur les vertus de l'hygiène et de la salubrité.

Bien sûr, la pratique est courante dans certains pays et dans les établissements privés confessionnels, mais dans l'enseignement public, c'est l'incompréhension. Il y a déjà les frais de scolarité qui sont exigibles dès la rentrée scolaire, il y a les frais de l'Association des Parents d'Élèves qui sont supposés être facultatifs mais qui constituent une condition obligatoire pour l'admission des enfants dans les établissements publics. Il y a d'autres charges comme les frais d'informatique; les frais d'assurance sportive, l'achat du livret scolaire. Ajouter encore la taxe de 2000 FCFA pour l'opération « School clean »,c'est pour l'opinion publique, alourdir la charge des parents. À la vérité, l'opération« School clean » est présente dans les pays au système scolaire anglophone. Elle est intégrée dans les frais exigibles au moment de l'inscription de l'élève. Son bienfondé est louable. Dans certains pays, cette taxe est utilisée pour le reboisement et la sensibilisation des élèves sur la protection de la nature. Au Cameroun son institution fait problème parce qu'elle n'a pas été précédée d'une campagne d'explication. Elle est tombée comme un cheveu dans la soupe.

L'incompréhension est venue du fait que le ministre des Enseignements secondaires a rendu pour l'année scolaire 2021-2022 la taxe obligatoire. L'éducation est une mission de service public. Le rôle régalien de l'État est de
fournir à ses enfants une scolarité adéquate. Le contribuable camerounais paye des impôts qui sont utilisés dans la construction et l'équipement des établissements scolaires. À chaque rentrée scolaire, un budget est dégagé pour le fonctionnement des établissements scolaires. Dès lors comment peut-on instituer une taxe supplémentaire dans les établissements scolaires publics? Bien plus, cette taxe tient-elle compte des revenus des parents, surtout en
zone rurale? Ces questions semblent n'avoir pas été prises en considération dans la réflexion pour l'opération « School clean ».

Au moment où les voix s'élèvent contre les frais exigés pour l'Association des Parents d'Élèves dont l'existence et le fonctionnement sont décriés depuis des années, au moment où l'opinion publique trouve le coût de l'éducation scolaire au Cameroun très élevé, instaurer une taxe même si elle est justifiée et appliquée dans d'autres pays équivaut à asphyxier les parents d'élèves.
L'opération « School clean » gagnerait à être plus mûrie et mieux expliquée. Il n'y a pas de honte à faire marche arrière lorsqu'une décision ne passe pas. Il n'y a pas de honte à suivre et à comprendre les préoccupations des parents d'élèves qui ont déjà beaucoup de charges dans la scolarité de leurs enfants.

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